jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100742 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 juin 2021 et le 11 juillet 2023,
M. A B demande au tribunal de :
1°) condamner la caisse des écoles de Matoury à lui verser la somme de
19 191, 61 euros en réparation de son préjudice financier, 50 000 euros en réparation de son préjudice moral et 15 000 euros en réparation de son préjudice résultant de l'absence de réintégration effective et de réelle reconstitution de sa carrière, avec intérêts depuis le
22 février 2021 et capitalisation des intérêts depuis le 22 février 2022 ;
2°) mettre à la charge de la caisse des écoles de Matoury la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la sanction de révocation qu'il a subie et qui a ensuite été annulée par le tribunal administratif constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de la caisse des écoles de Matoury,
- il a subi entre le 15 juin 2013 et le 16 juin 2014 un préjudice financier à hauteur de 19 191,61 euros, ayant été illégalement privé d'emploi et de prestations sociales en lien avec son placement en congé de longue maladie;
- il a subi un préjudice moral en raison du retentissement traumatisant de la sanction illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2022, la caisse des écoles de Matoury, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable car elle est dirigée contre une décision purement confirmative de rejet et que la première décision de rejet de cette demande est devenue définitive, qu'elle se heurte à l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de la Guyane dans le jugement du 1er juin 2017 et, à titre subsidiaire, que les prétentions indemnitaires du requérant ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bouchet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 mars 2009, M. A B a été affecté à la caisse des écoles de Matoury en tant qu'adjoint technique de seconde classe. En réponse à des fautes disciplinaires qui lui ont été imputées par la caisse des écoles en 2012, et dont la matérialité a été établie par un jugement n°1300793 du présent tribunal du 17 avril 2014, par un arrêté du président de la caisse des écoles du 16 mai 2013, lui a été infligée la sanction de révocation à compter du 15 juin 2013. Cette sanction a été annulée par le jugement du tribunal du
17 avril 2014, au motif qu'elle présentait un caractère disproportionné avec les faits reprochés au requérant. M. B a ensuite adressé une demande indemnitaire, à hauteur de
84 291,61 euros au maire de la commune de Matoury. Une décision implicite de rejet de cette demande est née et par un jugement n°1600362 du 1er juin 2017, le tribunal administratif a rejeté la requête présentée par le requérant contre cette décision implicite de rejet. Par un arrêt du 1er juillet 2020, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté la requête de M. B au motif que la demande préalable, comme les requêtes en première instance et en appel, avaient été mal dirigées puisqu'elles étaient dirigées contre la commune de Matoury et non contre la caisse des écoles de Matoury. M. B a alors adressé une nouvelle demande préalable tendant à la réparation du préjudice qu'il avait subi du fait de sa révocation illégale, à la caisse des écoles de Matoury. Cette demande a été reçue par la caisse des écoles le 22 février 2021. Le silence gardé pendant plus de deux mois par la caisse des écoles a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande le 22 juin 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner la caisse des écoles de Matoury à lui verser la somme de 19 191, 61 euros en réparation de son préjudice financier, 50 000 euros en réparation de son préjudice moral et 15 000 euros en réparation de son préjudice résultant de l'absence de réintégration effective et de réelle reconstitution de sa carrière, avec intérêts depuis le
22 février 2021 et capitalisation des intérêts depuis le 22 février 2022.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le préjudice financier :
2. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 15 octobre 2013 avec effet au
21 octobre 2013, M. B a été réintégré provisoirement en exécution de l'ordonnance de référé n°1300946 du 8 octobre 2013. Puis, par un autre arrêté du 16 juin 2014 M. B a été réintégré définitivement dans ses fonctions à compter du 15 juin 2013. Parallèlement, en juin 2014, la caisse des écoles a régularisé le traitement de M. B depuis le 15 juin 2013, date de sa révocation annulée par le tribunal, jusqu'en décembre 2013. Le requérant ne conteste pas qu'il a perçu son traitement normal à compter de janvier 2014. S'il se fonde sur le fait que la régularisation de juin 2014 a aussi eu pour objet de régulariser son traitement en lien avec son congé de longue maladie (CLM), à la supposer établie, cette circonstance est sans rapport avec sa révocation, puis l'annulation de sa révocation. De même, s'il soutient qu'il aurait dû percevoir aussi des demi traitements qui lui auraient été retenus à tort entre octobre 2012 et juin 2013, et qu'en outre, il n'a pu percevoir de prestations sociales accompagnant son placement en CLM, cela est également sans rapport avec la sanction de révocation. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant, il était déjà réintégré, en exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal du 8 octobre 2013, en février 2014, date des arrêtés de placement en CLM. Par suite, M. B ne conteste pas que sa réintégration a été complète et n'établit pas le lien de causalité entre l'arrêté de sanction du
16 mai 2013 et le préjudice qu'il invoque.
En ce qui concerne le préjudice moral et le préjudice de carrière :
3. Si le requérant soutient que ses conditions de travail étaient insatisfaisantes depuis 2009, en raison de sa quotité de travail d'une part et du matériel disponible d'autre part, ces éléments sont dépourvus de lien avec la révocation illégale dont il a fait l'objet en mai 2013. Par ailleurs, d'une part, la matérialité des faits qui ont été reprochés au requérant, à savoir des menaces, un manque de respect de sa hiérarchie, de la désobéissance notamment, a été établie par le jugement du tribunal du 17 avril 2014. D'autre part, il résulte de l'instruction que le requérant a connu des problèmes de santé puisqu'il a été placé, à sa demande, en congé de longue maladie. Le comité médical compétent a préconisé ce placement à compter de novembre 2012, soit sept mois avant la sanction litigieuse. En se bornant à produire deux certificats médicaux non circonstanciés, M. B n'établit ni que ce placement ni que la circonstance qu'il n'a pu ensuite reprendre ses fonctions qu'à mi-temps thérapeutique lui ont causé un préjudice en lien avec sa révocation litigieuse. Dans ces conditions, M. B n'établit pas qu'il a subi un préjudice moral en lien avec la sanction litigieuse.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse des écoles de Matoury, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la caisse des écoles de Matoury et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la caisse des écoles de Matoury une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse des écoles de Matoury.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 28 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHORLe président,
Signé
O. GUISERIXLe greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026