jeudi 3 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2400946 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Racon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande tendant à l'indemnisation des préjudices causés par la décision administrative en date du 17 juillet 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation de son préjudice moral, à lui verser la somme de 8 055 en réparation de son préjudice matériel, à lui verser les intérêts au taux légal sur la somme de 68 055 euros à compter du 14 mars 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commission des infractions par sa personne n'est pas démontrée et est, depuis toujours contestée ;
- elle a été injustement privée de dix points et sanctionnée de la perte de validité de son permis de conduire, elle est dès lors fondée à solliciter réparation de ses détriments moral et matériel ;
- les décisions du 21 novembre 2019, du 13 mai 2020, du 30 septembre 2020 et du 17 juillet 2021 ont été génératrices de troubles dans ses conditions d'existence, troubles pouvant s'analyser en un préjudice moral ;
- le préjudice matériel concernant sa situation a plusieurs sources puisqu'elle a dû débourser des frais d'enseignement à la conduite et de sécurité routière, son compte bancaire a fait l'objet de recouvrement forcé suite aux amendes infligées en novembre 2019, mai 2020 et septembre 2020, et, elle a été contrainte de louer une voiturette de septembre 2021 à mars 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et à ce que la requérante soit invitée à opter dans un délai d'un mois, soit pour son ancien permis de conduire, soit pour son nouveau permis de conduire.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- seule l'autorité judiciaire est compétente pour apprécier la réalité et l'imputabilité d'une infraction ;
- le titre de conduite de Mme B est actuellement sous le régime du permis probatoire, qui est à ce jour doté de six points, compte tenu du fait qu'elle a repassé les épreuves du permis de conduire le 3 février 2022, toutefois l'ancien titre de conduite de la requérante est également valide ; or, une seule et même personne ne peut disposer de plus d'un permis de conduire.
Par une ordonnance du 6 juin 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juin 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision " 48 SI " du 17 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a notifié à Mme A B un retrait de trois points sur son permis de conduire suite à une infraction commise le 30 septembre 2020, et, a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul. Par un jugement n°2101043 en date du 6 avril 2023, le tribunal de céans a annulé cette décision. Par la suite, Mme B, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception en date du 11 mars 2024, a sollicité de la part du ministère de l'intérieur, l'indemnisation des préjudices résultant de cette décision. En l'absence de réponse de l'administration, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet en date du 15 mai 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il n'appartient pas au juge administratif de connaître de la contestation de l'imputabilité d'une infraction, laquelle relève exclusivement du juge pénal, mais d'apprécier si la réalité de l'infraction était établie à la date à laquelle l'autorité administrative a procédé au retrait de points. Il suit de là que Mme B ne peut utilement soutenir devant le juge administratif qu'elle n'aurait pas personnellement commise les infractions et qu'elle les a depuis toujours contestées.
Sur les conclusions aux fins d'indemnité :
3. Si toute illégalité commise par l'administration constitue en principe une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain ; que si le ministre de l'intérieur a commis une faute en n'observant pas la délivrance de l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, la décision annulée par le tribunal de céans était en revanche fondée sur des motifs de fait exacts et aurait pu être légalement prise si la procédure avait été respectée. Il s'ensuit que les préjudices invoqués par Mme B, sont sans lien de causalité avec la faute susrappelée de l'administration.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 68 055 euros à raison des préjudices matériels et moraux qu'elle fait valoir.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite du 15 mai 2024 de rejet de sa demande tendant à l'indemnisation des préjudices causés par la décision administrative en date du 17 juillet 2021 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'indemnisation ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions reconventionnelles :
6. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de prononcer une invitation à opter pour un ancien ou un nouveau permis de conduire. Par suite, les conclusions reconventionnelles formulées par la défense, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2025.
Le président,
Signé
F. HO SI FATLa greffière,
Signé
N. ISMAËL
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière
Signé
N. ISMAËL
N°2400946
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026