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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2302018

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2302018

mardi 27 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2302018
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL SDC AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Dalle-Crode, demande au juge des référés, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane à lui verser la somme de 12 777,75 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnité de licenciement qu'elle estime lui être due au titre de son licenciement pour inaptitude physique ;

2°) de condamner la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane à lui verser la somme de 11 312,90 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnité de congés payés qu'elle estime lui être due au titre de son licenciement pour inaptitude physique ;

3°) de mettre à la charge de la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- elle a droit au versement d'une indemnité de licenciement dès lors qu'à la date de son licenciement pour inaptitude physique, elle justifiait d'une ancienneté de cinq année ;

- elle a droit à une indemnité de congés payés dès lors qu'elle n'a pas pris 83 jours de congés payés qu'elle avait acquis à la date de rupture des fonctions.

La requête a été communiqué à la Chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée en qualité de professeur vacataire au centre de formation des apprentis de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Guyane à compter du 10 septembre 2018 au 30 juin 2019. A compter du 1er mars 2020, l'intéressée a été recrutée, par un contrat à durée indéterminée, par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Guyane en qualité de professeur en esthétique. Par une décision du 21 septembre 2023, notifiée le 25 septembre 2023, Mme B a été licenciée pour inaptitude physique à compter du 25 septembre 2023. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administration de condamner la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane à lui verser la somme de 12 777,75 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnité de licenciement et la somme de 11 312,90 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnité de congés payés qu'elle estime lui être dues au titre de son licenciement pour inaptitude physique.

Sur la demande de provision :

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Pour apprécier si l'existence d'une obligation est dépourvue de caractère sérieusement contestable, le juge des référés peut s'appuyer sur l'ensemble des éléments figurant au dossier qui lui est soumis pourvu qu'ils présentent un caractère de précision suffisante et qu'ils aient été soumis à la contradiction des parties.

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.

4.

Il résulte de l'instruction que Mme B a, par un courrier du 5 octobre 2023, mis en demeure la chambre de métiers de l'artisanat de la Guyane de lui adresser son solde de tout compte, les documents obligatoires relatifs à la rupture de son contrat de travail, ses bulletins de salaire pour les mois d'août et de septembre 2023 et de lui verser son solde de tout compte. Elle interrogeait par ailleurs la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane sur la justification de l'absence de salaire pour la période allant du 1er au 26 juillet 2023. Une telle correspondance ne saurait s'analyser comme une demande tendant à ce que lui soient versées les sommes qu'elle estime lui être dues au titre d'une indemnité de licenciement et d'une indemnité de congés payés, pour lesquelles elle a présenté une demande de provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait en tout état de cause présenté une telle demande avant de formuler devant le juge des référés une demande chiffrée de provision selon les termes ci-dessus précisés. Par suite, la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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