jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301035 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LA S.E.L.A.F.A CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2023, le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), représenté par la Selafa Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 79.473,75 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 février 2023 et de la capitalisation des intérêts, en remboursement des frais exposés sur le fondement de l'article L.706-11 du code de procédure pénale pour la prise en charge des préjudices subis par M. D, M. E et les ayants droit de M. B ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Le FGTI indique avoir versé la somme de 16.131,25 euros à M. E, la somme de 13.342,50 euros à M. D et la somme de 50.000 euros aux ayants droit de M. B et soutient que, subrogé dans les droits des victimes, il peut prétendre au remboursement de ces montants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le ministre des armées conclut à ce que le montant sollicité pour les préjudices de M. E soit réduit à de plus justes proportions et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il oppose les fins de non-recevoir tirées, d'une part, de la tardiveté de la demande indemnitaire des ayants droit de M. B, d'autre part, de ce que la demande concernant M. D est mal dirigée, puis fait valoir que les montants alloués au titre du préjudice esthétique et des souffrances endurées par M. E doivent être réduits à de plus justes proportions.
Le ministre de l'intérieur, à qui la requête a été communiquée le 9 janvier 2024, n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la défense ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des assurances ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Gillmann ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'opération interministérielle dite " Harpie ", les forces de gendarmerie et les forces armées mènent conjointement des actions de lutte contre les activités illégales d'orpaillage en Guyane. Le 8 juillet 2010, l'embarcation au bord de laquelle se trouvaient notamment M. D, gendarme, et M. E et M. B, soldats de première classe, au cours d'une patrouille en aval du poste de contrôle fluvial de Cayode à Maripasoula, a été volontairement et très violemment percutée par une pirogue. Les passagers, tombés dans le fleuve, ont pu regagner la berge à l'exception de M. B, porté disparu, puis retrouvé mort le 12 juillet suivant. Les deux agresseurs ont été condamnés à trente ans de réclusion criminelle par un arrêt rendu le 5 avril 2019 par la Cour d'assises de la Guyane. Par un arrêt du même jour, la Cour d'assises a ordonné des expertises médicales à l'effet d'évaluer les préjudices subis par M. D et M. E et a alloué des indemnités respectives de 20.000 euros et de 30.000 euros à la sœur et au père de M. B. Le 19 novembre 2019, la commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI) du Tribunal judiciaire de Cayenne a mis à la charge du Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) les montants alloués par la Cour d'assises aux ayants droit de M. B, qui les ont perçus le 27 novembre suivant. M. E a saisi la CIVI, qui a ordonné une expertise dont le rapport a été déposé le 2 août 2019. Le 27 novembre 2020, le FGTI a versé à l'intéressé une indemnité d'un montant total de 16.131,2 euros en réparation de ses préjudices extra-patrimoniaux. M. D a également saisi la CIVI, qui a ordonné une expertise dont le rapport a été déposé le 17 août 2021. Le 31 mai 2022, le FGTI a versé à l'intéressé une indemnité d'un montant total de 13.342,50 euros en réparation de ses préjudices extra-patrimoniaux.
2. Par une requête enregistrée le 23 août 2020, le FGTI a demandé à ce tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L.706-11 du code de procédure pénale, la condamnation de l'Etat à lui rembourser la somme de 50.000 euros versée aux ayants droit de M. B, puis s'est désisté de l'instance le 10 février 2023. Par la présente requête, le FGTI demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 79.473,75 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts en remboursement des frais exposés pour la prise en charge des préjudices subis par M. D, M. E et les ayants droits de M. B.
Sur le cadre juridique :
3. D'une part, aux termes de l'article L.4123-10 du code de la défense, réaffirmant un principe général du droit : " Les militaires sont protégés par le code pénal et les lois spéciales contre les menaces, violences, dont ils peuvent être l'objet. L'État est tenu de les protéger contre les menaces et attaques dont ils peuvent faire l'objet à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ". En vertu du premier alinéa de l'article L.113-1 du code de la sécurité intérieure, la protection dont bénéficient notamment les militaires de la gendarmerie nationale en vertu de l'article L.4123-10 du code de la défense couvre les préjudices qu'ils subissent à l'occasion ou du fait de leurs fonctions.
4. D'autre part, en vertu des articles 706-3 et 706-4 du code de procédure pénale, toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits qui présentent le caractère d'une infraction peut, lorsque certaines conditions sont réunies, obtenir la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes à la personne auprès d'une commission d'indemnisation des victimes d'infractions, juridiction civile instituée dans le ressort de chaque tribunal judiciaire. L'indemnité accordée par la commission est, application de l'article 706-9 du même code, versée par le FGTI et, en vertu du premier alinéa de l'article 706-11 du même code, le fonds est subrogé dans les droits de la victime pour obtenir des personnes responsables du dommage causé par l'infraction ou tenues à un titre quelconque d'en assurer la réparation totale ou partielle le remboursement de l'indemnité versée par lui, dans la limite du montant des réparations à la charge desdites personnes.
