jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BENHAMIDA |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête enregistrée le 12 janvier 2022, sous le numéro 2200039,
M. A C, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du directeur régional des finances publiques de la Guyane du 13 novembre 2021 rejetant son recours contre des saisies administratives à tiers détenteur du 8 juillet 2021 d'un montant total de 210 557,84 euros ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes ;
3°) d'ordonner à l'Etat de lui rembourser les sommes perçues en exécution de ces saisies administratives à tiers détenteur ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- ni les saisies administratives à tiers détenteur litigieuses ni les titres de perception sur lesquels elles se fondent ne lui ont été notifiés ;
- les saisies administratives à tiers détenteur sont entachées d'insuffisance de motivation et ne comportent pas d'indication suffisante des bases de liquidation ;
- l'action en recouvrement est prescrite quelle que soit l'imposition concernée, de 2007 à 2015.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II/ Par une requête enregistrée le 12 janvier 2022, sous le numéro 2200040,
M. A C, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du directeur régional des finances publiques de la Guyane du 13 novembre 2021 rejetant son recours contre des saisies administratives à tiers détenteur du 8 juillet 2021 d'un montant total de 66 770 euros ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes ;
3°) d'ordonner à l'Etat de lui rembourser les sommes perçues en exécution de ces saisies administratives à tiers détenteur ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- ni les saisies administratives à tiers détenteur litigieuses ni les titres de perception sur lesquels elles se fondent ne lui ont été notifiés ;
- les saisies administratives à tiers détenteur sont entachées d'insuffisance de motivation et ne comporte pas d'indication suffisante des bases de liquidation ;
- l'action en recouvrement est prescrite pour les impositions litigieuses au titre des années 2013, 2015 et 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor,
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public,
- et les observations de M'Lanao, représentant M. C et de M. B, représentant le directeur régional des finances publiques de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. L'imposition de M. C est fixée par le service des impôts des particuliers de Cayenne. Le contribuable a fait l'objet d'avis de mise au rôle notamment pour les cotisations d'impôt sur le revenu et prélèvement sociaux au titre des années 2007, 2008, 2010, 2012, 2013, ainsi que pour la taxe foncière au titre des années 2014, 2015 ainsi que la taxe d'habitation au titre des années 2014 et 2015. À défaut de paiement par le contribuable, des poursuites fiscales ont été engagées par le Pôle de Recouvrement Spécialisé (PRS) de la Guyane pour recouvrer les sommes correspondantes. Par plusieurs décisions du 8 juillet 2021, le PRS de la Guyane a prononcé des saisies administratives à tiers détenteur et les a adressées à différentes banques de M. C, la BRED Banque populaire, BNP Paribas, la Caisse Nationale d'Epargne, le Crédit Agricole Martinique Guyane et le CIC Lyonnaise de Banque. Par les présentes requêtes, M. C demande au tribunal d'annuler les SATD relatives à l'impôt sur le revenu au titre des années 2007, 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013, de la taxe foncière et de la taxe d'habitation au titre des années 2014 et 2015. Il demande également au tribunal de le décharger de l'obligation de payer les sommes correspondantes et d'ordonner la restitution des sommes déjà perçues en exécution de ces décisions par l'administration.
Sur la jonction :
2. Les requêtes présentées par M. C concernent la situation d'un même contribuable, présentent à juger des questions communes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne les moyens relatifs à la forme des décisions attaquées :
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt./ Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199. ".
4. Il résulte de ces dispositions que les moyens relatifs à la régularité des impositions dont le recouvrement est poursuivi par l'administration fiscale ne peuvent être utilement invoqués à l'appui d'une demande tendant à la décharge de l'obligation de payer résultant d'un acte de poursuite formée dans les conditions prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Par suite, M. C ne peut utilement se prévaloir, au soutien de ses conclusions tendant à obtenir la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondant à ces saisies administratives à tiers détenteur, ni de leurs conditions de notification, qui sont au demeurant sans incidence sur leur légalité, ni d'un défaut de motivation de ces saisies, au motif qu'elles ne comporteraient pas l'indication des bases de leur liquidation et ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne la prescription des créances litigieuses :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. ". Aux termes de l'article L. 257-0-A du même livre : " () 3. La mise en demeure de payer interrompt la prescription de l'action en recouvrement. () ". Un avis à tiers détenteur n'est interruptif de prescription que s'il a été régulièrement notifié au tiers détenteur et au débiteur. Par ailleurs, aux termes de l'article 2240 du code civil : " La reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription ".
6. D'autre part, le versement de 25 000 euros par chèque du requérant est daté du
18 juillet 2008, soit antérieurement aux impositions litigieuses, tandis que les décisions d'octrois de délais de paiement de la dette fiscale du requérant ne sont rattachées à aucun impôt en particulier et ne peuvent donc avoir pour effet d'interrompre une prescription fiscale.
