jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201259 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUILLAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés le 14 septembre 2022, le 7 avril et le
8 septembre 2023 et le 22 janvier 2024, la SARL Fauvette, représentée par Me Guillaume, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de la somme de 8 146 euros mise par le directeur régional des finances publiques de la Guyane en raison de taxes foncières au titre des années 2011 à
2017;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle n'est pas redevable de la somme litigieuse car les avis d'impositions de taxes foncières de 2011 à 2017 ne lui ont pas été adressées préalablement à leur mise en recouvrement ;
- elle avait déclaré le changement d'adresse de son siège sociale dès 2010 au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris, avant de faire des déclarations fiscales de résultat comportant la bonne adresse du siège ;
- les créances fiscales litigieuses sont prescrites.
Par trois mémoires en défense enregistrés le 8 mars, le 20 juillet et le 11 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête contentieuse n'a pas été précédée d'une réclamation préalable et est en tout état de cause tardive, et, à titre subsidiaire, que les créances ne sont pas prescrites et sont exigibles, la SARL Fauvette ne lui ayant pas déclaré le changement d'adresse de son siège social.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Schor en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Fauvette a comme activité l'acquisition et la location de biens immobiliers meublés. Elle a été propriétaire jusqu'au 9 novembre 2020, date à laquelle le bien a été cédé à un tiers, notamment d'un bien immobilier sis à Cayenne. A l'occasion de son assemblée générale du 1er décembre 2010, le siège social de la SARL Fauvette a été transféré à compter de cette date du 119 bis, rue de Colombes à Asnières (92600) au 18 bis, rue d'Anjou à Paris (75008). Par un courrier de notification de saisie administrative à tiers détenteur (SATD) du 9 décembre 2021, le Service des Impôts des Particuliers (SIP) de Cayenne l'a informée qu'elle restait redevable de la somme de 8 146 euros correspondant à sept avis de taxes foncières au titre des années 2011 à 2017 pour 7 404 euros en droits, majorés de 10% et qu'en conséquence il était pratiqué le même jour une saisie à tiers détenteur sur le compte bancaire ouvert au nom de la société auprès de la banque CIC à Paris. Par une réclamation contentieuse reçue par le SIP de Cayenne le 14 février 2022, la SARL Fauvette a demandé le dégrèvement et la restitution de la somme de 8 146 euros, au motif que cette SATD était irrégulière, aucun avis d'imposition de taxe foncière pour les années 2011 à 2017 ne lui ayant préalablement été notifié. Par la présente requête, la SARL Fauvette demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 8 146 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. /Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article
L. 199 ; () ".
3. Il ressort des écritures de la SARL Fauvette tant devant le SIP de Cayenne que devant le présent tribunal qu'elle conteste être redevable de la somme de 8 146 euros mise à sa charge par la SATD du 9 décembre 2021. Elle indique néanmoins qu'elle a régulièrement acquitté les taxes foncières au titre des années 2018, 2019 et 2020, dont les avis lui ont été correctement notifiés à l'adresse de son siège social rue d'Anjou à Paris et précise que " si les avis d'imposition avaient été normalement émis () l'exigibilité des sommes correspondantes n'aurait jamais été contestée. " et que " elle aurait évidemment accepté de les régler en temps et en heure, comme elle l'a fait pour les avis de taxe foncière reçus normalement pour les années 2018, 2019 et 2020, puisqu'elle n'a jamais contesté être propriétaire d'un appartement sis à Cayenne (56 avenue Pasteur) depuis son acquisition le 30/12/2005 jusqu'à sa cession le 09/11/2020. ". La contestation de la SARL Fauvette, qui tend à la décharge de la somme fixée par la saisie administrative à tiers détenteur du 9 décembre 2021, porte donc sur l'exigibilité de la somme réclamée et, s'agissant d'une créance fiscale, est portée devant le juge de l'impôt en vertu des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
4. L'administration fiscale fait valoir d'une part que la requête n'a pas été précédée d'une réclamation préalable et d'autre part que la requête, introduite le 14 septembre 2022, alors que le silence gardé sur la réclamation contentieuse du 14 février 2022 a fait naître une décision implicite de rejet le 14 avril 2022, est tardive.
