jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEMONIN CLEO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2021, M. B D, représenté par Me Semonin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 3 juillet 2021 du silence gardé par le recteur de la Guyane sur sa demande tendant au paiement du montant de 52.923,55 euros au titre de l'indemnité d'éloignement due en 2015, 2017 et 2018 ;
2°) de condamner l'Etat à lui payer cette somme dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, puis de mettre à sa charge la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que les montants payés en 2015, 2017 et 2018 sont inférieurs aux sommes dues par application de l'article 3 du décret n° 96-1028 du 27 novembre 1996, qui prévoit 11,5 mois de traitement indiciaire brut.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2021, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête, en opposant la prescription quadriennale pour la créance née en 2015, puis l'absence de moyen fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 50-772 du 30 juin 1950 ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le décret n° 96-1027 du 26 novembre 1996 ;
- le décret n° 96-1028 du 27 novembre 1996 ;
- le décret n° 2013-314 du 15 avril 2013 ;
- le décret n° 2013-965 du 28 octobre 2013 ;
- le décret n° 2014-729 du 27 juin 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Sémonin pour M. D, le recteur de la Guyane n'étant pas représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Professeur certifié de technologie, affecté à Mayotte du 1er septembre 2013 au 31 août 2019, M. D a perçu, au titre de l'indemnité d'éloignement, les montants respectifs de 32.272 euros, 25.625,70 euros, 39.742,48 euros, 19.699,96 euros et 19.699,96 euros pour les années 2014 à 2018. Il conteste la décision implicite de rejet née le 3 juillet 2021 du silence gardé par le recteur de la Guyane sur sa demande adressée le 3 mai 2021 tendant au paiement d'un montant complémentaire de 52.923,55 euros au titre de l'indemnité d'éloignement pour les années 2015, 2017 et 2018.
Sur l'indemnité au titre de l'année 2015 :
2. En vertu du premier alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics, sont prescrites toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Pour l'indemnité due à M. D en 2015, le délai de prescription a expiré le 31 décembre 2019. A la date du 3 mai 2021, à laquelle la demande a été présentée au recteur, la créance était prescrite au regard des dispositions précitées de la loi du 31 décembre 1968.
Sur l'indemnité au titre des années 2017 et 2018 :
3. Aux termes de l'article 2 de la loi du 30 juin 1950 fixant les conditions d'attribution des soldes et indemnités des fonctionnaires civils et militaires relevant du ministère de la France d'outre-mer, les conditions de recrutement, de mise en congé ou à la retraite de ces mêmes fonctionnaires : " Pour faire face aux sujétions particulières inhérentes à l'exercice de la fonction publique dans les territoires d'outre-mer, les fonctionnaires civils visés à l'article 1er recevront : () 2° Une indemnité destinée à couvrir les sujétions résultant de l'éloignement pendant le séjour et les charges afférentes au retour, accordée au personnel appelé à servir en dehors soit de la métropole, soit de son territoire, soit du pays ou territoire où il réside habituellement, qui sera déterminée pour chaque catégorie de cadres à un taux uniforme s'appliquant au traitement ().".
4. Le décret du 26 novembre 1996 relatif à la situation des fonctionnaires de l'Etat et de certains magistrats à Mayotte limitait à deux ans la durée de leur affectation à Mayotte, cette affectation ne pouvant être renouvelée qu'une seule fois à l'issue de la première affectation. Le décret du 27 novembre 1996 relatif à l'attribution de l'indemnité d'éloignement aux magistrats et aux fonctionnaires titulaires et stagiaires de l'Etat en service dans les territoires d'outre-mer et dans la collectivité territoriale de Mayotte, pris pour l'application des dispositions de la loi du 30 juin 1950, prévoyait, dans sa rédaction initiale, que l'agent recevant une affectation pour aller servir deux ans à Mayotte avait droit, à chacune des échéances prévues au 2° de l'article 2 de la loi du 30 juin 1950, à une fraction d'indemnité égale à onze mois et quinze jours de traitement indiciaire net. L'indemnité était servie une seconde fois en cas de renouvellement du séjour pour une durée de deux ans.
