jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200537 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Elevage tourisme vert Macouria demande au tribunal :
1°) de lui accorder le remboursement d'un crédit d'impôt pour l'investissement productif outre-mer au titre de l'année 2020 demandé sur la partie relative à la production immobilisée ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme exposée par elle en cours d'instance au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'était pas dans une démarche contentieuse et qu'il s'agit d'une demande de remboursement d'un crédit d'impôt ;
- la nature des actifs investis sur lesquels l'administration a refusé de faire droit à sa demande de remboursement du crédit d'impôt fait qu'aucune facture n'a pu être établie pour justifier de leur valeur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques de Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 11 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dès lors que ces conclusions ne sont pas chiffrées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Elevage tourisme vert Macouria est spécialisée dans l'élevage de bovins et de buffles. La société intéressée a formé une demande auprès de l'administration fiscale,
le 1er décembre 2021, afin que lui soit remboursé la somme de 179 314 euros au titre du crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs réalisés dans un département d'outre-mer en 2020. Par une décision du 17 février 2022, le directeur régional des finances publiques de Guyane lui a accordé le remboursement d'une somme de 63 296,25 euros et a rejeté le surplus de la demande au motif de la non-production de factures en ce qui concerne les dépenses d'acquisition de pâturages, de génisses et de canaux de drainage et d'irrigation. Par la présente requête, la SAS Elevage tourisme vert Macouria demande à ce qui lui soit accordé le remboursement de ce crédit d'impôt sur la partie relative à la production immobilisée.
2. Aux termes de l'article 244 quater W du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - 1. Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A et 44 duodecies à 44 septdecies, exerçant une activité agricole (), peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs qu'elles réalisent dans un département d'outre-mer pour l'exercice d'une activité ne relevant pas de l'un des secteurs énumérés aux a à l du I de l'article 199 undecies B, à l'exception des activités mentionnées au I quater du même article 199 undecies B. () / II. . - 1. Le crédit d'impôt est assis sur le montant, hors taxes et hors frais de toute nature, notamment les commissions d'acquisition, à l'exception des frais de transport, d'installation et de mise en service amortissables, des investissements productifs, diminué de la fraction de leur prix de revient financée par une aide publique. () ". Aux termes de l'article 49 septies ZZL de l'annexe III du code général des impôts : " Les investissements productifs neufs réalisés dans les départements d'outre-mer qui ouvrent droit au crédit d'impôt prévu au I de l'article 244 quater W du code général des impôts sont les acquisitions ou créations d'immobilisations corporelles, neuves et amortissables, affectées aux activités relevant des secteurs éligibles en vertu des dispositions du I de l'article 199 undecies B du code général des impôts ". Aux termes de l'article 49 septies ZZR de l'annexe III du même code : " 1. Pour l'application des dispositions des articles () 244 quater W du code général des impôts, les entreprises souscrivent une déclaration spéciale conforme au modèle établi par l'administration, qu'elles déposent auprès du service des impôts dont elles dépendent, au titre de l'exercice au cours duquel l'investissement est mis en service () ".
3. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, qu'une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater W du code général des impôts.
4. La SAS Elevage tourisme vert Macouria soutient qu'aucune facture ne pouvait être établie en raison de la nature des actifs investis et qu'elle a produit à l'administration fiscale, afin de justifier de leur réalité et d'en apprécier la cohérence de valorisation des plans de localisation, des coordonnées GPS, des photos avant et après réalisation, des pages du référentiel économique 2019, des devis de prestataires externes pour justifier des bases de calcul retenus en ce qui concerne les pâturages, canaux de drainage et d'irrigation, les piste et clôture, la copie des passeports, la liste des nouvelles génisses affectées à la reproduction en 2020, ainsi que les devis de prestataires externes pour justifier des bases de calcul retenues en ce qui concerne les génisses. Toutefois, dans sa requête, la société requérante ne produit que les devis de prestaires externes, ainsi que les passeports et la liste des génisses acquises qui ne permettent pas de justifier la valeur réelle de ces investissements, au regard, notamment du récapitulatif des investissements d'une valeur de 369 200 euros fourni à l'administration. Dans ces conditions, la SAS Elevage tourisme vert Macouria n'est pas fondée à soutenir qu'elle pouvait bénéficier du crédit d'impôt prévu par les dispositions de l'article 244 quater W du code général des impôts en ce qui concerne les investissements litigieux. En tout état de cause, l'administration fiscale fait valoir, sans être contredite, que le défrichement d'une zone de cinquante hectares suivis de la création de canaux de drainage et de piste ainsi que la mise en pâturage de l'ensemble ainsi constitué dans un espace clôturé tend vers une élévation de la valeur de l'exploitation ce qui a pour effet d'exclure ces investissement du bénéfice du crédit d'impôt sollicité.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article 38 sexdecies D du code général des impôts : " () / II. - Peuvent être considérés comme des immobilisations amortissables () les bovidés () affectés exclusivement à la reproduction (). / Tous les autres animaux, y compris ceux nés dans l'exploitation, sont obligatoirement compris dans les stock ".
6. L'administration fiscale fait valoir, sans être contredite, que le troupeau de trente génisses affectées à la reproduction, évalué forfaitairement à 1 000 euros par têtes, était comptabilisé à l'actif du bilan dans un compte de stocks. Dès lors, cette partie du cheptel n'a pas le caractère d'un investissement productif neuf au sens des dispositions de l'article 244 quater W du code général des impôts.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Elevage tourisme vert Macouria doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles, au demeurant irrecevables car non chiffrées, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Elevage tourisme vert Macouria est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Elevage tourisme vert Macouria et au directeur régional des finances publiques de Guyane.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANN
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
L. MAYEN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026