5. En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée d'un défaut de présentation d'une réclamation préalable à l'introduction de la requête, il résulte de l'instruction que cette réclamation a été reçue par le SIP de Cayenne le 14 février 2022, de sorte que la fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
6. En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, ainsi que le soutient en réplique la SARL Fauvette, aux termes de l'article R. 281-4 du livre des procédures fiscales : " Le chef de service se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir: a) soit de la notification de la décision du chef de service; b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service pour prendre sa décision. / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. Elle doit être dirigée contre le comptable chargé du recouvrement ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative: " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
7. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le livre des procédures fiscales, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
8. Les règles énoncées au point 7, relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel, qui ne peut en règle générale excéder un an sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, sont également applicables à la contestation d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision. La preuve d'une telle connaissance ne saurait résulter du seul écoulement du temps depuis la présentation de la demande. Elle peut en revanche résulter de ce qu'il est établi, soit que l'intéressé a été clairement informé des conditions de naissance d'une décision implicite lors de la présentation de sa demande, soit que la décision a par la suite été expressément mentionnée au cours de ses échanges avec l'administration, notamment à l'occasion d'un recours gracieux dirigé contre cette décision. Le demandeur, s'il n'a pas été informé des voies et délais de recours dans les conditions prévues par les textes cités au point 6, dispose alors, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court, dans la première hypothèse, de la date de naissance de la décision implicite et, dans la seconde, de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de la décision.
9. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale n'a pas accusé réception de la réclamation que lui avait adressée la SARL Fauvette le 14 février 2022. En particulier, elle n'a pas porté à sa connaissance le délai de naissance d'une décision implicite de rejet et ne l'a pas informée des voies et délais de recours contre une telle décision. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la requête a été enregistrée le 14 septembre 2022, soit moins d'un an après la naissance, le
14 avril 2022, de la décision implicite de rejet de la réclamation préalable de la SARL Fauvette. Dans ces conditions, l'administration fiscale n'est pas fondée à opposer l'irrecevabilité des conclusions de la SARL Fauvette en raison de leur tardiveté et la fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
Sur les conclusions à fin de décharge :
10. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 173 du livre des procédures fiscales : " Pour les impôts directs perçus au profit des collectivités locales (), le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de l'année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due. ". Aux termes de l'article 1663 du code général des impôts : " 1. Les impôts directs () sont exigibles trente jours après la date de la mise en recouvrement du rôle () ". Aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs (). / L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement () ". Lorsque l'administration établit que l'avis d'imposition a été libellé au nom et à l'adresse du contribuable, celui-ci est présumé l'avoir reçu s'il ne fait état d'aucune circonstance particulière qui expliquerait qu'il ne l'ait pas reçu. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 123-9 du code de commerce : " La personne assujettie à immatriculation ne peut, dans l'exercice de son activité, opposer ni aux tiers ni aux administrations publiques, qui peuvent toutefois s'en prévaloir, les faits et actes sujets à mention que si ces derniers ont été publiés au registre. / () Les dispositions des alinéas précédents sont applicables aux faits ou actes sujets à mention ou à dépôt même s'ils ont fait l'objet d'une autre publicité légale. Ne peuvent toutefois s'en prévaloir les tiers et administrations qui avaient personnellement connaissance de ces faits et actes. " Il résulte de ces dispositions que les faits ou actes qui doivent être mentionnés au registre du commerce et des sociétés ou déposés en annexe à ce registre sont opposables aux administrations qui en ont eu connaissance, alors même que les faits ou actes en cause n'auraient pas fait l'objet de la formalité correspondante.
11. Les dispositions de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales n'imposent pas au comptable public chargé du recouvrement des impôts d'adresser les avis d'imposition par lettre recommandée avec avis de réception.
