jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101463 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BELLEGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 8 novembre 2021, le 13 mai 2022 et le 17 octobre 2023, M. B F, représenté par Me Bellegou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Mme A a manqué à ses devoirs en tant qu'agent de l'Etat, en établissant une attestation diffamatoire violant son devoir de réserve, de neutralité et de probité et a donc commis une faute de service de nature à engager la responsabilité du recteur de l'académie de la Guyane ;
- le préjudice qu'il a subi en raison de cette faute a un caractère certain dès lors que toute procédure est portée à la connaissance de son bâtonnier, alors qu'il exerce la profession d'avocat.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 13 avril 2022 et le 2 juin 2022, le recteur de l'académie de la Guyane conclut au rejet de la requête, à ce qu'une amende soit infligée à
M. F sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que Mme A n'est pas un agent du rectorat de la Guyane, qu'en tout état de cause elle aurait commis une faute personnelle et que le préjudice invoqué par le requérant n'est pas établi.
La requête a été communiquée à Mme A qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de M. C, représentant le recteur de l'académie de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. M. F a contracté un contrat de pacte civil de solidarité (PACS) avec
Mme E. De leur union est né en octobre 2018 l'enfant Gaëtan. Le couple s'est séparé, le PACS qui les unissait a été rompu le 1er février 2020. M. F a déposé le 3 février 2020 une plainte contre Mme E pour soustraction d'enfant. Par un avis de classement à victime, le parquet du tribunal judiciaire de Paris a décidé de ne pas engager de poursuites pénales, tout en considérant que l'infraction était constituée. Dans le cadre de cette procédure, Mme E s'est notamment appuyée sur une attestation de Mme A rédigée à Saint-Laurent du Maroni (Guyane) le 2 février 2020, faisant état de tensions entre le couple, d'une part, et du fait que la répartition des tâches ménagères entre le couple n'était pas satisfaisante, d'autre part. Mme A attestait également avoir conseillé à Mme E de quitter le domicile conjugal pour se mettre en sécurité et de se signaler au commissariat " pour ne pas être dans l'illégalité ". Estimant que cette attestation portait atteinte à sa réputation et était diffamatoire, notamment en raison du fait qu'il n'avait quasiment jamais vu Mme A, et que, signée par une " professeure des écoles ", elle constitue une faute de nature à engager la responsabilité du recteur de l'académie de la Guyane, M. F a adressé au recteur de l'académie de Guyane une demande préalable indemnitaire reçue le 1er septembre 2021. Par la présente requête, M. F demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En se bornant à produire, d'une part, un extrait d'annuaire du ministère de l'éducation nationale faisant apparaître Mme A, contrairement à ce que soutient le requérant, comme rattachée à l'académie de Créteil et, d'autre part, des extraits de la page Facebook d'un M. D, présenté comme le compagnon de Mme A, décrite comme " un transfert du rectorat de Seine-Saint-Denis (), département où elle est arrivée le 1er septembre 2019 ", M. F ne conteste pas sérieusement l'affirmation du recteur de l'académie de la Guyane selon laquelle Mme A n'est pas rattachée à cette académie. En outre, il ressort des termes de l'attestation litigieuse qu'elle ne vise que la vie privée de Mme A et ne comporte aucun élément en lien avec le service. Ainsi, la circonstance que l'attestation litigieuse du 2 février 2020 ait été rédigée à Saint-Laurent du Maroni et que la profession indiquée par Mme A sur cette attestation soit " professeur des écoles " ne suffit pas à établir le lien entre Mme A et son service à l'académie de la Guyane. Dès lors, M. F n'est en tout état de cause pas fondé à rechercher la responsabilité du recteur de l'académie de la Guyane.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête de
M. F doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du recteur de l'académie de Guyane présentées sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du recteur de l'académie de la Guyane présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au recteur de l'académie de Guyane.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
S. PROSPER
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
M-Y METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026