jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301119 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 juin 2023 et 21 février 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre de relance du 25 janvier 2023 ainsi que les saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre les 24 et 31 mars suivant pour le recouvrement, d'une part, des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2012, 2013 et 2022, d'autre part, des cotisations de taxe foncière au titre de l'année 2022, d'un montant total de 3.661 euros ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui accorder un paiement échelonné des montants restant dus et " le remboursement du versement de la SATD " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B invoque la prescription de l'action en recouvrement pour les impositions dues au titre des années 2012 et 2013, puis fait valoir qu'aucune mise en demeure de payer ne lui a été notifiée pour la taxe foncière de l'année 2022.
Par un mémoire en défense et une pièce enregistrés les 20 et 22 novembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Guyane conclut au " rejet partiel " de la requête.
Il indique avoir prononcé la décharge des taxes d'habitation dues au titre des années 2012 et 2013 et, dans cette mesure, la mainlevée de la saisie à tiers détenteur, puis fait valoir que la dette fiscale est soldée, que les sommes prélevées à tort donneront lieu à la compensation prévue par l'article L.257 B du livre des procédures fiscales avec le montant dû au titre de la taxe foncière de l'année 2022 et que l'éventuel trop-versé sera remboursé.
Par une décision du 28 septembre 2023, le président du tribunal a désigné Mme Lacau, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés par l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application des dispositions de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative, le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les observations de M. B ont été entendus au cours de l'audience publique, le directeur régional des finances publiques de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler la lettre de relance du 25 janvier 2023 ainsi que les saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre les 24 et 31 mars suivant pour le recouvrement, d'une part, des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2012, 2013 et 2022, d'autre part, des cotisations de taxe foncière au titre de l'année 2022, d'un montant total de 3.661 euros. Il demande, en outre, dans ses dernières écritures, qu'il soit enjoint à l'administration de lui accorder " le remboursement du versement de la SATD ".
2. Il n'appartient pas au juge administratif d'annuler un acte de poursuite. Les conclusions de M. B peuvent, toutefois, être regardées comme tendant à la décharge de l'obligation de payer le montant de 3.661 euros.
Sur la taxe d'habitation et la contribution à l'audiovisuel public au titre de l'année 2022 :
3. Il résulte des dispositions du premier alinéa de l'article L.208 du livre des procédures fiscales que quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires.
4. Il incombe au juge, saisi d'un contentieux du recouvrement, de tenir compte d'actes ou d'événements postérieurs à l'émission de l'acte de poursuite litigieux, ayant des effets sur l'exigibilité de la somme recherchée en paiement et entachant cet acte de caducité. L'intervention d'un dégrèvement, qui prive l'imposition d'exigibilité, frappe de caducité les effets des actes tendant au recouvrement forcé relatifs à l'obligation de payer cette imposition et emporte le non-lieu à statuer sur toute contestation de cette obligation de payer.
5. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 14 avril 2023, antérieure à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement d'un montant de 730 euros correspondant à la taxe d'habitation et à la contribution à l'audiovisuel public au titre de l'année 2022, ramenant au montant de 2.931 euros sa dette fiscale. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 et 4, en l'absence de litige né et actuel avec le comptable chargé du remboursement, les conclusions de M. B tendant à la décharge de la taxe d'habitation et de la contribution à l'audiovisuel public au titre de l'année 2022 sont privées d'objet et, partant, irrecevables.
Sur la taxe d'habitation et la contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2012 et 2013 :
6. Le directeur régional des finances publiques de la Guyane indique avoir prononcé la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2012 et 2013, d'un montant total de 1.894 euros, atteintes par la prescription, et, par voie de conséquence, la mainlevée de la saisie à tiers détenteur du 24 mars 2023. Les conclusions de la requête sont dans cette mesure devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur la taxe foncière au titre de l'année 2022 :
7. Dans ses écritures en défense, le directeur régional des finances publiques de la Guyane indique que " la dette fiscale du requérant est désormais soldée ", puis que les sommes prélevées à tort donneront lieu à la compensation prévue par l'article L.257 B du livre des procédures fiscales avec le montant dû au titre de la taxe foncière de l'année 2022 qu'il estime " légitime et maintenu ", demeuré impayé en dépit de la lettre de relance du 25 janvier 2023, et au remboursement de l'éventuel trop-versé.
8. En vertu de l'article L.281 du livre des procédures fiscales, les contestations relatives au recouvrement des impôts dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Elles portent soit sur la régularité en la forme de l'acte, soit, à l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur les contestations portant sur la régularité en la forme de l'acte sont portés devant le juge de l'exécution.
9. En vertu du 1 de l'article L.257-0 A du même livre, à défaut de paiement des sommes mentionnées sur l'avis de mise en recouvrement, le comptable public adresse au redevable une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912 du code général des impôts. Si M. B invoque l'absence de notification préalable d'une mise en demeure de payer, ce moyen tenant à la régularité en la forme des saisies à tiers détenteur ne peut être utilement soulevé à l'appui d'une contestation de l'obligation de payer portée devant le juge administratif. Il en résulte que le requérant, qui n'assortit d'aucun autre moyen sa contestation concernant le recouvrement de la cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2022, n'est pas fondé à demander la décharge de l'obligation de payer le montant de 1.037 euros restant en litige. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui accorder un paiement échelonné de ce montant, sur lesquelles il n'appartient pas au juge administratif de statuer, ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. Les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative par M. B, qui n'a pas eu recours au ministère d'un avocat et ne justifie ni même n'allègue avoir exposé des frais pour la présente instance, ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B à hauteur du montant correspondant aux cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2012 et 2013.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
M.T. LACAULa greffière
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026