12. Il résulte de l'instruction que, concernant les années 2011 à 2017, l'administration fiscale a émis des rôles à l'ancienne adresse du siège social de la société, à Asnières. Cependant, d'une part la SARL Fauvette a déclaré le changement d'adresse de son siège social au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) de Paris le 27 décembre 2010 et d'autre part, pour l'établissement de son impôt sur les sociétés, elle a déclaré au plus tard le 31 mars 2015 à l'administration fiscale l'adresse de son siège social depuis 2010. Alors même que cette information aurait été communiquée au Service des Impôts des Entreprises (SIE) de Paris sans être transmise par la société requérante au SIP de Cayenne, chargé de l'établissement des rôles de taxe foncière, l'administration fiscale devait donc être regardée comme ayant eu connaissance de ce changement d'adresse au plus tard le 31 mars 2015.
13. Selon l'article 1658 du code général des impôts, les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu de rôles rendus exécutoires. Aux termes du premier alinéa de l'article 1659 du même code : " La date de mise en recouvrement des rôles est fixée par l'autorité compétente pour les homologuer en application de l'article 1658. Cette date est indiquée sur le rôle ainsi que sur les avis d'imposition délivrés aux contribuables. / Lorsque des erreurs d'expédition sont constatées dans les rôles, un état de ces erreurs est dressé par le directeur départemental des finances publiques et approuvé dans les mêmes conditions que ces rôles, auxquels il est annexé à titre de pièce justificative. Le directeur rédige de nouveaux avis d'imposition et les fait parvenir aux intéressés. ". Il résulte de ces dispositions que l'imposition est régulièrement établie, au regard des règles de prescription d'assiette, dès lors qu'elle a été mise en recouvrement avant l'expiration du délai de répétition, la date de mise en recouvrement à prendre en compte, dans le cas d'un impôt établi par voie de rôle, étant fixée par la décision administrative homologuant ce rôle. En cas de contestation portant sur la détermination de cette date, il appartient à l'administration de fournir des extraits, qu'ils soient ou non certifiés conformes, des décisions portant homologation du rôle et fixant la date de mise en recouvrement.
14. Cependant, comme il a été dit au point 12, d'une part l'administration fiscale était informée, depuis au plus tard le 31 mars 2015, du changement d'adresse du siège social de la société requérante, d'autre part elle ne conteste pas que c'est à cette nouvelle adresse qu'elle a adressé les avis de taxes foncières à partir de 2018. Elle avait donc la possibilité, ayant été informée de ce changement d'adresse, de rédiger de nouveaux avis d'imposition et les faire parvenir aux intéressés et il n'est pas contesté qu'elle ne l'a pas fait. En produisant uniquement des " fiches de rôle " ne faisant pas apparaître les dates de mise en recouvrement et un listing de mises en demeure, sans produire ni d'avis d'imposition, ni de décisions portant homologation du rôle et fixant la date de mise en recouvrement, ni de copies de mises en demeure, l'administration n'établit pas qu'elle a envoyé ces avis et mises en demeure. Ainsi, la SARL Fauvette fait état d'une circonstance particulière expliquant qu'elle n'ait pas reçu les avis d'imposition de taxes foncières entre 2011 et 2017. Elle est donc fondée à soutenir que la somme réclamée par la SATD du 9 décembre 2021 n'était pas exigible car l'administration fiscale n'a pas respecté la procédure prévue par les dispositions du point 1. de l'article 1663 du code général des impôts citées au point 10.
15. Il résulte de ce qui précède que la SARL Fauvette doit être déchargée de l'obligation de payer la somme de 8 146 euros mise à sa charge par la saisie à tiers détenteur du 9 décembre 2021.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SARL Fauvette et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Fauvette est déchargée de l'obligation de payer la somme mise à sa charge par la saisie à tiers détenteur du 9 décembre 2021.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Fauvette une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Fauvette et au ministre de l'économie et des finances.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E. SCHOR
La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026