jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300704 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PAGE JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 avril et 11 août 2023, la SAS Aqua TP et Me Laura Bes en qualité de mandataire liquidateur de la SAS Hydrogec, représentés par Me Lagrenade, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Laurent du Maroni à payer à Me Bes la somme de 5.163.105,87 euros HT, assortie des intérêts moratoires et à la Société Aqua TP la somme de 306.725,01 euros HT, assortie des intérêts moratoires ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5.000 euros à payer, d'une part, à Me Bes, d'autre part, à la société Aqua TP au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Me Bes et la SAS Aqua TP soutiennent que :
- en vertu de l'article 3.5.1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG), le mandataire est solidaire de chacun des autres opérateurs du groupement dans les obligations contractuelles de celui-ci à l'égard du représentant du pouvoir adjudicateur jusqu'au délai de garantie de parfait achèvement, d'un an à compter de la date d'effet de la réception ; en l'espèce, la société Waterleau a renoncé à son mandat à l'issue de l'avis du comité consultatif interrégional de Paris de règlement amiable des différends relatifs aux marchés publics (CCIRA) et a porté pour son seul compte, la réclamation devant le tribunal administratif de la Guyane, lequel, par son jugement du 27 avril 2023, n'a pas tranché les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché dès lors que les réclamations présentées ne concernaient que les seuls intérêts de la société Waterleau, en l'absence de mandat pour représenter le groupement disjoint ;
- le maître d'ouvrage n'a notifié le décompte qu'à la société Waterleau ; les sociétés Hydrogec et Aqua TP sont restées dans l'attente de la décision du maitre d'ouvrage postérieurement à l'avis du CCIRA du 20 juin 2020 ; à leur égard, l'effet suspensif de la saisine demeure comme indiqué par l'avis du CCIRA ;
- doivent être mis à la charge du maître d'ouvrage les montants respectifs de :
. 271.390,68 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 14.197,56 euros à la société Aqua TP au titre du délai complémentaire de cinq mois pour la période immobilisée pour la mise au point du système de fondations ;
. 1.604.440,88 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 83.934,89 euros à la société Aqua TP au titre des pertes de rendement sur une période de 7,7 mois concernée par les intempéries ;
. 13.562 euros à la société Aqua TP au titre des travaux supplémentaires de sécurisation du site par la mise en place d'un portail coulissant électrique ;
. 4.463 euros au titre du remplacement du faux-plafond du bâtiment d'exploitation ;
. 9.115 euros pour la mise en œuvre de résine complémentaire ;
. 496.200 euros à la liquidation de la société Hydrogec au titre du surcoût de l'alimentation électrique du chantier par groupes électrogènes ;
. 31.125 euros à la liquidation de la société Hydrogec au titre de de l'entretien de la piste et de ses fossés ;
. 97.706,66 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 2.541,03 euros à la société Aqua TP au titre de la révision des prix ;
. 1.180.825,47 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 61.773,83 euros à la société Aqua TP au titre de l'arrêt de la prise en compte des cessions de créances ;
. 48.408,73 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 2.532,46 euros à la société Aqua TP au titre des blocages du chantiers occasionnés par les mouvements sociaux ;
. 1.183.762,81 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 61.927,49 euros à la société Aqua TP au titre des frais financiers ;
. 94.916,24 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 8 362,73 euros à la société Aqua TP au titre du solde de travaux restant à facturer ;
. 95.007,99 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 14.710,77 euros à la société Aqua TP au titre des intérêts moratoires ;
. 1.386 euros à la liquidation de la société Hydrogec au titre des devis complémentaires pour la réalisation de murets et de capots en aluminium ;
. 1.575 euros à la société Aqua TP au titre des coûts de réparation des installations électriques ;
. 48.674,25 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 2.546,35 euros à la société Aqua TP au titre des frais supplémentaires d'encadrement du chantier ;
. 29.615,59 euros à la liquidation de la société Hydrogec et 1.549,31 euros à la société Aqua TP au titre de la prolongation des frais de garanties bancaires.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er août 2023 et le 19 août 2023, la commune de Saint Laurent du Maroni, représentée par Me Page, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des sociétés requérantes la somme de 10.