jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2301490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juillet 2023, M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale lui a refusé le versement de l'indemnité de sujétion géographique.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- il remplit les conditions pour se voir attribuer l'indemnité de sujétion géographique tel que le prévoit l'article 4 de son arrêté de mutation au sein de la direction territoriale de la police nationale de Guyane du 22 juin 2022 ;
- au regard de cet arrêté, il a avancé ses frais de déplacement et de changement de résidence, avant de se voir refuser le paiement de son indemnité de sujétion géographique.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 janvier 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors, d'une part, qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen, ni faits et n'énonce pas de conclusions et, d'autre part, que le requérant n'a pas produit la décision attaquée ;
- à titre subsidiaire, il ne remplit pas les conditions d'attribution de l'indemnité de sujétion géographique.
Le ministre de l'intérieur a présenté des observations, enregistrées le 22 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2013-314 du 15 avril 2013 modifié par le décret n° 2022-704 du 26 avril 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lebel,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- et les observations de M. B, représentant le préfet de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 juin 2022 du ministre de l'intérieur, M. A, brigadier-chef de police, a été affecté, par voie de mutation, au sein de la direction territoriale de la police nationale de la Guyane à compter du 1er septembre 2022. Par une décision du 22 mai 2023, la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale a refusé de lui verser la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique dès lors qu'il avait déjà bénéficié de la troisième fraction de cette indemnité en 2021, au titre d'une première affectation en Guyane à compter du 1er septembre 2017. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête (). Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / () "
3. Il ressort des termes de la requête de M. A, présentée sans avocat, qu'il demande au tribunal d'annuler la décision rendue le 22 mai 2023 par son administration " qui refuse de [lui] payer son indemnité de sujétion géographique ". En outre, le requérant doit être regardé comme soutenant qu'il remplit les conditions pour prétendre à son versement conformément à l'article 4 de son arrêté de mutation du 22 juin 2022 et qu'au regard de cet arrêté, il a avancé ses frais de déplacement et de changement de résidence, avant de se voir refuser le paiement de son indemnité de sujétion géographique. Sa requête satisfait, ainsi, aux exigences prévues par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut qu'être écartée.
4. En second lieu, contrairement à ce que soutient le préfet de la Guyane, le requérant a produit, le 2 août 2023, la décision attaquée du 22 mai 2023 par laquelle la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale de la préfecture de la Guyane a refusé de lui verser la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique. Par suite, cette fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 1er du décret du 15 avril 2013 portant création d'une indemnité de sujétion géographique, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Une indemnité de sujétion géographique est attribuée, dans les conditions prévues par le présent décret, aux fonctionnaires de l'Etat et aux magistrats, titulaires et stagiaires, affectés en Guyane, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon, s'ils y accomplissent une durée minimale de deux années consécutives de services. () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Peuvent bénéficier de l'indemnité de sujétion géographique les agents mentionnés à l'article 1er remplissant les conditions suivantes : / a) La précédente résidence administrative de l'agent doit être située dans un département ou territoire différent du département ou territoire d'affectation de l'agent ; b) L'agent ne doit pas avoir bénéficié de l'indemnité de sujétion géographique au titre d'une affectation intervenue durant les deux ans précédant son affectation actuelle ().".
6. D'une part, en l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 22 juin 2022 portant mutation de M. A, en son article 4, lui a accordé le bénéfice de l'indemnité de sujétion géographique sous réserve de la non perception de la prime spécifique d'installation et de l'accomplissement d'une durée minimale de séjour de quatre années consécutives de service. Par décision du 22 mai 2023, la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale a refusé de verser à M. A la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique en tant qu'il ne remplissait pas les conditions posées par le décret du 15 avril 2013 portant création d'une indemnité de sujétion géographique. Cette décision doit, dès lors, être analysée comme procédant au retrait de l'arrêté du 22 juin 2022 en tant qu'il accorde le versement de cette indemnité au requérant.
7. D'autre part, il est constant que M. A a été affecté une première fois, par voie de mutation, au sein de la direction territoriale de la police nationale, à compter du 1er septembre 2017, pour une durée de quatre ans et qu'il a, par la suite, été affecté du 1er septembre 2021 au 1er septembre 2022 au sein de la circonscription de sécurité publique de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Si par arrêté du 22 juin 2022, le ministre de l'intérieur a prononcé sa mutation au sein de la direction territoriale de la police nationale de Guyane à compter du 1er septembre 2022, il demeure qu'à cette date, il avait bénéficié de la troisième fraction de l'indemnité de sujétion géographique moins de deux ans avant cette nouvelle affectation. Or, il résulte des dispositions de l'article 2 du décret du 15 avril 2013 précitées, que l'agent affecté en Guyane pendant quatre ans ne peut prétendre de nouveau au versement de l'indemnité de sujétion géographique s'il est affecté dans ce département, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon au cours des deux années suivantes.
8. Toutefois, aux termes des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'arrêté du 22 juin 2022, en tant qu'il accorde à M. A le bénéfice de l'indemnité de sujétion géographique, a méconnu les dispositions précitées du b) de l'article 2 du décret du 15 avril 2013 et est, par suite, illégal. Cependant, l'administration ne disposait que d'un délai de quatre mois pour retirer cette décision individuelle créatrice de droits dont M. A se prévaut. À la date de la décision attaquée, le 22 mai 2023, ce délai de quatre mois était expiré. Par suite, la décision du 22 mai 2023 refusant le versement à M. A de l'indemnité de sujétion géographique et portant retrait de l'arrêté du 22 juin 2022 est illégale.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision de la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale de la préfecture de la Guyane du 22 mai 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 mai 2023 de la cheffe du secrétariat général pour l'administration de la police nationale est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Guyane.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au secrétariat général pour l'administration de la police nationale de Guyane.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Topsi, conseillère,
Mme Lebel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.
La rapporteure,
Signé
I. LEBEL La présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026