jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100979 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 juillet 2021, 31 janvier 2022 et 17 février 2022, Mme D A demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 29 mars 2016 sous la référence DOM1-16-2900000111, à la demande du recteur de l'académie de Guyane pour le recouvrement d'une créance de 8.594,07 euros, subsidiairement d'ordonner le remboursement d'une partie des sommes saisies.
Mme A invoque la méconnaissance du délai de prescription de deux ans rappelé par la circulaire du 11 avril 2013 relative au délai de la prescription extinctive concernant les créances résultant de paiements indus effectués par les services de l'Etat en matière de rémunération de leurs agents.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2022, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête, en opposant la fin de non-recevoir tirée du caractère définitif du titre de perception, puis l'absence de moyen fondé.
En application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de la tardiveté de la contestation du bien-fondé de la créance compte tenu de l'expiration du délai raisonnable d'un an applicable en vertu du principe de sécurité juridique.
La clôture de l'instruction a été fixée au 18 février 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Mme A, le recteur de la Guyane et le directeur régional des finances publiques de la Guyane n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, enseignante, demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 29 mars 2016 sous la référence DOM1-16-2900000111, à la demande du recteur de l'académie de Guyane pour le recouvrement d'un indu de rémunération de 8.594,07 euros, subsidiairement d'ordonner le remboursement des sommes saisies en vertu des avis à tiers détenteur émis en octobre 2020, novembre 2020 et mai 2021 pour le recouvrement de ce montant.
Sur le titre exécutoire :
2. La date de notification du titre exécutoire n'est pas établie. Le délai de recours contentieux de deux mois prévu par l'article R.421-1 du code de justice administrative n'a donc pu courir à l'encontre de cet acte.
3. Toutefois, en vertu du principe de sécurité juridique, le destinataire d'une décision administrative qui lui été notifiée ou dont il est établi qu'il en a eu connaissance ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable qui ne saurait, en principe excéder un an. En l'espèce, Mme A indique notamment avoir adressé un courrier au recteur le 23 juillet 2016 en invoquant la prescription. Elle admet qu'en novembre 2016, une première saisie administrative à tiers détenteur lui a été notifiée pour le recouvrement de la créance en cause. Elle produit un échange de courriels le 5 décembre 2016 avec un agent de la direction des finances publiques sur la contestation de l'obligation de payer la créance en cause, puis le 26 février 2017, une demande de " mutualisation de la dette avec le titre de la seconde revalorisation salariale toujours non effectuée à cette date ". Mme A doit, dans ces conditions, être réputée avoir eu connaissance au plus tard le 26 février 2017 de l'existence de sa créance. Sa requête enregistrée le 13 juillet 2021 a été présentée après l'expiration du délai raisonnable d'un an. La contestation du titre exécutoire n'est, dès lors, pas recevable. Il en va de même, par voie de conséquence et en tout état de cause, des conclusions tendant au remboursement des montants saisis.
Sur l'avis à tiers détenteur du 28 mai 2021 :
4. En vertu de l'article L.281 du livre des procédures fiscales, les contestations relatives au recouvrement des impôts ne peuvent porter que sur la régularité en la forme de l'acte, sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause le bien-fondé de la créance.
5. Si Mme A a entendu demander la mainlevée de l'avis à tiers détenteur émis le 28 mai 2021 par le directeur régional des finances publiques de la Guyane pour le recouvrement du montant de 5.651,68 euros, il n'appartient pas au juge administratif d'annuler un acte de poursuite et d'ordonner la mainlevée de cet acte.
6. Enfin, en admettant que Mme A puisse être regardée comme demandant la décharge de l'obligation de payer le montant en cause, l'unique moyen tiré de la prescription opposable sur le fondement de l'article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, qui remet en cause le bien-fondé de la créance, ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au directeur régional des finances publiques de la Guyane et au recteur de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M.T. B Le président,
Signé
L. MARTINLe greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne aux ministres de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et de l'Économie, des Finances et de la Relance en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
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