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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200507

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200507

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200507
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPHILIP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 mai 2022 et le 20 juillet 2022,

la SARL Sardanapale, représentée par Me Philip, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 en raison des bâtiments implantés sur la parcelle dont elle est propriétaire, située section BC36 à Cayenne ;

2°) de faire constater la superficie et l'affectation des locaux litigieux ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'en maintenant l'évaluation de deux fractions de propriété affectées à un usage d'habitation et en ajoutant une troisième fraction de propriété, alors même que les locaux n'ont subi aucune modification de leur surface, l'administration fiscale a procédé à une double imposition des mêmes surfaces.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

L'affaire a été renvoyée en formation collégiale, en application des dispositions de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gillmann a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Sardanapale est propriétaire depuis 2005 d'une parcelle située section BC36 à Cayenne et sur laquelle sont implantés des bâtiments qu'elle loue à la SA LFMP or. Au titre de l'année 2020, la SARL Sardanapale a été assujettie à des cotisations de taxe foncière à hauteur de 8 673 euros. A la suite du rejet implicite de sa réclamation préalable,

la SARL Sardanapale demande au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties (), est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1517 de ce code, dans sa version applicable au litige : " I. - 1. Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties () ".

3. La SARL Sardanapale soutient que l'administration fiscale a procédé à une double imposition des mêmes surfaces au titre de l'année 2020, dès lors qu'elle a maintenu l'évaluation de deux fractions de propriété affectées à un usage d'habitation en y ajoutant une troisième fraction de propriété alors même que les locaux dont elle est propriétaire n'ont subi aucune modification physique de leur surface.

4. En application des dispositions de l'article 1517 du code général des impôts, l'administration fiscale est en droit, si elle s'y croit fondée, de modifier chaque année les éléments concourant à la détermination de la valeur locative d'un local pour l'établissement de l'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une demande émanant du service des impôts des entreprises, l'administration fiscale a, à partir de 2018, imposé deux maisons et un local professionnel alors même qu'elle imposait, les années précédentes, à la société intéressée deux maisons sur la parcelle litigieuse. Il ne résulte pas de l'instruction que la SARL Sardanapale, qui ne remet pas en cause en cause l'usage professionnel d'une fraction de sa propriété, ait contesté, à la suite d'une lettre du 26 juin 2019 du pôle évaluation des locaux professionnels, la modification des fractions de propriété prises en compte. Par les pièces qu'elle produit, qui ne permettent pas de faire état de la configuration de sa propriété au moment de l'imposition, en dépit de la mesure d'instruction sollicitée en ce sens par le tribunal le 11 octobre 2023, la société requérante n'établit pas que l'administration fiscale aurait imposé deux fois une même surface. Par suite, la SARL Sardanapale n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale a procédé à une double imposition en raison des bâtiments situés sur la parcelle dont elle est propriétaire.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Sardanapale doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Sardanapale est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Sardanapale et au directeur régional des finances publiques de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. GILLMANN

Le président,

Signé

O. GUISERIX La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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