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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301741

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301741

jeudi 25 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane a examiné la requête de M. A..., ressortissant haïtien, contestant l’arrêté préfectoral du 16 août 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La solution retenue est un non-lieu à statuer sur les conclusions principales, car M. A... a obtenu la protection subsidiaire le 9 juillet 2025, ce qui a implicitement abrogé l’arrêté contesté. Les conclusions accessoires, notamment celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ont été rejetées. Cette décision s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les conventions européenne et internationale relatives aux droits de l’homme et de l’enfant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, M. B... A..., représenté par Me Charlot, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 16 août 2023 par lequel préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre, à titre principal, au préfet de la Guyane de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, et dans l’attente et dans un délai de huit jours, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; subsidiairement de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que :
- l’arrêté dans son ensemble est entaché d’incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’erreurs de faits ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

La requête a été communiquée au préfet de la Guyane qui n’a pas produit d’observation.

Par un courrier du 12 août 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de ce que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet dès lors que M. A... a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l’office français de protection des réfugiés et des apatrides par une décision du 9 juillet 2025 et notifiée le 18 juillet 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Marcisieux a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant haïtien né le 24 avril 1989 à Miragoane (Haïti), déclare être entré sur le territoire français en juin 2016. L’intéressé a fait l’objet d’une interpellation dans le cadre d’un contrôle aux fins de vérification du droit de circulation ou de séjour le 16 août 2023. Par un arrêté du même jour, dont M. A... demande l’annulation, le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.

Il ressort de la fiche Telemofpra de M. A... transmise par le préfet de la Guyane que l’intéressé bénéficie de la protection subsidiaire depuis le 9 juillet 2025. Il s’ensuit qu’une telle décision a implicitement mais nécessairement abrogé, postérieurement à l’introduction de la requête, l’arrêté contesté du 16 août 2023. Dans ces conditions, les conclusions de M. A... tendant à l’annulation de cet arrêté ainsi que ses conclusions à fin d’injonction, sont devenues sans objet. Il n’y a, par suite, plus lieu d’y statuer.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A... présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation de d’injonction présentées par M. A....

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de la Guyane.


Délibéré après l’audience du 4 septembre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Guisérix, président,
Mme Marcisieux, conseillère,
Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2025.


La rapporteure,
Signé
M.-R. MARCISIEUX
Le président,
Signé
O. GUISERIX

La greffière,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière
Signé

R. DELMESTRE-GALPE


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