jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP MARIEMA - BOUCHET & BOUCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 21 juillet 2022 et le 19 février 2024, la SAS Scierie Oyapock, représentée par Me Bouchet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juin 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de lui appliquer la contribution spéciale pour un montant de 7 460 euros et la contribution forfaitaire pour un montant de 421 euros ;
2°) de la décharger du paiement de la somme totale de 7 881 euros au titre des contributions spéciales et forfaitaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 7 juin 2022 est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée au pénal ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la contribution forfaitaire ne pouvait être mise à sa charge en l'absence de réacheminement de la personne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deleplancque ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bouchet, représentant de la SAS Scierie Oyapock.
L'OFII n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 février 2022, des agents de la police ont procédé à un contrôle au sein de la scierie située Piste Maripa à Saint-Georges. Au terme de ce contrôle, un procès-verbal constatant la présence d'un étranger en situation irrégulière de travail a été dressé par les agents de la police. Par une décision du 7 juin 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la SAS Scierie Oyapock une somme totale de 7 881 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger prévue aux articles L. 822-2 à L. 822-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, la SAS Scierie Oyapock demande au tribunal d'annuler la décision du 7 juin 2022 et de prononcer la décharge du paiement de la somme de 7 881 euros.
2. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. () / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. ". Aux termes de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger. ".
3. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail ainsi que de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir les contributions, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point 2, ou en décharger l'employeur.
4. Il résulte de l'instruction et notamment des procès-verbaux établis les 7, 8 et 15 février 2022, que les services de police ont constaté la présence de M. A B, ressortissant brésilien démuni de titre lui autorisant le travail et le séjour sur le territoire français, au sein de la scierie située Piste Maripa à Saint-Georges. Si l'OFII fait valoir que l'intéressé était employé par la SAS Scierie Oyapock, il résulte toutefois de l'instruction que ce dernier intervenait ponctuellement au sein de la scierie pour le compte de la société S.E.F.E.G, personne morale distincte exerçant une activité sur le même site que la société requérante, afin de procéder à la réparation de machines en cas de panne. À cet égard, la société requérante produit des factures établies par l'entreprise brésilienne Oficina do Toto à destination de la société S.E.F.E.G pour les services effectués par M. A B. Par ailleurs, la seule mention de M. A B attestant qu'il recevait des explications sur les tâches à accomplir par le chef d'atelier, dont il n'est pas démontré qu'il intervenait pour le compte de la SAS Scierie Oyapock, ne permet pas de démontrer qu'il se serait placé dans un lien de subordination vis-à-vis de cette dernière. En outre, s'il résulte de l'instruction que la société S.E.F.E.G a effectué, en octobre 2021, des démarches auprès de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (URSAFF) en vue de régulariser la situation de M. A B et que dans l'attente de l'obtention d'un titre de séjour il a été décidé de procéder à la facturation de ses prestations, ces éléments ne concernent pas la société requérante dont l'activité est distincte. Dans ces conditions, l'existence d'un lien de subordination et d'une relation de travail entre la SAS Scierie Oyapock et M. A B n'apparaît pas suffisamment établie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la SAS Scierie Oyapock est fondée à demander l'annulation de la décision du 7 juin 2022 et à être déchargée du paiement de la somme totale de 7 881 euros au titre des contributions spéciales et forfaitaires.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 200 euros à la SAS Scierie Oyapock au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 juin 2022 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est annulée.
Article 2 : La SAS Scierie Oyapock est déchargée du paiement de la somme totale de 7 881 euros.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 1 200 euros à la SAS Scierie Oyapock au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Scierie Oyapock et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
C. DELEPLANCQUE
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026