jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201821 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DENIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, M. A B, représenté par
Me Denis, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 92 193 euros en réparations des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de ses conditions de détention au
centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, pour la période comprise entre le 1er mai 2021 et le
30 juin 2022, assortie des intérêts capitalisés ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conditions de sa détention constituent une atteinte fautive à sa dignité au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il n'a pas bénéficié un espace individuel suffisant, que l'absence de cloisonnement des sanitaires ne permettait pas le respect de son intimité, que les obligations en matière d'hygiène et de salubrité n'ont pas été respectées, qu'il n'a pas bénéficié de soins adaptés, qu'il y a eu des carences dans la gestion et la distribution des denrées alimentaires et que les conditions matérielles étaient insuffisantes ;
- le préjudice subi est directement lié aux conditions de sa détention ;
- il a subi un préjudice moral évalué à 92 193 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2023, le garde de Sceaux,
ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 novembre 2023, la clôture d'instruction a été reportée au
20 novembre 2023.
M. B a produit un mémoire le jour de la clôture d'instruction qui n'a pas été communiqué.
Par une décision du 27 décembre 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deleplancque ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été incarcéré au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly entre le
31 octobre 2011 et le 20 mai 2014 puis à compter du 18 novembre 2014. Par un courrier réceptionné le 16 août 2022 par les services du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, l'intéressé a présenté une demande indemnitaire préalable. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 92 193 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi en raison de ses conditions de détention au
centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly pour la période comprise entre le 1er mai 2021 et le
30 juin 2022.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité de l'Etat :
2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article D. 349 du code de procédure pénale : " L'incarcération doit être subie dans des conditions satisfaisantes d'hygiène et de salubrité, tant en ce qui concerne l'aménagement et l'entretien des bâtiments, le fonctionnement des services économiques et l'organisation du travail, que l'application des règles de propreté individuelle et la pratique des exercices physiques ". Aux termes des articles D. 350 et D. 351 du même code, d'une part, " les locaux de détention et, en particulier, ceux qui sont destinés au logement, doivent répondre aux exigences de l'hygiène, compte tenu du climat, notamment en ce qui concerne le cubage d'air, l'éclairage, le chauffage et l'aération " et, d'autre part, " dans tout local où les détenus séjournent, les fenêtres doivent être suffisamment grandes pour que ceux-ci puissent lire et travailler à la lumière naturelle. L'agencement de ces fenêtres doit permettre l'entrée d'air frais. La lumière artificielle doit être suffisante pour permettre aux détenus de lire ou de travailler sans altérer leur vue. Les installations sanitaires doivent être propres et décentes. Elles doivent être réparties d'une façon convenable et leur nombre proportionné à l'effectif des détenus ".
3. En raison de la situation d'entière dépendance des personnes détenues vis-à-vis de l'administration pénitentiaire, l'appréciation du caractère attentatoire à la dignité des conditions de détention dépend notamment de leur vulnérabilité, appréciée compte tenu de leur âge, de leur état de santé, de leur personnalité et, le cas échéant, de leur handicap, ainsi que de la nature et de la durée des manquements constatés et eu égard aux contraintes qu'implique le maintien de la sécurité et du bon ordre dans les établissements pénitentiaires. Les conditions de détention s'apprécient au regard de l'espace de vie individuel réservé aux personnes détenues, de la promiscuité engendrée, le cas échéant, par la sur-occupation des cellules, du respect de l'intimité à laquelle peut prétendre tout détenu, dans les limites inhérentes à la détention, de la configuration des locaux, de l'accès à la lumière, de l'hygiène et de la qualité des installations sanitaires et de chauffage. Seules des conditions de détention qui porteraient atteinte à la dignité humaine, appréciées à l'aune de ces critères et des dispositions précitées du code de procédure pénale, révèlent l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité de la puissance publique. Une telle atteinte, si elle est caractérisée, est de nature à engendrer, par elle-même, un préjudice moral pour la personne qui en est la victime qu'il incombe à l'Etat de réparer. A conditions de détention constantes, le seul écoulement du temps aggrave l'intensité du préjudice subi.
4. S'il appartient en principe au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge, outre la réalité du préjudice subi, l'existence de faits de nature à caractériser une faute, il en va différemment, s'agissant d'une demande formée par un détenu ou ancien détenu, lorsque la description faite par le demandeur de ses conditions de détention est suffisamment crédible et précise pour constituer un commencement de preuve de leur caractère indigne. C'est alors à l'administration qu'il revient d'apporter des éléments permettant de réfuter les allégations du demandeur.
