mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200540 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 9 mai 2022 et
12 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Grelet, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Cayenne à lui verser les sommes provisionnelles de 40 449,54 euros pour du préjudice matériel résultant de l'inondation du 18 mai 2020,
24 090,72 euros pour le préjudice matériel résultant de l'inondation du 12 janvier 2021 et
5 000 euros au titre de son préjudice de jouissance, assorties des intérêts au taux légal à compter de la date de la première demande préalable ;
2°) d'ordonner à la commune de Cayenne d'inscrire ces sommes au budget des dépenses de l'année 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cayenne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Il soutient que :
- que l'obligation d'indemnisation pesant sur la commune de Cayenne n'est pas sérieusement contestable ;
- la commune est intégralement responsable des dommages subis, sur cette base il a adressé des demandes indemnitaires à la commune.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 juillet 2022 et 7 octobre 2022, la commune de Cayenne conclut :
- au rejet de la requête ;
- à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, elle n'a pas été précédée d'une demande indemnitaire préalable et que les moyens sont dépourvus de fondement ;
- sa responsabilité n'est pas totalement établie, le requérant a une part de responsabilité dans la survenance des dommages ainsi que la force majeure ;
- elle doit être mise hors de cause, seule la CACL étant compétente en matière de gestion des eaux pluviales et des cours d'eaux, conformément à l'article L. 5215-20 du code général des collectivités territoriales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. M. B est propriétaire d'un immeuble situé 36 avenue Charlery Villa 3 à Cayenne. Lors de deux évènements pluvieux survenus respectivement les 18 mai 2020 et
12 janvier 2021, sa propriété a subi des dommages, qu'il attribue une défaillance du système d'évacuation des eaux pluviales. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de condamner la commune de Cayenne à lui verser une provision d'un montant de 69 540,26 euros.
Sur la demande de mise hors de cause de la commune de Cayenne :
3. Aux termes de l'article L. 5215-20 du code général des collectivités territoriales : " I.- La communauté urbaine exerce de plein droit, au lieu et place des communs membres, les compétences suivantes : () / 5° En matière de gestion des services d'intérêt collectif : / a) Assainissement des eaux usées, dans les conditions prévues à l'article L. 2224-8, gestion des eaux pluviales urbaines au sens de l'article L. 2226-1 et eau ; () ". Aux termes de l'article L. 5215-39 du code général des collectivités territoriales : " A compter de la date du transfert des compétences à la communauté urbaine, celle-ci prend en charge le service de la dette des communes, syndicats de communes compris dans l'agglomération, ainsi que les obligations de ces collectivités ou établissements publics à raison des compétences transférées. () ".
4. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 29 septembre 2016, portant sur la modification des statuts de la communauté d'agglomération du centre littoral (CACL), la compétence " Assainissement et gestion des eaux pluviales " de la commune de Cayenne a été transférée à la CACL. M. B peut donc rechercher la responsabilité de la communauté d'agglomération à raison d'un éventuel défaut du réseaux d'évacuation des eaux pluviales. Par suite, compte tenu du transfert de compétence opéré, la commune de Cayenne ne saurait être reconnue responsable du sinistre attribué à une défaillance du système d'évacuation des eaux pluviales.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête visant la commune de Cayenne étant mal dirigées, M. B n'est pas fondé, en tout état de cause, à obtenir le versement par cette commune d'une provision d'un montant de 69 540,26 euros à valoir sur l'indemnisation de son préjudice.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cayenne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu en l'espèce de condamner le requérant à verser à une somme à la commune sur le fondement de ces mêmes dispositions, faute pour
celle-ci de justifier des frais engagés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Cayenne sur le fondement des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Cayenne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le juge des référés,
Signé
L. MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026