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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2100252

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2100252

jeudi 9 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2100252
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJURISGUYANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 1er mars 2021 et le 18 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Lingibé, demande au tribunal :

1°) de condamner le rectorat de la Guyane à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des différents préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'absence de production de l'attestation d'employeur ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le rectorat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui délivrant pas une attestation d'employeur dans un délai raisonnable ;

- il n'a pu ni s'inscrire en qualité de demandeur d'emploi auprès de Pôle emploi ni bénéficier des indemnités de chômage ;

- il aurait dû bénéficier d'une compensation entre le trop-perçu de rémunération réclamé par le rectorat et l'absence d'indemnités de chômage ;

- il a subi un préjudice évalué à 20 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête de M. B.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable et, subsidiairement, que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 5 janvier 2023, la clôture d'instruction a été reportée au 26 janvier 2023 à 12 heures 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D ;

- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;

- et les observations de M. C, représentant le recteur de la Guyane.

M. B n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été employé en tant que professeur de physique-chimie contractuel au sein de l'académie de la Guyane pour l'année scolaire 2016/2017. N'ayant pas reçu, dès la fin de son contrat, d'attestation d'employeur lui permettant de bénéficier des indemnités de chômage auprès de Pôle emploi, il a adressé, par un courrier transmis le 8 octobre 2020, une demande indemnitaire préalable au recteur de la Guyane qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner le rectorat de la Guyane à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.

2. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. () ". Toutefois, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Enfin, l'article L. 231-4 du même code prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, ancien enseignant contractuel de l'éducation nationale, a formé, par un courrier du 6 octobre 2020, réceptionné le 9 octobre 2020 par les services du rectorat, une demande indemnitaire préalable tendant au versement de la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Une telle réclamation ayant trait à ses anciennes fonctions et notamment aux conditions de la fin de son contrat, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration ne lui étaient pas applicables conformément au principe rappelé au point précédent. Par conséquent, le délai de recours contentieux a commencé à courir à compter de la naissance d'une décision implicite de rejet, soit le 9 décembre 2020, et a expiré le 10 février 2021. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le délai aurait été prorogé par la notification d'une décision expresse de rejet et que la requête n'a été enregistrée que le 1er mars 2021, les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au recteur de la Guyane.

Copie sera adressée au directeur régional des finances publiques de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 16 février 2023 à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Schor, première conseillère,

Mme Deleplancque, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.

La rapporteure,

C. D

Le président,

L. MARTIN La greffière,

S. MERCIER

La République mande et ordonne à ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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