5. Pour caractériser l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, M. B soutient qu'il a constamment bénéficié de moins de trois mètres carrés d'espace vital, que les toilettes sont dépourvues de cloisonnement efficace permettant de préserver le respect de son intimité, que les douches sont en nombre insuffisant, que les lieux de promenades sont petits et sans abris, qu'il n'a pas bénéficié des soins médicaux adaptés à son état de santé, et notamment d'un second matelas ainsi que des semelles orthopédiques, qu'il a été exposé à des conditions d'hygiène déplorables compte tenu notamment de la présence de nuisibles et de moisissures, qu'il souffre de sous-nutrition en raison d'un apport calorique insuffisant inadapté aux besoins individuels et, enfin, que les conditions de préparation des repas contrevenaient à la règlementation en vigueur au regard de l'exposition des aliments à des températures supérieures aux seuils imposés.
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, durant la période considérée, comprise entre le 1er mai 2021 et le 30 juin 2022, M. B a été détenu au sein du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly qui connaissait alors une forte surpopulation carcérale, circonstance qui n'est d'ailleurs pas contestée par l'administration. Toutefois, le ministre de la justice, produit en défense le tableau d'affectation de l'intéressé durant la période concernée dont il en résulte qu'il a bénéficié au minimum, et seulement pour une durée de 19 jours, d'un espace personnel de 5,3 mètres carrés et que durant 144 jours, il a même été affecté dans une cellule de deux détenus avec une superficie individuelle de 10,5 mètres carrés. Par ailleurs, il n'est pas contesté que les détenus étaient autorisés à sortir de leurs cellules plusieurs heures par jour. Ainsi, pour cette période, eu égard notamment au rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté et aux normes fixées par le comité européen pour la prévention de la torture, il n'y a pas lieu de considérer que le requérant se serait trouvé dans des conditions de détention portant atteinte à la dignité humaine.
7. En deuxième lieu, M. B soutient que pendant la période durant laquelle il s'est trouvé dans une cellule avec d'autres détenus, il n'a pas bénéficié de conditions de détention lui assurant le respect de son intimité en raison de l'absence de cloisonnement des toilettes.
8. Lorsqu'une cellule est occupée par plus d'une personne, l'absence de séparation des sanitaires par une cloison ou par des rideaux permettant de protéger suffisamment l'intimité est de nature tant à porter atteinte à la vie privée des détenus, dans une mesure excédant les restrictions inhérentes à la détention, qu'à les exposer à un traitement inhumain ou dégradant, portant une atteinte grave à ces deux libertés fondamentales.
9. Il résulte de l'instruction que l'administration pénitentiaire a procédé à l'acquisition et à l'installation de trois-cents rideaux opaques dans les cellules pour isoler l'entrée de l'espace sanitaire, à compter du mois de décembre 2019. Toutefois, si le dispositif de cloisonnement des toilettes, fermées par un rideau, peut être regardé comme étant justifié par la nécessité pour l'administration de surveiller la totalité de la cellule tout en permettant d'assurer aux détenus un minimum d'intimité, l'atteinte à leur intimité est néanmoins caractérisée compte tenu de l'aggravation de la promiscuité liée à la sur-occupation de la cellule. En outre, le cloisonnement des sanitaires assuré par un simple rideau de douche s'avère insuffisant pour écarter l'existence de risques sanitaires à raison de l'extrême proximité avec le lieu de prise de repas. La matérialité de l'ensemble de ces faits n'est pas contredite par les pièces du dossier ni par l'administration, qui se borne à produire un rapport de présentation d'une consultation en vue de travaux d'installation de douches en cellule et de cloisonnement des sanitaires réalisé en octobre 2022, soit postérieurement à la période de détention de M. B. Il en résulte que les conditions de détention du requérant pendant la période durant laquelle il se trouvait en cellule collective avec d'autres détenus caractérisent des conditions de détention attentatoires à la dignité humaine constitutives d'une faute engendrant, par elle-même, un préjudice moral qu'il incombe à l'Etat de réparer.