5. A la suite de la transformation de la collectivité de Mayotte en département, le décret du 28 octobre 2013 portant application de l'indemnité de sujétion géographique aux fonctionnaires de l'Etat titulaires et stagiaires et aux magistrats affectés à Mayotte a supprimé, pour les agents affectés à Mayotte, le bénéfice de l'indemnité d'éloignement et leur a rendu applicables les dispositions du décret du 15 avril 2013 portant création d'une indemnité de sujétion géographique, qui ne concernait jusque-là que les fonctionnaires et magistrats affectés en Guyane, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou à Saint-Barthélemy. Le décret du 28 octobre 2013 a toutefois prévu, par son article 8, les dispositions transitoires suivantes : " I. - Les dispositions des articles 1er à 6 sont applicables à compter du 1er janvier 2017 aux fonctionnaires titulaires et stagiaires de l'Etat et aux magistrats dont le centre des intérêts matériels et moraux ne se situe pas à Mayotte. II. - A titre transitoire et par dérogation au 3° de l'article 3 du décret du 27 novembre 1996 susvisé, les agents () affectés à Mayotte entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2016 bénéficient de quatre versements annuels au titre de l'indemnité d'éloignement pendant l'année d'installation et pour chacune des trois années suivantes calculés selon les modalités suivantes : 1° Fraction versée au titre de l'année 2014 : 8,5 mois de traitement indiciaire brut ; 2° Fraction versée au titre de l'année 2015 : 7,5 mois de traitement indiciaire brut ; 3° Fraction versée au titre de l'année 2016 : 6 mois de traitement indiciaire brut ; 4° Fraction versée au titre des années 2017, 2018 et 2019 : 5 mois de traitement indiciaire brut. III. - Les agents () affectés à Mayotte avant le 1er janvier 2014 conservent le bénéfice de l'indemnité d'éloignement dans les conditions prévues au 3° de l'article 3 du décret du 27 novembre 1996 susvisé, dans sa version applicable avant l'entrée en vigueur du présent décret, pour les fractions restant dues et non encore échues. (). ".
6. Il résulte de ces dispositions que les agents affectés à Mayotte avant le 1er janvier 2014 dans le cadre du séjour dit " réglementé " de deux ans alors prévu par le décret du 26 novembre 1996 et qui, à l'issue de ce séjour, ont été de nouveau affectés à Mayotte postérieurement à l'abrogation de ce décret, et donc sans condition de durée de séjour, entrent dans le champ des dispositions transitoires du II de l'article 8 du décret du 28 octobre 2013 et avaient ainsi droit à l'indemnité dégressive que ces dispositions prévoient, pour une durée de quatre ans à compter de leur nouvelle affectation.
7. M. D invoque les dispositions du 3° de l'article 3 du décret du 27 novembre 1996 prévoyant le bénéfice d'une indemnité d'éloignement d'un montant de 11,5 mois de traitement indiciaire brut. Toutefois, réaffecté à Mayotte à compter du 1er septembre 2015, au cours de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016, il entrait dans le champ d'application des dispositions transitoires du II de l'article 8 du décret du 28 octobre 2013 dérogeant aux dispositions du 3° de l'article 3 du décret du 27 novembre 1996. Il ressort des pièces du dossier que conformément au III de l'article 8, il a conservé le bénéfice de l'indemnité d'éloignement à taux plein dans les conditions prévues par les dispositions alors applicables du décret du 27 novembre 1996 pour les fractions restant dues jusqu'au 31 août 2015. Il a ainsi perçu les deux versements d'indemnité historique à l'issue de son séjour règlementé de deux ans. Ayant prolongé son séjour à Mayotte à compter du 1er septembre 2015, il pouvait prétendre au bénéfice de quatre versements annuels au titre de l'indemnité dégressive, soit 7,5 mois de traitement indiciaire brut au titre de l'année 2015, 6 mois au titre de l'année 2016, puis 5 mois au titre de chacune des années 2017 et 2018. En refusant de lui accorder un montant supplémentaire à celui de 19.699,96 euros correspondant à 5 mois de traitement pour chacune des années 2017 et 2018, le recteur n'a pas fait une inexacte application des dispositions du II de l'article 8 du décret du 28 octobre 2013.
8. Il est vrai que la circulaire du 3 juillet 2018 DAFC1 n° 2018-0058 du ministre de l'éducation nationale prévoyait des dérogations aux dispositions impératives du II de l'article 8 du décret du 28 octobre 2013, en mettant en œuvre l'engagement pris par le Gouvernement auprès des fonctionnaires affectés à Mayotte en 2012 et en 2013 de maintenir, pendant deux années supplémentaires le bénéfice de l'indemnité d'éloignement à taux plein dans les conditions prévues par le décret du 27 novembre 1996. Toutefois, à supposer que le requérant ait entendu s'en prévaloir, ces dispositions ont été annulées comme entachées d'incompétence par une décision n° 426956 rendue le 30 janvier 2020 par le Conseil d'Etat.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le recteur de la Guyane sur sa demande tendant au paiement d'un montant complémentaire au titre de l'indemnité de sujétion géographique pour les années 2015, 2017 et 2018. Sa requête ne peut, dès lors, qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à la condamnation de l'Etat au paiement de la somme de 52.923,55 euros et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au recteur de l'académie de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023
La rapporteure,
Signé
M.T. C Le président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
M. A E
La République mande et ordonne au ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026