vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301287 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TAOUMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 30 juin 2023, 17 août 2023, 29 août 2023, 20 septembre 2023 et 16 janvier 2024, la société communale de Saint-Martin (SEMSAMAR) représentée par Me Benjamin demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la chambre du commerce et de l'industrie de la Guyane (CCIG) à lui verser une provision de 859 381, 81 euros augmentée des intérêts moratoires à compter du 18 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la chambre du commerce et de l'industrie, la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance présente un caractère non sérieusement contestable dès lors qu'elle correspond à la participation de la CCIG pour l'aménagement du parc d'activités économiques de Dégrad-des-Cannes ;
- l'absence de réalisation du projet d'aménagement du parc d'activités économiques de Dégrad-des-Cannes ne remet aucunement en cause le paiement auquel elle a droit du fait de la réalisation d'études pré-opérationnelles ;
- les conclusions reconventionnelles présentées par la CCIG sont irrecevables, dès lors que la CCIG ne lui a adressé aucune demande indemnitaire préalable et que la demande est sans lien avec l'objet du litige principal.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 juillet 2023, 23 août 2023, 30 août 2023, 20 novembre 2023 et le 5 février 2024, la CCIG représentée par Me Taoumi conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la SEMSAMAR à lui verser une provision d'un montant de 1 717 000 euros ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société communale de Saint-Martin, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du CJA.
La CCIG fait valoir, à titre principal, que :
- la SEMSAMAR a commis plusieurs fautes dans l'exécution de la convention d'aménagement et notamment qu'elle a adressé une demande de subvention dont elle n'a assuré aucun suivi, au mauvais organisme ; qu'elle n'a jamais informé le maître d'œuvre d'une quelconque difficulté ;
- la SEMSAMAR n'apporte aucune preuve de recherches de financements autres que celles présentées à la collectivité territoriale de Guyane ;
- la SEMSAMAR s'est engagée sur des travaux et non sur de simples études pré-opérationnelles ;
- la SEMSAMAR a sciemment occulté au maître d'ouvrage le fait que les autorisations d'urbanisme aient expiré avant la fin initiale du contrat de concession d'aménagement.
Elle expose, à titre reconventionnel, que les fautes de la SEMSAMAR dans l'exécution de la convention d'aménagement lui ont causé un préjudice de 1 717 000 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 novembre 2010, la CCIG a conclu un contrat de concession d'aménagement d'une durée de dix ans par lequel, elle a confié à la SEMSAMAR, l'opération d'aménagement du parc d'activités économiques de Dégrad-des-Cannes. Ce contrat de concession d'aménagement a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2021 par un avenant en date du 30 novembre 2020. Par la présente requête, la SEMSAMAR demande au juge des référés du tribunal de condamner la CCIG sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 859 381, 81 euros à titre de provision augmentée des intérêts moratoires à compter du 18 décembre 2019.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Pour apprécier si l'existence d'une obligation est dépourvue de caractère sérieusement contestable, le juge des référés peut s'appuyer sur l'ensemble des éléments figurant au dossier qui lui est soumis pourvu qu'ils présentent un caractère de précision suffisante et qu'ils aient été soumis à la contradiction des parties.
3. Pour demander la condamnation de la CCIG au paiement d'une provision, la SEMSAMAR indique qu'elle a dû conduire de nombreuses études pré-opérationnelles et procédures règlementaires relatives à l'opération d'aménagement du parc d'activités économiques de Dégrad-des-Cannes. La CCIG fait valoir en défense que la SEMSAMAR a commis plusieurs fautes et notamment qu'elle a adressé une demande de subvention en vue du financement des études pré-opérationnelles, dont au demeurant elle n'a assuré aucun suivi, au mauvais organisme. Elle expose également qu'aucun aménagement n'a jamais été réalisé par la SEMSAMAR alors qu'il lui incombait de procéder à la réalisation desdits travaux et non, à de simples études pré-opérationnelles.
4. L'article 2 b) de la concession d'aménagement stipule que l'aménageur devra procéder à toutes études opérationnelles nécessaires à la réalisation du projet et notamment " Le suivi du plan d'organisation spatiale de l'opération ; Les études opérationnelles nécessaires à toutes les actions de démolition, d'aménagement et construction ; Toutes études qui permettront, en cours d'opération, de proposer toutes modifications de programme qui s'avèreraient opportunes, assortie des documents prévisionnels correspondants () ". . L'article 2 c) confie également à l'aménageur une mission d'aménagement des sols et de réalisation des équipements concourants à l'opération globale d'aménagement. L'article 2 f) de la concession d'aménagement prévoit par ailleurs que l'aménageur devra assurer l'ensemble des tâches de conduite et de gestion de l'opération. Enfin, aux termes de l'article 2 g) de ladite convention, l'aménageur devra " Assurer les tâches gestion financière de l'opération et notamment, la mise en place des moyens de financement et de préfinancement de l'opération ".
5. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que la SEMSAMAR ait procédé à la recherche d'autres financements que ceux sollicités auprès de la collectivité territoriale de Guyane, ni que les travaux prévus par la convention d'aménagement aient été réalisés. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation dont se prévaut la SEMSAMAR ne peut être regardée comme non sérieusement contestable. Dès lors, sa demande de provision doit être rejetée. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant au versement des intérêts moratoires doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles de la CCIG :
6. Pour demander par voie reconventionnelle la condamnation de la SEMSAMAR à lui verser la somme de 1 717 000 euros à titre de provision, la CCIG se borne à soutenir que les fautes commises par la SEMSAMAR dans l'exécution de la convention d'aménagement du parc d'activités économiques de Dégrad-des-Cannes lui ont fait perdre une chance sérieuse de réaliser son projet, lui causant un préjudice certain. Toutefois, la CCIG ne produit aucun élément chiffré au soutien de ses allégations. Dès lors, l'existence de l'obligation dont se prévaut la CCIG ne peut être regardée comme non sérieusement contestable. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions aux fins de versement d'une provision présentées par la CCIG doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CCIG, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SEMSAMAR demande au titre des frais exposés non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la CCIG présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SEMSAMAR est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la CCIG et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée société communale de Saint-Martin et à la chambre du commerce et de l'industrie de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S.PROSPER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026