10. En troisième lieu, s'agissant de l'hygiène et de l'entretien du centre pénitentiaire, le requérant se prévaut notamment du rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté édicté en 2018 constatant une insalubrité dans la majorité des cellules, un état des douches extérieures " contraire aux règles élémentaires d'hygiène " ou encore de locaux des cuisines très dégradés avec des moisissures et de la rouille. A cet égard, si l'administration fait valoir que des auxiliaires interviennent au quotidien pour nettoyer les parties communes, et en particulier les sanitaires, douches et cours de promenade, elle ne conteste toutefois pas le caractère vétuste des cellules et des installations. De même, en ce qui concerne l'état des cuisines, les seules photographies des anciennes cuisines et le recours à des auxiliaires de cuisine, munis de kits d'hygiène, ne permettent pas sérieusement de contredire le rapport de 2018 alertant sur les conditions de salubrité insuffisantes au niveau de la préparation et de la distribution des repas. Dans ces conditions, eu égard aux conditions d'hygiène et de salubrité insuffisantes, M. B doit être regardé comme ayant été, pendant sa détention au sein du centre pénitentiaire de Rémire-Mpntjoly, placé dans des conditions de détention excédant le seuil d'atteinte à la dignité humaine et justifiant la mise en œuvre de la responsabilité de l'Etat.
11. En quatrième lieu, s'il n'est pas contesté que des nuisibles sont présents de manière importante au sein du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, ces derniers prolifèrent notamment en raison de la spécificité du climat et du fort taux d'humidité. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que des mesures sont mises en place, telles que des dispositifs anti-nuisibles, le recours régulier à des sociétés spécialisées dans le traitement des nuisibles et l'emploi d'auxiliaires chargés de l'entretien du bâtiment, afin de lutter contre ces dégradations. Dans ces conditions, la seule présence de nuisibles au sein de l'établissement ne saurait être regardée comme un facteur de mauvaises conditions de détention de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
12. En cinquième lieu, si M. B soutient qu'il n'a pas pu bénéficier de soins adaptés alors qu'il souffre notamment de dorsalgies, de cervicalgies et de scapulalgies chroniques et produit des certificats médicaux recommandant l'octroi d'un second matelas et prescrivant des semelles orthopédiques ainsi que des séances de kinésithérapie, il n'établit toutefois pas que l'administration n'aurait pas respecté ces recommandations médicales alors que le ministre produit en défense un tableau faisant état de plusieurs rendez-vous médicaux sur la période concernée. Par suite, cette situation ne constitue pas un élément révélant l'existence de conditions de détention portant atteinte à sa dignité humaine.
13. En dernier lieu, M. B ne justifie pas de manière non sérieusement contestable, faute en particulier de tout justificatif d'une dégradation significative de son état de santé, et alors que le centre pénitentiaire fait valoir qu'il s'astreint à suivre les recommandations nutritionnelles pour le milieu carcéral établies en juillet 2015, que les repas servis dans l'établissement pénitentiaire dans lequel il a été incarcéré étaient insuffisants en termes d'apport calorique ou de qualité et seraient de nature à révéler des conditions de détention qui porteraient atteinte à sa dignité humaine.
14. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que les conditions insatisfaisantes, d'intimité, d'hygiène et de salubrité supportées lors de sa détention au sein du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly caractérisent une atteinte à la dignité humaine, constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne le préjudice moral :
15. Compte-tenu, d'une part de la nature des manquements et de leur durée et, d'autre part, de la circonstance qu'ils ont été précédés de plusieurs années de détention dans des conditions analogues, il y a lieu, eu égard à l'aggravation de l'intensité des dommages subis au fil du temps mais en prenant toutefois en compte la circonstance selon laquelle les conditions de détention se sont améliorées au regard notamment de l'espace personnel dont bénéficiait
M. B, de condamner l'Etat à verser au requérant une somme de 4 000 euros au titre de la période courant du 1er mai 2021 au 30 juin 2022, tous intérêts compris au jour du présent jugement, dont il conviendra de déduire la somme de 1 205 euros allouée à titre de provision en cas d'exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de la Guyane du
13 octobre 2023.
Sur les frais liés au litige :
16. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Denis, avocat de M. B renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Denis de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B une somme de 4 000 euros en réparation du préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly pour la période courant du 1er mai 2021 au 30 juin 2022, tous intérêts compris au jour du présent jugement, sous réserve du versement effectif de la somme de 1 205 euros allouée à titre de provision.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 900 euros à Me Denis, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Denis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. DELEPLANCQUE
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. PROSPER
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026