jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200691 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | COMPPER-GAUDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 mai 2022, le 14 juin 2022, le 28 juin 2022 et le 11 octobre 2022, l'association Audiovisuel Discovery, représentée par Me Compper Gaudy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur n° REP ADCE-19-2600007899 18 1020 émise à son encontre par la direction régionale des finances publiques de Guyane le 6 mai 2022 en vue d'obtenir le recouvrement de la somme de 17 600 euros correspondant à la demande de remboursement de la subvention fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- M. A est le président de l'association et donc de Radio Mayouri Campus ;
- elle n'a pas reçu la notification par un huissier dans un délai de huit jours ;
- elle a fait parvenir, de façon tardive, les documents demandés pour justifier de l'utilisation de la subvention et celle-ci a été utilisée pour l'installation de l'antenne de Saint-Laurent du Maroni ;
- elle est de bonne foi et n'a rien caché sur les difficultés rencontrées et s'est même engagée en signant une demande d'octroi de délai de paiement ;
- le titre de perception du 13 juin 2019 et la mise en demeure du 27 avril 2021 ont été envoyés à une adresse erronée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de Guyane, conclut à son incompétence et laisse au soin du tribunal d'apprécier le caractère abusif de la requête de l'association Audiovisuel Discovery.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est signée es qualité de président du réseau Radio Mayouri Campus et non en tant que président de l'association Audiovisuel Discovery ;
- en vertu du principe de séparation du comptable et de l'ordonnateur, la requête relève du ministère de la culture ;
- les autres moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Une mise en demeure de produire a été adressée le 1er décembre 2023 à la ministre de la culture qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier du 13 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tenant à l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur le moyen relatif à l'absence de notification de la saisie administrative à tiers détenteur par un huissier dans un délai de huit jours, qui relève de la compétence du juge judiciaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Audiovisuel Discovery a été créée en 2011 et appartient au réseau Radio Mayouri Campus. Par une décision du 29 mars 2018, la ministre de la culture lui a octroyé une subvention de 16 000 euros au titre de l'installation fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER). Le directeur régional des finances publiques de Guyane a émis à l'encontre de l'association, le 13 juin 2019, un titre de perception n° 102000 002 001 075 485127 2019 0000374 pour un montant de 16 000 euros ayant pour objet une demande de remboursement de cette subvention. Par une lettre du 27 avril 2021, le comptable public l'a mise en demeure de payer cette somme, ainsi qu'une majoration de 1 600 euros. Une saisie administrative à tiers détenteur n° REP ADCE-19-2600007899 18 1020 a été émise le 6 mai 2022 en vue d'obtenir le recouvrement de la somme de 17 600 euros. Par la présente requête, l'association Audiovisuel Discovery demande au tribunal d'annuler cette saisie administrative à tiers détenteur.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, la ministre de la culture n'a produit aucun mémoire avant la clôture de l'instruction. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au tribunal de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est sans conséquence sur leur qualification juridique au regard des textes qui fondent la décision en litige et sur le contrôle, par le juge, de l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration.
Sur l'incompétence de la juridiction administrative s'agissant du moyen tiré de l'irrégularité de la notification :
4. Aux termes de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre. () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. / Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / b) Pour les créances non fiscales de l'Etat (), devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; () ".
5. L'association requérante soutient notamment qu'elle n'a " pas reçu comme l'exige la loi de notification par un huissier dans un délai de huit jours ". Il s'ensuit que ce moyen, au demeurant non assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, porte uniquement sur la régularité en la forme de cet acte de poursuite. Par suite, celui-ci doit être écarté comme irrecevable en ce que la juridiction administrative est incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la saisie administrative à tier détenteur :
6. En premier lieu, d'une part, l'association Audiovisuel Discovery ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que le titre de perception émis le 13 juin 2019 et la mise en demeure en date du 27 avril 2021 ont été notifiés à une adresse erronée dès lors que les conditions de notification de ces documents sont sans incidence sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. D'autre part, l'association intéressée ne peut utilement soutenir qu'elle a fait parvenir, de façon tardive, les documents demandés pour justifier de l'utilisation de la subvention et que celle-ci a été utilisée pour l'installation de l'antenne de Saint-Laurent du Maroni. Ce moyen ayant trait au bien-fondé de la créance et doit, par suite, être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article 120 du décret du 7 novembre 2012 : " Le comptable chargé du recouvrement des titres de perception peut consentir, sur demande du redevable qui est dans l'impossibilité de payer par suite d'une gêne ou d'indigence, des remises sur la somme en principal dans la limite, pour une même créance, d'un montant de 76 000 €. () ".
8. S'il résulte de l'instruction que l'association requérante a formulé une demande de délai de paiement le 13 octobre 2021, elle ne produit aucun élément justifiant que le directeur régional des finances publiques a donné une suite favorable à cette demande. Ainsi, la créance était exigible et le moyen doit, par suite, être écarté. Par ailleurs, si l'association Audiovisuel Discovery indique au tribunal que cette procédure la mettrait en grave danger, sur le plan financier et humain, d'autant plus dans le contexte post-Covid, il lui appartient, si elle s'y croit fondée de demander auprès du comptable une remise sur la somme en principal en application des dispositions précitées de l'article 120 du décret du 7 novembre 2012.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de
non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques de Guyane, que les conclusions tendant à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise à l'encontre de l'association Audiovisuel Discovery doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Audiovisuel Discovery est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Audiovisuel Discovery, au directeur régional des finances publiques de Guyane et à la ministre de la culture.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANN
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne à la ministre de la culture et au ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026