Sur la somme versée aux ayants droit de M. B :
5. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
6. En vertu des dispositions de l'article L.112-3 du code des relations entre le public et l'administration, toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception, à défaut duquel les délais de recours ne sont pas opposables. Toutefois, aux termes de l'article L.100-3 du même code : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : () 2° Public : a) Toute personne physique ; b) Toute personne morale de droit privé, à l'exception de celles qui sont chargées d'une mission de service public lorsqu'est en cause l'exercice de cette mission ". Le FGTI, organisme créé par la loi et régi par articles L.422-1 et R.422-1 et suivants du code des assurances, joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre de la politique publique d'aide aux victimes et constitue ainsi un instrument de la solidarité nationale. Ses ressources proviennent d'une contribution forfaitaire assise sur les contrats d'assurance qui a le caractère d'une imposition au sens de l'article 34 de la Constitution, les membres du conseil d'administration du fonds sont tous nommés par arrêté ministériel ou interministériel, quatre des neuf administrateurs sont des représentants de l'Etat et la gestion du fonds est contrôlée par un commissaire du gouvernement. Il en résulte, alors même qu'il n'est pas doté de prérogatives de puissance publique, que sa comptabilité est soumise au droit privé et que sa gestion est assurée par le fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, personne morale de droit privé, que le FGTI doit être regardé comme un organisme de droit public, qui n'entre pas dans le champ d'application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration,
7. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur. Il en va ainsi quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime. Celle-ci est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. Si, une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il n'est fait exception à ces règles que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation ou si la demande est fondée sur une cause juridique nouvelle.
8. Il résulte de l'instruction que, par un courrier présenté le 11 mars 2020, le FGTI a demandé au ministre des armées, sur le fondement des articles 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur et L.4123-10 du code de la défense, le remboursement du montant total de 50.000 euros versé aux ayants droit de M. B. Une décision implicite de rejet est née le 11 mai suivant du silence gardé par le ministre sur cette demande. Le délai de recours contentieux de deux mois, qui a couru à compter de cette date en l'absence d'obligation de délivrance d'un accusé de réception à un organisme de droit public, a expiré le 11 mai 2020. Il en résulte que la requête enregistrée le 23 août 2020 et dirigée contre une décision devenue définitive, n'était pas recevable. La nouvelle demande adressée au ministre des armées le 10 février 2023 pour le remboursement du montant total de 50.000 euros versé aux ayants droit de M. B et reposant sur la même cause juridique présente un caractère confirmatif. Dès lors, la requête enregistrée le 7 juin 2023, en tant qu'elle concerne ce remboursement, n'est pas recevable.
Sur la somme versée à M. D :
En ce qui concerne la recevabilité de la demande de remboursement :
9. Aux termes du premier alinéa de l'article L.3225-1 du code de la défense, " Sans préjudice des attributions de l'autorité judiciaire pour l'exercice de ses missions judiciaires, et de celles du ministre de l'intérieur pour l'exercice de ses missions civiles, la gendarmerie nationale est placée sous l'autorité du ministre de la défense pour l'exécution de ses missions militaires, notamment lorsqu'elle participe à des opérations des forces armées à l'extérieur du territoire national. ".
10. S'il est vrai qu'il n'appartient pas au juge administratif de reformuler des conclusions indemnitaires mal dirigées, en vertu notamment d'un principe général, l'autorité administrative saisie à tort est tenue de transmettre la demande à l'autorité administrative compétente et il appartient au juge de communiquer la requête à cette autorité. En admettant, comme le fait valoir le ministre des armées, qu'en sa qualité de gendarme, M. D relevait à la date des faits du ministère de l'intérieur, la réclamation préalable présentée le 10 février 2023 par le FGTI au ministre des armées, dirigée contre l'Etat, devait être transmise au ministre de l'intérieur, lequel, en l'absence de réponse expresse de sa part, est réputé l'avoir implicitement rejetée à l'expiration du délai de deux mois suivant sa réception. En l'espèce, la requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et la fin de non-recevoir tirée de ce que la demande de remboursement adressée au ministre des armées serait mal dirigée ne peut en tout état de cause qu'être écartée.
En ce qui concerne le bien-fondé de la demande :
11. Aux termes de l'article L.451-1 du code de la sécurité sociale : " Sous réserve des dispositions prévues aux articles L.452-1 à L.452-5, L.454-1, L.455-1, L455-1-1 et L.455-2 aucune action en réparation des accidents et maladies mentionnés par le présent livre ne peut être exercée conformément au droit commun, par la victime ou ses ayants droit ". Ces dispositions, qui font seulement obstacle à ce que la victime d'un accident de service exerce contre son employeur une action de droit commun tendant à la réparation des conséquences de l'accident, sauf en cas de faute intentionnelle de l'employeur, n'ont ni pour objet ni pour effet de décharger cet employeur de son obligation de réparer intégralement les préjudices causés par des violences subies par un agent dans l'exercice de ses fonctions, ni d'interdire à la victime d'un tel dommage ou aux organismes subrogés dans ses droits d'exercer à ce titre devant le juge administratif une action tendant à la condamnation de son employeur à lui verser une indemnité complétant les prestations d'accident du travail pour en assurer la réparation intégrale. Par application de la nomenclature dite "Dintilhac", les déficits fonctionnels peuvent être définis comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de la vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales. Il en résulte que, contrairement à ce que fait valoir le ministre des armées, le remboursement versé au FGTI doit prendre en compte, non seulement la réparation du préjudice esthétique et des souffrances physiques et psychiques, mais également la réparation du déficit fonctionnel temporaire et du déficit fonctionnel permanent, au nombre des troubles dans les conditions d'existence, à ranger parmi les préjudices extra-patrimoniaux subis par les victimes. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas allégué en défense que ces préjudices auraient déjà été indemnisés.
