jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100346 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FAREWELL TAX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 mars 2021 et 24 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Giner, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer l'annulation de la décision du 26 janvier 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de Guyane a rejeté sa demande de remboursement des réductions d'impôt pour 2013, 2015 et 2016 d'un montant de 65 225 euros ;
2°) d'ordonner le remboursement des réductions d'impôt non utilisées à hauteur de 65 225 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement des dépens ainsi que d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le quantum du litige est de 65 225 euros, à savoir la somme de 29 897 euros de réduction d'impôt non utilisée pour les investissements réalisés en 2012 et celle de 35 328 euros de réduction d'impôt non utilisée pour les investissements réalisés en 2014 et 2015 ;
- il pouvait solliciter le remboursement de la fraction non utilisée de 29 897 euros en tant que contribuable participant à l'exploitation de l'activité ayant ouvert droit à réduction ;
- il a transmis à l'administration fiscale lors de sa demande de restitution le détail des déclarations n° 2042 IOM comprenant tant la nature des investissements que leur prix de revient et la date de livraison de ces investissements ;
- il n'avait pas à transmettre l'ensemble des factures relatives aux investissements réalisés dès lors qu'une telle transmission n'a pas été demandée par l'administration fiscale et que l'envoi des déclarations n° 2042 IOM ne requiert pas un telle transmission.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques de Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le quantum du litige est de 64 188 euros dès lors que le montant de la réduction d'impôt dont il est sollicité le remboursement ne prend pas en compte le surplus de 1 137 euros accordé en 2015 au titre de la réduction d'impôt pour les investissements réalisés en 2013 ;
- le montant de 29 897 euros, correspondant à la fraction non utilisée de réduction d'impôt pour les investissements réalisés en 2012, n'a pas fait l'objet d'une déclaration de report au titre de l'avis d'imposition pour 2014, de sorte que, cet avis ayant été mis en recouvrement le 30 avril 2016, M. B ne pouvait solliciter le remboursement de cette somme par une réclamation auprès de l'administration fiscale que jusqu'au 31 décembre 2018 ;
- s'agissant du montant de 34 291 euros, correspondant aux fractions non utilisées de réductions d'impôt pour les investissements réalisés en 2014 et 2015, le contribuable n'avait pas indiqué la nature précise des investissements réalisés, leur prix de revient et la date à laquelle ils avaient été livrés ou mis en service à compter du 1er janvier 2015 ;
- l'ensemble des investissements réalisés en 2014 et 2015 ne peuvent être considérés comme pouvant bénéficier de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies B du code général des impôts, en l'absence de la production des factures afférentes à ces investissements ;
- la charge de la preuve de la réalité des investissements réalisés appartient au requérant.
Par un courrier du 29 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 janvier 2021 sont susceptibles d'être fondées sur un moyen d'ordre public tiré de leur irrecevabilité dès lors qu'il s'agit d'un acte non détachable de la procédure d'imposition.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. D ;
- M. B et le directeur régional des finances publiques de Guyane n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exploite en Guyane deux entreprises dont l'une, la société Credo, est relative à la création, l'impression et la diffusion d'objets publicitaires et l'autre, la société Crédo Signalétique, est relative à la confection et à l'impression de drapeaux et oriflammes. Il est l'unique associé de la société Crédo et associé pour 90 % du capital social de la société Crédo Signalétique. Ces deux sociétés ont opté pour le régime des sociétés de personne, avec imposition à l'impôt sur le revenu. M. B doit être regardé comme demandant le remboursement des réductions d'impôt sollicitées sur le fondement de l'article 199 undecies B du code général des impôts au titre des années 2013, 2015 et 2016 pour un montant total de 65 225 euros.
Sur la demande d'annulation :
2. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 janvier 2021 ne sont pas recevables dès lors que cette décision, prise à la suite de la réclamation de M. B du 14 septembre 2020, est un acte non détachable de la procédure d'imposition insusceptible d'être contesté par la voie du recours pour excès de pouvoir.
