jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100389 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2021, M. A B, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 018 euros dont le directeur régional des finances publiques de Guyane a poursuivi le recouvrement par l'émission de trois saisies administratives à tiers détenteur datées du 9 août 2019, du 2 octobre 2019 et du 26 novembre 2019 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de Guyane de lui restituer la somme de 4 018 euros prélevée en exécution des actes de recouvrement ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 400 euros en réparation de son préjudice moral, sous astreinte de 30 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- l'action en recouvrement des impositions sur le revenu au titre des années 2012 et 2013 ainsi que des contributions audiovisuelles au titre des années 2013 et 2014 est frappée de prescription sur le fondement des dispositions de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ;
- il a subi un préjudice moral évalué à 400 euros en raison de l'illégalité des saisies administratives à tiers détenteur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques de Guyane conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 100 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 6 juillet 2023, les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur des moyens d'ordre publics, relevés d'office, tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 018 euros en raison de la tardiveté de la réclamation préalable, formulée au-delà d'un délai de deux mois à compter de la notification du premier acte de poursuite permettant de se prévaloir de la prescription de l'action en recouvrement ;
- l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires dès lors que, d'une part, les dispositions de l'article R. 772-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que de telles conclusions soient présentées dans une requête tendant à la décharge de l'obligation de payer et d'autre part, les dispositions de l'article R. 431-2 du même code s'opposent à ce que des conclusions indemnitaires soient présentées devant la juridiction administrative sans ministère d'avocat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deleplancque ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 août 2019, le 2 octobre 2019 et le 26 novembre 2019, le directeur régional des finances publiques de Guyane a émis, à l'encontre de M. B, trois saisies administratives à tiers détenteur pour créance privilégiée. Par un courrier, réceptionné le 7 décembre 2020 par les services de la direction générale des finances publiques, l'intéressé a formulé une réclamation à l'encontre de ces actes de recouvrement assortie d'une demande de dommages et intérêts. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de le décharger de l'obligation de payer la somme de 4 018 euros, correspondant aux impositions sur le revenu au titre des années 2012 et 2013 ainsi que des contributions audiovisuelles dues au titre des années 2013 et 2014, de lui restituer cette somme et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 400 euros en réparation de son préjudice moral qu'il estime avoir subi.
Sur la recevabilité de la requête :
En ce qui concerne les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () ". Aux termes de l'article R. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement () ". L'article R. 281-3-1 du même livre : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / () c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. ". Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. () ".
3. Lorsque le redevable d'une imposition se prévaut de la prescription de l'action en recouvrement, il soulève une contestation qui ne porte pas sur l'obligation de payer mais qui a trait à l'exigibilité de l'impôt. La prescription de l'action en recouvrement doit, en application du c de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales, être invoquée à l'appui de la réclamation préalable adressée à l'administration compétente dans un délai de deux mois à partir de la notification du premier acte de poursuite permettant de s'en prévaloir.
4. A supposer même que M. B n'ait pas été destinataire d'actes de poursuite concernant le recouvrement des impositions sur le revenu au titre des années 2012 et 2013 ainsi que des contributions audiovisuelles dues pour les années 2013 et 2014 dans le délai de quatre ans mentionné à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, il résulte de l'instruction qu'une première saisie administrative à tiers détenteur portant sur le recouvrement desdites impositions a été notifiée à l'intéressé le 12 août 2019. A cet égard, il disposait d'un délai de deux mois à compter du 12 août 2019 pour contester, sur la base du moyen tiré de la prescription, le recouvrement de ces impositions. Par suite, la réclamation préalable réceptionnée le 7 décembre 2020 par les services de l'administration fiscale a été présentée tardivement. Les conclusions de la requête tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 018 euros sont donc irrecevables.
5. Il en résulte que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la restitution des sommes prélevées en exécution des actes de recouvrement, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
6. D'une part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né d'un contrat ". D'autre part, aux termes de l'article R. 772-1 du même code : " Les requêtes en matière d'impôts directs et de taxe sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées dont l'assiette ou le recouvrement est confié à la direction générale des impôts sont présentées, instruites et jugées dans les formes prévues par le livre des procédures fiscales () ". Ces dispositions s'opposent à ce que des conclusions tendant à la condamnation de l'État au versement de dommages et intérêts puissent être jointes à des conclusions tendant à la décharge de l'impôt ou de l'obligation de payer dès lors qu'elles sont jugées selon des règles de procédure différentes.
7. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête de M. B, au demeurant présentées sans avocat, tendant à la condamnation de l'Etat à réparer le préjudice moral qu'il estime avoir subi en raison de l'illégalité des actes de recouvrement sont irrecevables.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Si le directeur régional des finances publiques de la Guyane demande au tribunal de mettre à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative le remboursement de frais, ces derniers ne sont pas justifiés. Ainsi, les conclusions présentées sur ce fondement doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du directeur régional des finances publiques de Guyane présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Guyane.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. DELEPLANCQUE
Le président,
Signé
O. GUISERIX Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026