jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201686 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BICHARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Bichara, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé à son encontre les sanctions administratives prévues aux articles L.8253-1 du code du travail et L.822-2 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'annuler les deux titres de perception émis à son encontre le 11 octobre 2022 pour le recouvrement des montants respectifs de 14.579 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L.8253-1 du code du travail et de 421 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue par l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que la décision de l'OFII est entachée d'une erreur de fait, puis que les titres de perception ne sont pas signés par leur auteur.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Hegesippe ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui exploite à Saint-Laurent du Maroni un garage automobile sous l'enseigne " Méca Dom Auto ", conteste la décision du 22 septembre 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé à son encontre les sanctions administratives prévues aux articles L.8253-1 du code du travail et L.822-2 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant total de 15.000 euros, puis demande l'annulation des deux titres de perception émis le 11 octobre 2022 pour le recouvrement des montants respectifs de 14.579 euros et de 421 euros.
Sur la décision de l'OFII :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L.8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". L'article L.8253-1 du même code prévoit que l'employeur qui a méconnu ces dispositions acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre, une contribution spéciale, dont le montant est fixé par l'OFII pour le compte de l'Etat. En vertu de l'article L.822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, cet employeur acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement de l'étranger, dont, en vertu de l'article L.822-4 alors en vigueur du même code, l'OFII fixe le montant. Enfin, en vertu des articles L.822-5 alors en vigueur de ce code et L.8253-1 du code du travail, l'État, ordonnateur des contributions spéciale et forfaitaire, liquide et émet le titre de perception.
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur les contributions susmentionnées, de vérifier, notamment, la matérialité des faits reprochés.
4. Il ressort des mentions du procès-verbal d'infraction dressé le 5 juillet 2022, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que le même jour, lors des opérations de contrôle de l'établissement exploité par M. C, deux officiers de police ont constaté la présence en situation de travail d'un ressortissant surinamais sans titre de séjour, équipé d'un bleu de travail et de chaussures de protection. Celui-ci a déclaré lors de son audition " apprendre le métier de mécanicien " avec son cousin, M. C, depuis " moins de deux mois ", pour une rémunération de 20 euros par jour. Alors que les mentions du procès-verbal d'infraction font foi jusqu'à preuve du contraire, pour établir l'absence de lien de subordination, M. C se borne à faire valoir qu'il était absent et qu'il ignorait la présence sur les lieux de ce ressortissant surinamais. Dans les circonstances de l'affaire, les faits d'emploi irrégulier d'un travailleur étranger justifiant l'application des sanctions infligées à M. C doivent être tenus pour établis.
Sur les titres de perception :
5. Le requérant invoque la méconnaissance des dispositions de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, abrogées en 2015 et reprises par l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration selon lequel " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ". Pour l'application de ces dispositions aux titres de perception délivrés par l'Etat, le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que, la signature de l'ordonnateur figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation.
6. L'OFII produit l'état récapitulatif des créances pour la mise en recouvrement des titres de perception émis le 11 octobre 2022, revêtu de la formule exécutoire et signé pour l'ordonnateur par Mme A, chef du pôle recettes, par délégation du directeur de l'évaluation, de la performance et des affaires financières et immobilières du ministère de l'intérieur. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité des titres de perception manque en fait.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est fondé ni à demander l'annulation de la décision du 22 septembre 2022, ni, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de cette contestation, l'annulation des titres de perception émis le 11 octobre suivant. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L.761-I du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à la Direction régionale des finances publiques de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer et le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026