Quant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2007 :
7. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (104 113 euros) et à la majoration (10 411 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 53011, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le 31 décembre 2013 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 février 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er janvier 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 février 2018 en ce qui concerne la majoration de cet impôt. Cet impôt a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00015, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2007. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 53011, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2007, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux au titre de l'année 2007 :
8. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (27 176 euros, payés en totalité) et à la majoration (2 718 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 53201, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le 31 décembre 2013 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 31 janvier 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er janvier 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 1er février 2018 en ce qui concerne la majoration de cet impôt. La majoration de cet impôt a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00016, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2007. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 53201, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux au titre de l'année 2007, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2008 :
9. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (62 322 euros dont 40 835,31 déjà payés) et à la majoration (6 232 euros payés en totalité). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 92902, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le 31 octobre 2011 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 décembre 2011. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er janvier 2015. Cet impôt a fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017. Ces actes concernaient donc une créance prescrite et n'ont pu avoir pour effet d'interrompre la prescription, déjà acquise. Toutefois, la créance litigieuse a également fait l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu l'existence de cette dette le 2 juillet 2018. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2008, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010 selon les rôles 93302, 93303 et 93304 :
10. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (45 495 euros et 24 494 euros, dont 2 303,14 euros déjà payés) et à leurs majorations (4 550 euros, dont 2540,17 euros déjà payés et 2449 euros déjà payés). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative aux rôles 93302, 93303 et 93304, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le
31 décembre 2013 et celle de la mise en recouvrement des majorations le 15 mars 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était donc prescrite le 1er janvier 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 mars 2018 en ce qui concerne les majorations de cet impôt. Cet impôt a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00016, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur les rôles 93302, 93303 et 93304, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012 :
11. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (33 858 euros) et à la majoration (3 386 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 91701, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le 30 avril 2015 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 juin 2015. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er mai 2019 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 juin 2019 en ce qui concerne la majoration de cet impôt. Cet impôt a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00018, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 91701 a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013 :
12. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (25 354 euros) et à la majoration (2 535 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 91702, que la date de mise en recouvrement de l'impôt au principal est le 30 avril 2015 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 juin 2015. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er mai 2019 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 juin 2019 en ce qui concerne la majoration de cet impôt. Cet impôt a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du
2 septembre 2016 portant la référence 1M00019, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2012. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 91702 a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires de taxes foncières au titre de l'année 2014 :
13. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (1 376 euros, déjà versés) et à la majoration (138 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 22101, que la date de mise en recouvrement de la taxe au principal est le 31 août 2014 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 octobre 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er septembre 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 octobre 2018 en ce qui concerne la majoration de cette taxe. Cette taxe a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00017, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du
2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de la taxe foncière au titre de l'année 2014. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 22101, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires de taxe foncière au titre de l'année 2014, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires de taxe d'habitation au titre de l'année 2014 :
14. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (1 376 euros, déjà versés) et à la majoration (138 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 78001, que la date de mise en recouvrement de la taxe au principal est le 31 octobre 2014 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 décembre 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er novembre 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 décembre 2018 en ce qui concerne la majoration de cette taxe. Cette taxe a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00017, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du
2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de la taxe foncière au titre de l'année 2014. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 78001, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires de taxe d'habitation au titre de l'année 2014, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires de taxes foncières au titre de l'année 2015 :
15. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (1 388 euros, déjà versés) et à la majoration (139 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 22101, que la date de mise en recouvrement de la taxe au principal est le 31 août 2014 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 octobre 2014. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er septembre 2018 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 octobre 2018 en ce qui concerne la majoration de cette taxe. Cette taxe a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du 4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00017, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du
2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de la taxe foncière au titre de l'année 2014. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 22101, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires de taxe foncière au titre de l'année 2015, porte sur une créance prescrite.
Quant aux cotisations supplémentaires de taxe d'habitation au titre de l'année 2015 :
16. La lettre adressée par l'huissier des finances publiques le 11 août 2021 porte simplement sur l'addition des montants relatifs à la créance au principal (100 euros, déjà versés) et à la majoration (10 euros). Contrairement à ce que soutient le requérant, les montants des différents courriers entre le 9 juillet 2021 et le 11 août 2021 sont donc identiques. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment de la mise en demeure du 9 juillet 2021 relative au rôle 77001, que la date de mise en recouvrement de la taxe au principal est le 30 septembre 2015 et celle de la mise en recouvrement de la majoration le 15 novembre 2015. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales que cette créance était prescrite le 1er octobre 2019 en ce qui concerne la créance au principal et le 16 novembre 2019 en ce qui concerne la majoration de cette taxe. Cette taxe a cependant, avant ces dates, fait l'objet d'une mise en demeure du 2 septembre 2016 puis d'une saisie administrative à tiers détenteur du
4 décembre 2017 avant de faire l'objet d'un échéancier de paiement de la dette fiscale, signé par le requérant, qui a donc reconnu sa dette fiscale, le 2 juillet 2018. Si M. C soutient qu'il n'a pas reçu la mise en demeure du 2 septembre 2016 portant la référence 1M00018, il résulte de l'instruction qu'elle lui a été adressée par lettre recommandée à l'adresse qu'il a constamment déclarée au service des impôts et qui a été utilisée également par l'huissier des finances publiques. Le pli a été présenté le 3 octobre 2016 à cette adresse. Dans ces conditions, la mise en demeure du 2 septembre 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement de la créance résultant de la taxe foncière au titre de l'année 2014. La reconnaissance de dettes du 2 juillet 2018, signée par le requérant et portant expressément notamment sur le rôle 77001, a également eu cet effet. Par suite, la prescription de l'action en recouvrement a recommencé à courir à compter du 2 juillet 2018 et n'était pas acquise le 9 juillet 2021. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 9 juillet 2021, en tant qu'il concerne les cotisations supplémentaires de taxe d'habitation au titre de l'année 2015, porte sur une créance prescrite.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est, en tout état de cause, pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées ni, par voie de conséquence, à obtenir la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes et la restitution des sommes déjà perçues en exécution de ces décisions par l'administration.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, les sommes demandées par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C les sommes demandées par l'Etat au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2200039 et 2200040 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de l'Etat présentées sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur régional des finances publiques de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Nos 2200039, 2200040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026