vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ZZZZTSHEFU EMILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, Mme D B, représentée par Me Tshefu, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 313,84 euros au titre de ses frais de déplacement ainsi que 3 000 euros au titre de dommages et intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de Me Tshefu, la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a engagé des frais de déplacement en raison de ses fonctions exercées entre 2007 et 2012 à Saint-Georges de l'Oyapock, qu'elle a dûment rempli les formulaires nécessaires et a adressé au recteur de l'académie de la Guyane une demande d'autorisation d'utilisation de son véhicule personnel. Elle précise qu'elle n'a pas laissé échoir le délai de prescription.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, le recteur de l'académie de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, d'une part, que la requête est tardive depuis avril 2015 et, d'autre part, que le contentieux indemnitaire n'a pas été précédé d'une décision préalable.
Par un courrier du 2 février 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur deux moyens d'ordre public tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires au motif qu'elles tendent au même objet que les précédentes demandes de remboursement de frais ayant donné lieu à au moins une décision implicite de rejet non contestée par la voie du recours en excès de pouvoir et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'octroi de " dommages et intérêts " en l'absence de décision de nature à lier le contentieux sur ce point.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de M. A, représentant le rectorat de l'académie de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B était agent du ministère de l'éducation nationale. Dans ce cadre, elle indique avoir exposé des frais de déplacement entre septembre 2007 et août 2012, à hauteur de 15 313,84 euros. Elle en a demandé le remboursement à cinq reprises, le 4 décembre 2014, le 23 avril 2015, le 3 mai 2021, le 16 septembre 2021 et le 5 janvier 2022. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme 15 313,84 euros au titre de ses frais de déplacement ainsi que 3 000 euros au titre de dommages et intérêts.
2. Les dates de réception des demandes de remboursement de frais kilométriques formées par Mme B les 4 décembre 2014, 23 avril 2015 et 3 mai 2021 ne sont pas établies, de sorte que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée. Il résulte en revanche de l'instruction que, entre février et juin 2020, une agente du rectorat de l'académie de la Guyane instruisait la demande de remboursement formée par Mme B, laquelle avait d'ailleurs envoyé des documents à l'appui de sa demande reçus par le rectorat le 5 mars 2020. Dès lors, il doit être regardé comme établi que le recteur de l'académie de la Guyane avait reçu la demande de Mme B au plus tard le 2 juin 2020, date à laquelle il était indiqué à la requérante " en fonction du retour de Mme C, nous pourrons vous indiquer à quelle date le versement sera effectif ". Il n'est par ailleurs pas contesté que ce versement n'est finalement jamais intervenu. Dès lors, la demande de remboursement de frais formée par Mme B doit être regardée comme ayant fait l'objet, le 2 août 2020 au plus tard, d'une décision implicite de rejet, dont l'objet était purement pécuniaire. L'existence de la voie de recours dont disposait alors, et jusqu'au 3 octobre 2020 au plus tard, Mme B devant le tribunal administratif s'oppose à ce qu'elle engage devant le tribunal administratif une action indemnitaire mettant cette fois en cause la responsabilité du rectorat de l'académie de la Guyane. Cependant, par deux courriers des 16 septembre 2021, et 5 janvier 2022, reçus respectivement les 17 septembre 2021 et 5 janvier 2022, Mme B a de nouveau sollicité le versement de ces frais et se prévaut dans la présente requête, en ce qui concerne ces deux derniers courriers, de leur qualification de demandes préalables indemnitaires de nature à lier le contentieux. À supposer même que ces deux courriers puissent être regardés comme de telles demandes, alors qu'ils ne font état d'aucune faute ni d'aucun préjudice, les conclusions indemnitaires de la présente requête auraient donc, en réalité, le même objet que les précédentes demandes de remboursement de frais formées par Mme B, qui disposait d'une voie de recours contre la décision implicite rejetant sa demande. Elles sont donc entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées au demeurant au profit non de Mme B mais de Me Tshefu, alors que ce dernier n'est pas bénéficiaire de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au recteur de l'académie de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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