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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301623

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301623

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Guyane a rejeté la requête de Mme A, ressortissante haïtienne, qui demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral du 9 mars 2023 lui refusant un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a estimé que la décision n'était entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation, en application de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a relevé que Mme A, entrée en France à 26 ans, conservait des attaches familiales en Haïti et ne justifiait pas d'une insertion économique suffisante, sa cellule familiale pouvant se reconstituer hors de France.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 août 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Elle soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Marcisieux a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante haïtienne née le 18 mai 1987 à Aquin (Haïti), déclare être entrée sur le territoire français en 2013. L'intéressée a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 mars 2023, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays ()".

3. Il ressort des pièces de dossier que Mme A déclare être entrée sur le territoire français en 2013, à l'âge de vingt-six ans et qu'elle a donné naissance à une fille née sur le territoire français le 26 février 2015. La requérante a conservé des liens familiaux dans son pays d'origine où réside un de ses enfants et n'établit, ni même n'allègue que sa cellule familiale, composée d'elle-même et de sa fille, ne pourrait pas se reconstituer en dehors du territoire français, alors qu'elle a vécu en Haïti la majeure partie de sa vie. Enfin, Mme A ne justifie pas d'une insertion économique sur le territoire français. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut être que rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 12 juin 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Lacau, présidente,

Mme Marcisieux, conseillère,

Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025.

La rapporteure,

Signé

M.-R. MARCISIEUX

La présidente,

Signé

M.-T. LACAU La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

R. DELMESTRE GALPE

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