LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2100196

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2100196

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2100196
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantAUCHE HEDOU, AUCHE - AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 février 2021 et le 7 avril 2022,

M. C D, représenté par Me Auché, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 279 216 euros en réparation de son préjudice matériel et 10 000 euros en réparation de son préjudice moral avec intérêts au taux légal dès la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire et en tant que de besoin, d'ordonner une expertise pour déterminer le montant de la perte de revenus subie entre le 1er août 2016 et le 1er mars 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L .761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la sanction de trois ans de déconventionnement prononcée par la décision de la Caisse générale de sécurité sociale de la Guyane du 27 juin 2016, annulée par un jugement devenu définitif du tribunal administratif de la Guyane du 5 décembre 2017, est constitutive d'une illégalité fautive qui lui a causé un préjudice matériel de perte de revenus d'une part et un préjudice moral d'autre part, cette décision étant entachée d'une violation de la règle de droit, d'une violation des droits de la défense et étant au surplus infondée et disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2022, la caisse générale de sécurité sociale de la Guyane, représentée par Me Gueril-Sobesky, conclut au rejet de la requête et à ce que M. D soit condamné aux dépens. Elle conclut en outre à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la sanction litigieuse était justifiée au fond et que le préjudice du requérant n'est pas établi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;

- et les observations de Me Page, substituant Me Auché, représentant M. D.

La caisse générale de sécurité sociale de la Guyane n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. D exerce la profession de chirurgien-dentiste dans l'Hexagone, à Toulon, et en Guyane depuis 2010, un cabinet secondaire étant situé à Saint-Laurent-du-Maroni. Après analyse de ses facturations entre le 3 février 2012 et le 31 décembre 2013, la caisse générale de sécurité sociale de la Guyane (CGSS), estimant que de nombreuses facturations étaient frauduleuses, a saisi le président du conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes et, par une décision du 16 septembre 2016, la chambre disciplinaire de première instance du conseil interrégional des Antilles-Guyane de l'ordre des chirurgiens-dentistes a infligé à M. D une sanction d'interdiction temporaire d'exercice pendant vingt-quatre mois avec sursis. Saisie en appel, par une décision du 12 octobre 2017, la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes a confirmé cette sanction en abaissant la période de sursis à dix-huit mois et non plus vingt-quatre. A la suite d'une nouvelle analyse des facturations du Docteur D entre le 25 novembre 2014 et le 5 juin 2015, la CGSS a saisi la commission paritaire nationale du conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes. La commission a émis le 19 mai 2016 un avis favorable à une sanction de déconventionnement de trois ans à compter du 1er août 2016, et par une décision du 27 juin 2016, le directeur de la CGSS a infligé au Docteur D cette sanction de déconventionnement pendant trois ans compter du 1er août 2016. Par un jugement du 5 décembre 2017, le tribunal administratif de la Guyane a annulé cette sanction au motif qu'elle n'était pas prévue par la convention nationale des chirurgiens-dentistes. M. D a présenté à la CGSS une réclamation préalable indemnitaire, reçue le 27 octobre 2020, en sollicitant le versement de la somme de 379 216 euros en réparation de la faute commise par la CGSS, la sanction litigieuse ayant été exécutée entre le 1er août 2016 et le 1er mars 2017. Le silence gardé pendant plus de deux mois par la CGSS sur cette réclamation a fait naître une décision implicite de rejet le 27 décembre 2020. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de condamner la CGSS à lui verser la somme de 279 216 euros en réparation de son préjudice matériel et 10 000 euros en réparation de son préjudice moral, avec intérêts au taux légal dès la notification du jugement à intervenir.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. En premier lieu, en principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. La responsabilité de l'administration ne saurait être engagée pour la réparation des dommages qui ne trouvent pas leur cause dans cette illégalité mais découlent directement et exclusivement de la situation irrégulière dans laquelle la victime s'est elle-même placée, indépendamment des faits commis par la puissance publique, et à laquelle l'administration aurait pu légalement mettre fin à tout moment.

3. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 23 novembre 2017 devenue définitive en l'absence de recours, portant sur la période du 3 février 2012 au 31 décembre 2013, la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes, et antérieure même à l'annulation de la sanction litigieuse du 27 juin 2016 a infligé au Docteur D une sanction d'interdiction d'exercice pendant deux ans dont dix-huit mois avec sursis, à compter du

1er mars 2018. Cette sanction était fondée sur la circonstance qu'une partie des actes facturés par le Docteur D entre le 3 février 2012 et le 31 décembre 2013 était fictive, son temps de travail déclaré à la CGSS étant dépourvu de toute vraisemblance. En outre, la sanction était fondée sur une facturation frauduleuse d'actes fictifs violant " sur une vaste échelle, un système déclaratif de rémunération des soins, fondé sur la loyauté des praticiens ", " pour faire supporter à l'assurance maladie des dépenses indues et s'enrichir malhonnêtement ". La décision relevait que cette pratique du requérant avait été observée 107 fois et était assortie de fausses déclarations concernant des patients non revenus au cabinet dentaire. La sanction du 27 juin 2016, portant sur la période du 25 novembre 2014 au 5 juin 2015 a été annulée par un jugement du tribunal du

5 décembre 2017. Cette annulation était toutefois fondée non pas sur l'inexactitude matérielle des faits mais sur la circonstance que cette sanction de déconventionnement n'était pas prévue à l'échelle des peines fixée par la convention nationale des chirurgiens-dentistes.

4. Pour contester désormais l'exactitude matérielle des faits fondant cette sanction,

M. D soutient mais n'établit pas que le fait que la CGSS ne lui ait pas à ce jour demandé le remboursement de ces facturations prouve que ces facturations n'étaient pas frauduleuses. De même, la circonstance que son cabinet situé à Toulon n'ait pas donné lieu à des poursuites similaires ne suffit pas à établir que la facturation opérée par le cabinet de Saint-Laurent du Maroni n'était pas frauduleuse. Enfin, M. D n'établit pas que seul son confrère le

Dr B, avec lequel il travaillait, et non lui-même, avait établi de fausses facturations. Dès lors, la circonstance que M. D ait été le collaborateur de cet autre chirurgien-dentiste condamné pénalement, alors que lui-même n'avait eu aucun antécédent judiciaire ne suffit pas non plus à établir l'absence de fraude dans la facturation opérée à Saint-Laurent du Maroni. Dans ces conditions, M. D ne conteste pas sérieusement avoir frauduleusement facturé des actes médicaux, dans le but de s'enrichir malhonnêtement au détriment de la CGSS, motif de la sanction annulée du 27 juin 2016. Ainsi, les préjudices dont fait état M. D ne résultent pas de l'illégalité fautive entachant la sanction du 27 juin 2016 mais exclusivement de la situation d'illégalité dans laquelle le requérant s'est placé lui-même en facturant des actes de façon frauduleuse, de sorte que le lien de causalité entre l'illégalité fautive relevée par le jugement du

5 décembre 2017 et les préjudices du requérant n'est pas établi.

5. En deuxième lieu, si l'intervention d'une décision illégale peut constituer une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat, elle ne saurait donner lieu à réparation si, dans le cas d'une procédure régulière, la même décision aurait pu légalement être prise. M. D soutient qu'il n'a pas reçu l'avertissement préalable dont fait état la CGSS dans la sanction du

27 juin 2016 et, d'autre part, que ses observations n'ont pas été communiquées à la commission paritaire nationale du conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes. Il résulte toutefois de l'instruction que la décision de sanction de déconventionnement pendant trois ans du

27 juin 2016 était motivée par les nombreux constats de facturation frauduleuse effectuée par le Docteur D. M. D n'établit pas que ce motif reposerait sur des faits matériellement inexacts. Par suite, et à supposer même que cette décision soit entachée des vices allégués par le requérant, les préjudices qu'il aurait subis du fait de ces illégalités éventuelles ne peuvent être regardés comme la conséquence de ces vices.

6. En troisième lieu, en soutenant que la mesure de déconventionnement annulée était " d'une sévérité intolérable " tandis que la CGSS aurait abandonné la procédure de recouvrement de sorte que lui seraient acquis 171 217,41 euros, M. D n'établit pas que la sanction litigieuse du 27 juin 2016 révélerait une disproportion constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de la CGSS. Par suite, il n'est pas fondé à demander réparation de préjudices qui en seraient résultés.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. D doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise judiciaire, dont l'utilité n'est pas établie.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CGSS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la CGSS et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2: M. D versera à la Caisse de sécurité sociale de Guyane une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la Caisse de sécurité sociale de Guyane.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Schor, première conseillère,

Mme Deleplancque, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

E. A

Le président,

Signé

L. MARTIN

La greffière,

Signé

M-Y METELLUS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions