jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100526 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler la mise en demeure du 14 octobre 2020 du directeur régional des finances publiques de Mayotte de payer la somme de 3 900 euros ainsi que la saisie à tiers détenteur du 29 janvier 2021 qui s'en est suivie.
Il soutient que :
- il n'a eu connaissance de la mise en demeure du 14 octobre 2020 que le 14 octobre 2020, par mail, soit quatre ans après l'émission du titre de perception du 26 juillet 2016, alors que son adresse mail n'avait pas changé et que son adresse postale était connue du rectorat de Mayotte et de la Direction régionale des finances publiques de Mayotte ;
- la mise en demeure du 14 octobre 2020 ne précisait pas le délai qui lui était imparti pour s'acquitter de sa dette ;
- il n'a aucune trace du paiement de la somme qui lui est réclamée sur son compte bancaire, connu du rectorat et de la Direction régionale des finances publiques de Mayotte et ne sait pas à quoi correspond la somme qui lui est réclamée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir à titre principal que la contestation de la mise en demeure attaquée est irrecevable car elle n'a été envoyée par le requérant que plus de deux mois après la notification de cet acte et à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, le recteur de l'académie de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le titre de perception du 26 juillet 2016 était bien fondé et régulier et que seul le Directeur régional des finances publiques de Mayotte est compétent en ce qui concerne la mise en demeure et la saisie à tiers détenteur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est enseignant en mathématiques. Précédemment affecté à Mayotte, par un arrêté du 30 mars 2017, il a été muté en Guyane à compter du 1er septembre 2017. Cependant, le recteur de l'académie de Mayotte a ordonné le 26 juillet 2016 un titre de perception correspondant à un trop-perçu de traitement lié à une erreur de versement d'indemnité d'éloignement, à hauteur de 3 545 euros. Le 14 octobre 2020, M. B a reçu une mise en demeure de payer la somme correspondante, augmentée des intérêts de retard, soit 3 900 euros. Une notification de saisie administrative à tiers détenteur (SATD) s'en est suivie le 29 janvier 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette mise en demeure ainsi que la saisie à tiers détenteur du 29 janvier 2021 qui s'en est suivie.
2. Aux termes de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre. () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales : " La demande prévue à l'article
R. * 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / b) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; / c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. ".
En ce qui concerne la mise en demeure du 14 octobre 2020 :
3. Il résulte des termes mêmes de la requête que le requérant a eu notification le
14 octobre 2020 de l'acte de poursuite procédant du titre de perception du 26 juillet 2016. Cette mise en demeure comportait les voies et délai de recours. Toutefois, ce n'est que le 11 mars 2021 qu'il a contesté cette mise en demeure devant le directeur régional des finances publiques de Mayotte. Dès lors, ce dernier est bien fondé à soutenir que cette contestation de la mise en demeure attaquée est tardive et n'a pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette mise en demeure du 14 octobre 2020, enregistrées le 21 avril 2021, sont également irrecevables.
En ce qui concerne la saisie administrative à tiers détenteur :
4. Il résulte de l'instruction que, dans la contestation du 11 mars 2021, M. B a soutenu que cette SATD " réduisait considérablement son salaire mensuel et le niveau de vie de son foyer " et doit donc être regardé comme ayant contesté l'exigibilité de la somme litigieuse au sens du 2° de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Cependant, en se bornant dans la présente requête à produire un relevé de compte du seul mois de juillet 2016, où n'est apparent que le versement de son salaire ordinaire sans trop-perçu et en affirmant qu'il ne sait pas à quoi correspond la somme qui lui est réclamée, alors que le rectorat de l'académie de Mayotte fait valoir sans être contesté que le requérant était informé de ce trop-versé dès le 29 juin 2016, M. B n'établit pas qu'il n'a pas perçu la somme litigieuse. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que cette SATD est entachée d'illégalité. Par suite les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E .
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au recteur de l'académie de Mayotte et au Directeur régional des finances publiques de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHORLe président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au ministre de l'économie, des Finances et de la souveraineté industrielle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
N°2100526
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026