Sur les demandes de remboursement :
En ce qui concerne le quantum du litige :
3. Il résulte de l'instruction que les investissements réalisés en 2013 et déclarés en 2014 ont fait l'objet d'une réduction d'impôt d'un montant de 41 253 euros dont une fraction de 20 364 euros a été imputée sur l'impôt sur le revenu pour 2014, une deuxième fraction de 17 440 euros a été imputée sur l'impôt sur le revenu pour 2015 et une dernière fraction de 4 586 euros a été imputée sur l'impôt sur le revenu pour 2016. Il s'ensuit qu'un excédent de 1 137 euros (41 253 - 20 364 - 17 440 - 4 586 = - 1 137) a été accordé à M. B. Par suite, le quantum du litige, composé des fractions de réduction d'impôt pour 2013 (29 897 euros), 2015 (19 356 euros) et 2016 (16 072 euros), desquelles doit être retiré l'excédent de 1 137 euros, est de 64 188 euros (65 225 - 1 137). Il n'y a donc lieu de statuer sur les conclusions à fin de restitution qu'à hauteur de la somme de 64 188 euros.
En ce qui concerne les réductions d'impôts pour 2013, 2015 et 2016 :
4. L'article 199 undecies B du code général des impôts prévoit que les contribuables peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu à raison des investissements productifs neufs réalisés, notamment, dans les départements d'outre-mer, dans le cadre d'une entreprise exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale. Si le montant de la réduction d'impôt excède l'impôt dû par les contribuables, l'excédent constitue une créance sur l'Etat d'égal montant qui est utilisée pour le paiement de l'impôt sur le revenu dû au titre des années suivantes et ce jusqu'à la cinquième année inclusivement et la fraction non utilisée est remboursée à l'expiration de cette période. En vertu de l'article 95 T de l'annexe 2 du code général des impôts, le bénéfice de la réduction d'impôt est subordonné à la fourniture, en annexe de la déclaration de revenu, d'un état faisant apparaître un certain nombre de renseignements pour chaque investissement réalisé, notamment la nature précise de l'investissement, le prix de revient hors taxe de l'investissement et le montant des subventions publiques obtenues ou demandées et non encore accordées pour son financement et la date de livraison des investissements.
5. Il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter, d'apprécier si un contribuable remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal prévu par l'article 199 undecies B du code général des impôts. Ainsi, si l'administration, saisie d'une demande de remboursement du montant correspondant à la fraction non utilisée de la réduction d'impôt sur le revenu dont un contribuable entend bénéficier sur le fondement des dispositions de l'article 199 undecies B du code précité doit vérifier que ledit contribuable remplit l'ensemble des conditions prévues pour bénéficier de ces dispositions, qu'il s'agisse des conditions formelles ou des conditions de fond, il incombe toutefois au contribuable de justifier tant de l'existence des investissements réalisés que de l'accomplissement de l'ensemble des obligations déclaratives prévues par les dispositions de l'article 95 T de l'annexe 2 du code général des impôts, mais aussi d'établir que les investissements réalisés relèvent bien de ceux permettant de bénéficier de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies B du code précité.
6. Si M. B soutient qu'il participe à l'exploitation des activités ayant ouvert droit à la réduction d'impôt, au sens des dispositions du 1° bis du I de l'article 156 du code général des impôts, il est toutefois constant que l'intéressé n'a pas produit les factures des investissements réalisés en 2012, 2014 et 2015 permettant de justifier de l'existence des investissements déclarés en 2013, 2015 et 2016. A cet égard, la circonstance, d'une part, que les obligations déclaratives prévues à l'article 95 T de l'annexe II du code général des impôts ne requiert pas la transmission de toutes les factures relatives aux investissements réalisés et, d'autre part, que l'administration fiscale se soit abstenue de solliciter lesdites factures, est sans incidence sur la nécessité pour le contribuable de justifier de l'existence des investissements réalisés à l'appui d'une demande tendant au remboursement des fractions non utilisées de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies B du code général des impôts. En outre, la production d'une copie des grands livres des comptes généraux pour les exercices clos en 2012, 2014 et 2015 ne saurait, à elle seule, justifier de l'existence des investissements réalisés au titre de ces années. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée à l'encontre des conclusions tendant au remboursement de la fraction non utilisée de réduction d'impôt pour 2013 d'un montant de 29 987 euros, M. B n'est pas fondé à demander le remboursement des fractions de réduction d'impôt pour 2013, 2015 et 2016 d'un montant total de 64 188 euros.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions tendant au versement des dépens ne peuvent aussi qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Guyane.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. C
Le président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026