jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2001322 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2020, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 octobre 2020 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Guyane l'a informé de la suppression du paiement de l'indemnité de vie chère de 40% pour la période du 9 au 22 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Guyane de lui verser le montant de l'indemnité de vie chère pour la période du 9 au 22 octobre 2020.
Il doit être regardé comme soutenant qu'il avait droit au maintien de l'indemnité de vie chère de 40% durant son congé maladie passé hors de Guyane en raison de sa contamination à la Covid-19.
Des mises en demeure de produire ont été adressées le 13 décembre 2021 et le 24 juin 2022 au directeur régional des finances publiques de la Guyane qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 24 juin 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 1er août 2022 à 12 heures 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 50-407 du 3 avril 1950 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 53-1266 du 22 décembre 1953 ;
- le décret n° 57-87 du 28 janvier 1957 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deleplancque ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, fonctionnaire affecté à la direction régionale des finances publiques de la Guyane depuis le 1er septembre 2017, a été placé en congé maladie entre le 9 et le 22 octobre 2020. Par une décision du 30 octobre 2020, reçue par courriel le 2 novembre 2020, et par voie postale le 9 novembre 2020, le directeur régional des finances publiques de la Guyane l'a informé de la suppression du paiement de la majoration de vie chère en raison d'un séjour en dehors du territoire guyanais du 9 au 22 octobre 2020. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 30 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ". Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2º À des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs (.) Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () ". Aux termes de l'article 37 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation de médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " [] Au traitement ou au demi-traitement s'ajoutent les avantages familiaux et la totalité ou la moitié des indemnités accessoires, à l'exclusion de celles qui sont attachées à l'exercice des fonctions ou qui ont le caractère de remboursement de frais ". En application de l'article 3 de la loi du 3 avril 1950 concernant les conditions de rémunération et les avantages divers accordés aux fonctionnaires en service dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion, complétée par les dispositions du décret du 22 décembre 1953 et du décret du 28 janvier 1957, les fonctionnaires en service dans le département de la Guyane ont droit à une majoration de traitement de 40 %. Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 26 août 2010 relatif au régime de maintien des primes et indemnités des agents publics de l'État et des magistrats de l'ordre judiciaire dans certaines situations de congés : " I. 1° Le bénéfice des primes et indemnités versées aux fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisé, () est maintenu dans les mêmes proportions que le traitement en cas de congés pris en application des 1°, 2° et 5° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée et des articles 10, 12, 14 et 15 du décret du 17 janvier 1986 susvisé ; (). ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'un fonctionnaire en congé de maladie ordinaire, de longue maladie ou de longue durée conserve, outre son traitement ou son demi-traitement, l'indemnité de résidence et le supplément familial de traitement, le bénéfice de la totalité ou de la moitié des indemnités accessoires qu'il recevait avant sa mise en congé, à l'exclusion de celles qui sont attachées à l'exercice des fonctions ou qui ont le caractère de remboursement de frais. La majoration de traitement accordée aux fonctionnaires en service dans les départements d'outre-mer sur le fondement de la loi du 3 avril 1950 et des textes qui l'ont complétée est liée au séjour de l'agent dans un département d'outre-mer et, par suite, attachée à l'exercice des fonctions. Toutefois, les dispositions de l'article 1er du décret du 26 août 2010 ont pour objet d'étendre la règle du maintien du traitement prévu par l'article 34 de la loi du
11 janvier 1984 aux primes et indemnités versés aux agents concernés dans les mêmes conditions et les mêmes périodes que le traitement en cas de congés annuels, de congés ordinaires de maladie et de congés pour maternité, à l'exception des primes liées à la manière de servir ou aux résultats obtenus, des primes liées au remplacement des agents, et des primes et indemnités représentatives de frais ou liées à l'organisation du travail. La majoration de traitement instituée par l'article 3 de la loi du 3 avril 1950, qui présente le caractère d'une indemnité rattachée à l'exercice des fonctions, n'est pas au nombre des exceptions prévues par le décret. Elle entre donc dans le champ d'application du régime de maintien des primes et indemnités institué par ce texte.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A, testé positif à la Covid-19 alors qu'il séjournait dans l'hexagone, n'a pas été en mesure de prendre l'avion le 8 octobre 2020 afin de rentrer en Guyane et a ainsi été placé en congé de maladie. Toutefois, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que l'agent public éligible à une majoration de traitement du fait de son affectation dans un département d'outre-mer, et qui se trouverait en situation de congé annuel, de congé maladie ordinaire ou de congé de maternité hors du département d'affectation, perdrait son droit à cette majoration de traitement dans cette circonstance. Dans ces conditions, dès lors que l'intéressé, à qui s'appliquent les dispositions statutaires de la loi du 11 janvier 1984, a été placé en congé de maladie ordinaire au sens du 2° de l'article 34 de cette loi, le bénéfice de la majoration de traitement de 40 %, instituée pour le département de la Guyane par les dispositions citées au point précédent, devait être maintenu pendant la période de son congé de maladie ordinaire entre le 9 et le 22 octobre 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 30 octobre 2020 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Guyane lui a retiré le versement de la majoration de traitement de 40 % pour la période du 9 au 22 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020, il y a lieu d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Guyane, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de procéder à la régularisation de la situation du requérant par le versement des sommes correspondant à la majoration de traitement de 40 % non perçue entre le 9 et le 22 octobre 2020.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 octobre 2020 du directeur régional des finances publiques de la Guyane est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques de la Guyane de reverser à M. A les sommes correspondant à la majoration de traitement de 40% entre le 9 et le 22 octobre 2020.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. DELEPLANCQUE
Le président,
Signé
O. GUISERIX Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026