jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201687 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BICHARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Bichara, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2022 par laquelle l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration a mis à sa charge une contribution spéciale et forfaitaire ainsi que les titres de perception correspondants du 19 octobre 2022 d'un montant de 29 158 euros et de 842 euros
2°) de mettre à la charge de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les titres de perception sont entachés d'illégalité car ils ne sont pas signés ;
- la décision du 22 septembre de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration est entachée d'erreur de fait car il n'a ni recruté ni employé MM. D et E, de sorte que les titres de perception qui ont été pris pour son application sont également entachés d'illégalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2023, le directeur général de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que les conclusions dirigées contre les titres de perception sont irrecevables car elles n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor,
- et les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Un chantier situé sur la propriété foncière de M. C à Saint-Laurent du Maroni a fait l'objet d'un contrôle de police le 7 juillet 2022. Lors de ce contrôle, a été constatée la présence de deux ouvriers surinamais dépourvus de titre de séjour et d'autorisation de travail. Le procès-verbal de contrôle de police a été transmis à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration et, par une décision du 22 septembre 2022, son directeur général a décidé d'infliger à M. C la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail à hauteur de 30 000 euros, soit 29 158 euros correspondant à la contribution spéciale dont le montant est précisé à l'article R. 8253-2 du code du travail et 842 euros correspondant à la contribution forfaitaire mentionnée aux articles L. 822-2 et L. 822-6 du code du travail. Deux titres de perception des montants correspondants ont été émis par l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration le 19 octobre 2022. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 22 septembre 2022 ainsi que ces deux titres de perception.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () " et aux termes de l'article L. 5221-8 du même code : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". L'article L. 8253-1 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur, prévoyait que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre de travail, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. /L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. ". L'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, prévoyait, dans le cas où le travailleur étranger est en situation de séjour irrégulier, l'application à l'employeur d'" une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / (). ". Aux termes du B du V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010, de finances rectificative pour 2010 : " Pour l'application de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'État en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'État ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation. ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
4. Si M. C soutient que les titres en litige sont irréguliers, faute d'avoir été signés, l'OFII produit l'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement de ces titres, qui est signé par M. A, attaché d'administration de l'Etat, titulaire d'une délégation de signature du 16 janvier 2023 donnée par le directeur de l'évaluation, de l'achat, de la performance et de l'immobilier, délégation régulièrement publiée au journal officiel du
20 janvier 2023. Le moyen, qui manque en fait, doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, M. C se borne à soutenir qu'il n'a ni recruté ni employé MM. D et E ; il n'apporte cependant aucun élément au soutien de sa démonstration. En revanche, selon le procès-verbal de police du 7 juillet 2022, des agents de police judiciaire ont constaté que ces deux personnes étaient " en action de travail sur une maison de construction ", qu'ils ont déclaré " jober " sur le chantier et qu'une tierce personne se présentant comme le responsable du chantier a confirmé que ces ouvriers travaillaient sur le chantier de M. C sans papiers. En outre, selon leurs procès-verbaux d'audition respectifs du même jour, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, M. E et
M. D ont précisé qu'ils étaient ouvriers sur le chantier litigieux, de 8H ou 9H à 17h avec une pause méridienne d'une heure du lundi au vendredi, en posant de parpaings au moment du constat de police et étaient payés par M. C, qui, lors de sa propre audition le
11 juillet 2022, confirme les constats litigieux. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que la décision du 22 septembre 2022 est entachée d'erreur de fait et le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision du 22 septembre 2022 n'est pas illégale. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que les titres de perception pris pour son application sont illégaux et le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de
M. C doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration et à la direction des finances publiques de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Schor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
La présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026