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose les fins de non-recevoir tirées, en premier lieu, de l'absence de qualité pour agir des membres du groupement, en deuxième lieu, de la tardiveté de la requête présentée plus de six mois après l'expiration du décompte général et définitif, en dernier lieu de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée par le jugement rendu le 27 avril 2023 par ce tribunal, subsidiairement, elle fait valoir que les demandes ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- et les observations de Me Page pour la commune de Saint-Laurent du Maroni, la SAS Aqua TP et Me Bes n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché n° 973-311-12-27-MT-MN notifié le 3 avril 2014, la commune de Saint-Laurent du Maroni a confié au groupement d'entreprises conjointes Sarl Waterleau Group, Sas Aqua TP, Sarl Hydrogec et Atelier d'architecture Doré-Marton, ayant pour mandataire la société Waterleau Group, la réalisation du lot n° 1 " construction de la station d'épuration " de la création du pôle épuratoire Sud. La réception des ouvrages a été prononcée le 14 novembre 2019. Saisi le 7 novembre 2018 par le maître d'ouvrage, suite au mémoire en réclamation présenté le 31 mai 2018 par le mandataire du groupement, le comité consultatif interrégional de Paris de règlement amiable des différends relatifs aux marchés publics (CCIRA) a rendu son avis le 22 juin 2020. Préalablement, le 4 juin 2020, les sociétés Aqua TP et Hydrogec ont établi un projet de décompte général qu'elles ont ensuite adressé au maître d'ouvrage. Elles indiquent, sans l'établir, avoir notifié un projet de décompte final au maître d'ouvrage le 21 septembre 2020 et au maître d'œuvre le 8 octobre 2020. Le 30 juillet 2020, la commune a arrêté le projet de décompte général à la somme de 17.291.752,28 euros. Par une requête enregistrée le 22 avril 2021, la société Waterleau Group, en sa qualité de mandataire du groupement, a demandé à ce tribunal d'établir le décompte général du marché, puis de condamner la commune de Saint-Laurent du Maroni à lui payer le montant de 4.668.317,28 euros HT. Par un jugement n° 2100536 du 27 avril 2023, le tribunal a rejeté la requête.
2. Par la présente requête, la SAS Aqua TP et Me Bes en qualité de mandataire liquidateur de la SAS Hydrogec demandent la condamnation de la commune de Saint-Laurent du Maroni à payer à Me Bes la somme de 5.163.105,87 euros HT assortie des intérêts moratoires et à la Société Aqua TP la somme de 306.725,01 euros HT assortie des intérêts moratoires.
3. Aux termes de l'article 13.5.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG), issu de l'arrêté du 8 septembre 2009 applicable aux marchés pour lesquels une consultation a été engagée avant le 1er avril 2014 : " 13.5.2. Le titulaire ou le mandataire est seul habilité à présenter les projets de décomptes et à accepter le décompte général ; sont seules recevables les réclamations formulées ou transmises par ses soins. ". Aux termes de l'article 50.6 du même cahier : " Règlement des différends et litiges en cas d'entrepreneurs groupés conjoints : Lorsque le marché est passé avec des entrepreneurs groupés conjoints, le mandataire représente chacun d'eux, envers le représentant du pouvoir adjudicateur, pour l'application des dispositions du présent article jusqu'à la date, définie à l'article 44.1, à laquelle prennent fin les obligations contractuelles, chaque membre du groupement étant ensuite seul habilité à poursuivre les litiges qui le concernent à l'exception des dispositions de l'article 13.5.2. ". L'article 21 de l'accord de groupement conclu entre les sociétés Waterleau, Aqua TP et Hydrogec prévoit que cet accord produira ses effets : " pendant tout le temps nécessaire () au règlement de tous les différends ou litiges () entre les Membres et le Maître d'ouvrage ".
4. Il résulte de la combinaison des stipulations précitées que seul le mandataire du groupement a qualité pour porter la réclamation du groupement devant le tribunal administratif compétent, y compris postérieurement au délai de garantie de parfait achèvement expiré un an après la réception des travaux, soit le 14 novembre 2020. Le mandat ainsi donné à la société Waterleau Group, qui présente pour le maître de l'ouvrage la garantie de disposer d'un interlocuteur unique dans le cadre de la procédure de réclamation puis de la procédure contentieuse, ne peut être révoqué par ses cotraitants sans l'accord du maître d'ouvrage public. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction et n'est d'ailleurs pas allégué que le mandat de la société Waterleau Group aurait été révoqué. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées par la commune de Saint-Laurent du Maroni tirées, d'une part, de la tardiveté de la requête, d'autre part, de la méconnaissance de la chose jugée, Me Bes et la société Aqua TP ne sont pas recevables à demander la condamnation de la commune de Saint-Laurent du Maroni au paiement d'une somme au titre du décompte général du marché.
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint Laurent du Maroni qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par Me Bes et la société Aqua TP et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'affaire, de mettre à la charge solidaire des requérantes, sur le même fondement, le versement à la commune de Saint Laurent du Maroni de la somme de 1.200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Me Bes et de la société Aqua TP est rejetée.
Article 2 : La somme de 1.200 euros à payer à la commune de Saint Laurent du Maroni au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative est mise à la charge solidaire de Me Bes et de la société Aqua TP.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié, d'une part, à Me Laura Bes et la société Aqua TP, d'autre part, à la commune de Saint Laurent du Maroni.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Marcisieux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULa présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
M. A B
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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01/06/2026