vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200647 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FRANCOIS ENDELMOND PARFAIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, M. B A, représenté par
Me François Endelmond Parfait, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Cayenne à lui verser la somme de 6 300 euros en réparation de son préjudice corporel subi à la suite de l'intervention du 17 août 2017 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cayenne la somme de 1 525 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient qu'en tentant d'ôter du matériel orthopédique de son pouce gauche et non de son auriculaire gauche, le centre hospitalier de Cayenne a commis une faute le 17 août 2017 de nature à engager sa responsabilité de sorte qu'il doit être condamné à lui verser les sommes suivantes :
- 900 euros au titre de l'atteinte à son intégrité physique et psychique ;
- 400 euros au titre de sa gêne temporaire partielle ;
- 3 000 euros au titre de ses souffrances endurées ;
- 2 000 euros au titre de son préjudice esthétique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, le centre hospitalier de Cayenne, représenté par Me Fort-Ortet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de
M. A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que, s'il est responsable de la faute commise le 17 août 2017, aucun préjudice n'a été spécifiquement causé par cette faute, les préjudices invoqués par le requérant étant principalement imputables à son accident de la voie publique et dans une moindre mesure à une arthropathie dégénérative débutante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été victime d'un accident de la voie publique le 7 février 2017. Il a été hospitalisé au centre hospitalier de Cayenne (CHAR) le jour même et y a subi le lendemain une chirurgie avec pose de plusieurs broches sur l'auriculaire de la main gauche. Le 17 août 2017, il a de nouveau été opéré au CHAR pour ablation de ces broches mais par erreur il a d'abord été tenté de retirer des broches de son pouce gauche et non de son auriculaire gauche. Estimant qu'il avait subi divers préjudices corporels en raison de cette erreur, M. A a adressé le 18 février 2022 au CHAR une demande indemnitaire. Cette demande a été été expressément rejetée par le CHAR par une décision du 15 avril 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner le CHAR à lui verser la somme de 6 300 euros en réparation du préjudice corporel qu'il a subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. M. A a été victime le 7 février 2017 d'un accident de la circulation et a alors été hospitalisé au CHAR où il a été opéré de la main gauche en raison de plusieurs fractures. A cette occasion a été implanté du matériel orthopédique dans son auriculaire gauche.
3. M. A soutient que le CHAR a commis une faute de nature à engager sa responsabilité par la suite, le 17 août 2017, car le chirurgien chargé de retirer le matériel orthopédique qui lui avait été posé, a commis une erreur en tentant dans un premier temps de retirer ce matériel du pouce gauche, alors qu'il avait été implanté dans l'auriculaire gauche. Cette erreur, qui résulte en effet de l'instruction et qui est reconnue par le CHAR est de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier.
En ce qui concerne les préjudices :
Quant à l'Atteinte à l'Intégrité Physique et Psychique (AIPP) :
4. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise médicale diligentée par le Docteur D en mai 2018 que, en raison de l'erreur médical commise le 17 août 2017,
M. A, gaucher, a subi une limitation de flexion et extension de l'articulation
métacarpo-phalangienne du pouce gauche devant être évaluée à une AIPP de 3%. En affirmant que " un tel acte chirurgical ne peut pas entrainer de séquelles définitives à type de raideur de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce en l'absence de complications ", le CHAR, qui produit une expertise du Professeur C du 4 novembre 2019, n'établit pas l'absence d'AIPP. Il sera fait une juste appréciation de l'indemnisation de ce préjudice en la fixant à 5 000 euros compte tenu du fait que le requérant était âgé de 65 ans le 17 août 2017.
Quant à la gêne temporaire partielle :
5. Ainsi qu'il a été dit au point 3, la faute commise par le CHAR a été commise le
17 août 2017. Par conséquent, seule la gêne consécutive à cette opération, le 17 août 2017, peut, le cas échéant, donner lieu à indemnisation. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise médicale diligentée par le Docteur D, que M. A a subi une gêne temporaire partielle de classe I pendant 6 mois, entre le 6 mars 2017 et le 7 septembre 2017. Cette gêne est donc consécutive à l'accident de la voie publique du 7 février 2017. Il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait subi une gêne temporaire partielle exclusivement liée à la faute commise le
17 août 2017. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à demander au CHAR réparation de ce poste de préjudice.
Quant aux souffrances endurées :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise médicale diligentée par le Docteur D, que M. A a enduré des souffrances à l'occasion des deux opérations des
8 février et 17 août 2017. Les souffrances endurées à l'occasion de la première opération ont nécessairement été causées par l'accident de la voie publique et non par la faute du CHAR le
17 août 2017. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les souffrances endurées à l'occasion de la seconde opération, rendue nécessaire également du fait de l'accident de la voie publique, soient imputables à la faute commise par le CHAR. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à demander au CHAR réparation de ce poste de préjudice.
Quant au préjudice esthétique :
7. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise médicale diligentée par le Docteur D, que la faute commise le 17 août 2017 n'a causé que des cicatrices " peu visibles " tandis que, selon cette même expertise, dont se prévaut M. A, " le préjudice esthétique est lié principalement au flessum irréductible de l'auriculaire gauche () et cette augmentation de volume de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce gauche ". Le requérant n'apporte toutefois aucun élément ou précision permettant d'identifier un préjudice esthétique exclusivement en rapport avec la faute commise. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé non plus à demander au CHAR réparation de ce poste de préjudice.
8. Il résulte de ce qui précède que le CHAR doit être condamné à verser à M. A la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice corporel.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Cayenne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier de Cayenne une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Cayenne est condamné à verser à M. A la somme de
5 000 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier de Cayenne versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions du centre hospitalier de Cayenne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Cayenne.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026