jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2400618 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHICHET-HENRY-PAILLES- GARIDOU-RENAUDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 mai, 12 et 13 novembre 2024, la SARL KARUKERA INNOV TP, représentée par Me Louis-Raphaël Morton, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Basse-Terre à lui verser une somme provisionnelle de 51 346,92 euros, au titre de la facture n° 20231409 du 4 octobre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Basse-Terre une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
La société requérante soutient que :
- elle a exécuté les prestations du lot n°3 portant sur le revêtement des murs et des sols du marché du 5 janvier 2023 de travaux de rénovation de la crèche de Rivières des Pères, qui lui a été confié en qualité de sous-traitant ;
- elle a droit au paiement direct de sa facture du 4 octobre 2024 en sa qualité de sous-traitant agréé ;
- c'est à tort que la commune de Basse-Terre a versé la somme de 62 284,52 euros à la seule SAS BASO CARAIBES, au titre du décompte final du 23 février 2024 et la renvoie à son cocontractant pour obtenir le paiement de cette facture ;
- le paiement intervenu exclusivement en faveur de la seule SAS BASO ne lui est pas opposable ;
- la créance est certaine et n'est pas sérieusement contestable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, la commune de Basse-Terre, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Pailles, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que la créance de la commune soit limitée à la somme de 48 324,97 euros ;
Elle fait valoir que :
- le certificat de dépôt du 23 octobre 2023 ne concerne pas la facture 20231409, mais un état d'acompte par la société BASO d'un montant différent (55 317,56 euros) ;
- la société requérante n'apporte donc aucune preuve du dépôt de sa demande de paiement sur la plateforme Chorus Pro ;
- l'obligation de la commune est donc sérieusement contestable ;
- l'absence d'opposition au paiement du sous-traitant par le titulaire du marché est étonnante au regard des difficultés rencontrées dans l'exécution des travaux ;
- à titre subsidiaire, il conviendrait d'opérer une déduction au titre des dépenses de nettoyage du chantier, soit une somme de 3 021,95 euros pour chacune des deux entreprises.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Descours-Gatin, magistrat honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
2. Aux termes de l'article L. 2193-11 du code de la commande publique : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par l'acheteur est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution. " Selon l'article L. 2193-13 du même code : " Les modalités de paiement du sous-traitant bénéficiant du paiement direct, notamment les pièces justificatives à transmettre au titulaire du marché, les délais et conditions d'acceptation de ce paiement sont définis par voie réglementaire. " Aux termes de l'article L. 2192-5 du même code : " Une solution mutualisée, mise à disposition par l'Etat et dénommée " portail public de facturation ", permet le dépôt, la réception et la transmission des factures sous forme électronique ainsi que des données relatives aux mentions figurant sur les factures électroniques conformément au deuxième alinéa du II de l'article 289 bis du code général des impôts./Pour la mise en œuvre des obligations fixées à la sous-section 1 de la présente section, utilisent le portail public de facturation :/1° L'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics ;/2° Les titulaires de marchés conclus avec un acheteur mentionné au 1° ainsi que leurs sous-traitants admis au paiement direct. " Selon l'article R.2193-16 du même code : " Lorsque le sous-traitant utilise le portail public de facturation mentionné à l'article L. 2192-5, il y dépose sa demande de paiement sans autre formalité. Le titulaire dispose de quinze jours à compter de ce dépôt pour accepter ou refuser la demande de paiement sur ce portail. ".
3. En l'espèce, la commune de Basse-Terre a attribué, le 5 janvier 2023, le marché public de travaux de rénovation de la crèche de Rivières des Pères à la SAS BASO CARAIBES. Par déclaration de sous-traitance du 6 avril 2023, la commune de Basse-Terre a agréé la SARL KARUKERA INNOV TP comme sous-traitant pour la réalisation des travaux du lot n°3 du marché portant sur le revêtement des murs et des sols pour un montant de 85 973,73 euros TTC, le titulaire déclarant que son sous-traitant remplit les conditions pour avoir droit au paiement direct.
4. Le 15 juillet 2023, une première facture, d'un montant de 17 675,69 euros, a été adressée par la SARL KARUKERA INNOV TP à la SAS BASO CARAIBES, laquelle a déposé le 18 juillet 2023 sur la plate-forme Chorus Pro, portail public de facturation mentionné à l'article L. 2192-5 du code de la commande publique, une facture pour un montant total de 65 713,19 euros, comprenant nécessairement une somme de 17 675,69 euros revenant à la SARL KARUKERA INNOV TP, somme qui a été réglée directement à la société par la commune de Basse-Terre par virement du 28 juillet 2023.
5. Le 4 octobre 2023, la SARL KARUKERA INNOV TP a adressé à la SAS BASO CARAIBES une nouvelle facture, d'un montant de 51 346,92 euros TTC, au titre du solde des prestations réalisées pour le lot n°3, sur laquelle la SAS BASO CARAIBES a apposé la mention " accepté sans réserve ". La SAS BASO CARAIBES a ensuite déposé, le 23 octobre 2023, sur la plate-forme Chorus Pro, ainsi qu'il résulte du certificat de dépôt, une facture d'un montant total de 55 317,56 euros, comprenant nécessairement une somme de 51 346,92 euros revenant à la SARL KARUKERA INNOV TP. La commune de Basse-Terre n'ayant pas payé cette somme, la société requérante en a sollicité le paiement par courrier en date du 18 mars 2024. Par courrier en date du 18 avril 2024, la commune de Basse-Terre a rejeté la demande de la SARL KARUKERA INNOV TP, précisant que cette somme devait être payée par la SAS BASO CARAIBES en vertu du contrat de sous-traitance. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3, la SARL KARUKERA INNOV TP bénéficie du paiement direct pour la part du marché dont elle assure l'exécution. Par conséquent, la réalité de la dette de la commune de Basse-Terre, qui n'allègue pas avoir payé le solde du marché à la seule SAS BASO CARAIBES, et qui ne peut utilement déduire des frais de nettoyage du chantier à hauteur de 3 021,95 euros, est par ailleurs justifiée par les pièces produites au dossier, et n'est pas sérieusement contestable. Il y a donc lieu de condamner la commune de Basse-Terre à verser à la SARL KARUKERA INNOV TP une somme de 51 346,92 euros.
Sur les frais de l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Basse-Terre la somme de 2 000 euros à payer à la SARL KARUKERA INNOV TP, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Basse-Terre est condamnée à payer à la SARL KARUKERA INNOV TP, à titre de provision une somme de 51 346,92 euros (cinquante et un mille trois cent quarante-six euros et 92 centimes).
Article 2 : La commune de Basse-Terre versera à la SARL KARUKERA INNOV TP une somme de 2 000 euros (deux mille), au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL KARUKERA INNOV TP et à la commune de Basse-Terre.
Copie en sera adressée au préfet de Guadeloupe et à la Chambre Régionale des comptes de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre le 5 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé :
Ch. DESCOURS-GATIN
La République mande et ordonne au préfet de Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026