12. En application des dispositions citées au point 4 du code de procédure pénale, le FGTI est subrogé dans les droits des victimes pour obtenir des personnes responsables du dommage causé par l'infraction le remboursement de l'indemnité versée par lui, dans la limite du montant des réparations à la charge de ces personnes. Toutefois, d'une part, la nature et l'étendue des réparations incombant à une personne publique ne dépendent pas de l'évaluation du dommage faite par le juge judiciaire ou la CIVI dans un litige auquel elle n'a pas été partie, mais doivent être déterminées par le juge administratif compte tenu des règles relatives à la responsabilité des personnes morales de droit public, d'autre part, le juge n'est pas davantage lié par le contenu des transactions conclues par le fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions.
13. L'expert a relevé que M. D, né en 1978 et âgé de trente-deux ans à la date des faits, a développé un état dépressif d'intensité modérée avec des symptômes évocateurs d'état de stress post-traumatique. Il a évalué à 3 % son déficit fonctionnel permanent, ce qui justifie l'allocation du montant de 4.000 euros sur la base du référentiel d'indemnisation établi par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et mis à jour le 22 mai 2023. Les souffrances endurées, évaluées à 2,5 sur une échelle de 7 justifient l'allocation du montant de 4.000 euros. Le déficit fonctionnel temporaire partiel subi pendant près de neuf ans, jusqu'au 5 avril 2019, date de consolidation de son état de santé, évalué à 5 % par l'expert, doit être estimé à 3.000 euros. Enfin, le déficit temporaire total subi pendant un mois justifie l'allocation de 500 euros.
14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 13 que les préjudices subis par M. D doivent être évalués à la somme totale de 11.500 euros.
Sur la somme versée à M. E :
15. L'expert a relevé que M. E, en 1988, âgé de vingt-et-un ans à la date de l'agression, a subi un traumatisme crânien avec une plaie frontale droite qui lui a laissé une cicatrice et un état de stress post-traumatique. La consolidation de son état de santé a été acquise le 8 juillet 2012. Sur la base du référentiel d'indemnisation établi par l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation du pretium doloris, du préjudice esthétique temporaire et du préjudice esthétique permanent subis par l'intéressé, évalués respectivement à 3, 3 et 2 sur une échelle de 7 par l'expert en les fixant au montant total de 6.000 euros. M. E présente un déficit fonctionnel permanent évalué à 3 % par l'expert, ce qui justifie l'allocation du montant de 4.500 euros. Il a présenté un déficit fonctionnel temporaire total les 8, 10, 11 et 12 juillet 2010, un déficit fonctionnel temporaire de 50 % le 9 juillet 2010, un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 13 au 25 juillet 2010, puis un déficit fonctionnel temporaire de 10 % pour la période du 26 juillet 2010 au 7 juillet 2011. Il sera fait une juste appréciation de ces chefs de préjudice en les fixant à la somme de 800 euros. Il en résulte que les préjudices subis par M. E doivent être évalués à la somme totale de 11.300 euros.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le FGTI est fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui rembourser la somme de 22.800 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
17. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts dus en application des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. Le FGTI a droit à ces intérêts à compter du 10 février 2023, date à laquelle il a fait parvenir sa demande indemnitaire.
18. Pour l'application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière, sans qu'il soit toutefois besoin d'une nouvelle demande à l'expiration de ce délai. De même, la capitalisation s'accomplit à nouveau, le cas échéant, à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. En l'espèce, la capitalisation des intérêts a été demandée par le FTGI dans son mémoire introductif d'instance enregistré le 7 juin 2023. À cette date, il n'était pas dû plus d'une année d'intérêts. Dès lors, il y a seulement lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 février 2024.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
19. Il y a lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros à verser au FTGI au titre de de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE
Article 1er : L'Etat versera au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions la somme de 22.800 euros en remboursement des frais exposés pour la prise en charge des préjudices subis par M. D et M. E. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 10 février 2023 avec capitalisation des intérêts échus le 10 février 2024 et à chaque échéance annuelle successive.
Article 2 : L'Etat versera au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions la somme de 1.200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions, au ministre des armées et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Marcisieux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULa présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
M. A C
La République mande et ordonne au ministre des armées et au ministre de l'intérieur en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026