jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2302209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 décembre 2023, le 13 octobre 2024 et le 13 novembre 2024, Mme D C, agissant en sa qualité de représentante légale de son fils, M. A B, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2023 par laquelle le recteur de l'académie de la Guyane a prononcé à l'encontre de M. B, son fils, la sanction d'exclusion définitive du collège Agarande de Kourou assortie d'un sursis jusqu'au 30 juin 2025 ;
2°) d'enjoindre au recteur de supprimer la mention de cyberharcèlement dans le dossier scolaire de son fils.
Mme C soutient que :
- le procès-verbal du conseil de discipline est entaché d'erreurs de retranscription de la séance du conseil de discipline ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son fils n'a pas commis les faits qui lui sont reprochés, que les poursuites pénales à son encontre ont été classées sans suite et qu'en l'absence de répétition de faits, il ne peut y avoir de cyberharcèlement ;
- c'est à tort que le chef d'établissement a engagé des poursuites disciplinaires puisque les faits reprochés sont antérieurs à l'entrée en vigueur du décret n° 2023-782 du 16 août 2023 qui prévoit l'obligation d'engager une procédure disciplinaire en matière de harcèlement et de cyberharcèlement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le recteur de l'académie de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 17 avril 2025, les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le moyen de légalité externe présenté dans le mémoire du 13 octobre 2024, qui se rattache à une cause juridique distincte de celle des moyens de légalité interne invoqués dans le délai de recours contentieux, est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n° 2023-782 du 16 août 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Topsi, conseillère,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- et les observations de M. E, représentant le recteur de l'académie de la Guyane.
Mme C n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, élève de 4ème d'une classe de section d'enseignement général et professionnel adapté au sein du collège Agarande de Kourou, a été entendu le 29 septembre 2023 par le conseil de discipline de l'établissement pour des faits de cyberharcèlement. Par une décision du même jour, le conseil de discipline a prononcé à l'encontre de M. B une sanction d'exclusion avec sursis d'un an. La cheffe d'établissement a exercé un recours auprès du recteur de l'académie de la Guyane qui a prononcé, le 20 octobre 2023, une exclusion définitive de M. B avec sursis jusqu'au 30 juin 2025. Par sa requête, Mme C agissant au nom de son fils, demande au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Toutefois, l'introduction d'un recours juridictionnel tendant à l'annulation d'une décision administrative établit que l'auteur de ce recours a eu connaissance de cette décision au plus tard à la date à laquelle il a formé ce recours. Dans ce cas, les moyens, qui ne sont pas d'ordre public, soulevés plus de deux mois après la date de saisine du tribunal et ressortissant d'une cause juridique différente de celle dont relevaient les moyens invoqués dans ce délai, ont le caractère d'une prétention nouvelle tardivement présentée et, par suite, irrecevable.
3. En l'espèce, la requête présentée par Mme C ne contenait que des moyens relatifs à la légalité interne de la décision attaquée. Si dans son mémoire en réplique enregistré le 13 novembre 2024, elle a soulevé un moyen tiré de ce que le procès-verbal du conseil de discipline serait entaché d'erreurs de retranscription, ce moyen relatif à la légalité externe soulevé après l'expiration du délai de recours contentieux qui courait à compter de l'introduction de la requête, le 20 décembre 2023, est irrecevable.
4. En deuxième lieu, le recteur de l'académie de la Guyane a prononcé une sanction d'exclusion définitive à l'encontre de M. B, assortie d'un sursis jusqu'au 30 juin 2025 notamment au motif de la méconnaissance des principes de vie communautaires édictés dans le règlement intérieur du collège tels que " Le respect de l'autre, la politesse, le respect de l'environnement. ". À supposer que les faits se seraient déroulés avant l'entrée en vigueur du décret du 16 août 2023 relatif au respect des principes de la République et à la protection des élèves dans les établissements scolaires relevant du ministre chargé de l'éducation nationale, cette circonstance ne ferait pas obstacle à ce qu'une sanction disciplinaire soit prononcée en raison de la violation des règles de comportement prescrites par le règlement intérieur de l'établissement et plus particulièrement au regard de l'exigence du respect d'autrui. Au demeurant, il ne ressort pas des termes de la décision contestée que le recteur se serait cru tenu d'engager une procédure disciplinaire. L'autorité administrative compétente apprécie l'opportunité des poursuites en matière disciplinaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de fondement des poursuites disciplinaires doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'éducation : " Les obligations des élèves de l'enseignement primaire et secondaire consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études ; elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements. ". Les obligations des élèves des établissements d'enseignement du second degré sont, notamment, précisées, en vertu de l'article R. 511-1 du même code, dans le règlement intérieur de chaque établissement. En vertu des articles R. 511-12 et suivants du même code, ces élèves s'exposent, en cas de manquement à leurs obligations, aux sanctions disciplinaires énumérées à l'article R. 511-13 de ce code, qui vont de l'avertissement à l'exclusion définitive de l'établissement et qui sont prononcées, dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, par le chef d'établissement ou par un conseil de discipline. En outre, aux termes de l'article R. 511-13-1 du code de l'éducation : " I.- L'autorité disciplinaire qui a prononcé une sanction assortie du sursis à son exécution détermine la durée pendant laquelle le sursis peut être révoqué. Cette durée ne peut être inférieure à l'année scolaire en cours et ne peut excéder celle de l'inscription de la sanction au dossier administratif de l'élève mentionnée au IV de l'article R. 511-13. / Dans le cas d'une exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes, la durée pendant laquelle le sursis peut être révoqué ne peut excéder la fin de la deuxième année scolaire suivant le prononcé de la sanction. / Le chef d'établissement avertit l'élève et, si celui-ci est mineur, son représentant légal, des conséquences qu'entraînerait un nouveau manquement au règlement intérieur de l'établissement pendant la durée fixée aux alinéas précédents. / (). ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de synthèse du chef d'établissement que le rectorat a reçu le 14 septembre 2023 un signalement concernant des faits de diffusion sur un réseau social d'une vidéo à caractère sexuel d'une élève de l'établissement qui se sont déroulés au cours des vacances scolaires de juillet-août 2023. La cheffe d'établissement du collège indique que l'élève concernée par la diffusion, contre son gré, de la vidéo ainsi que d'autres élèves " ont formellement accusé [M. B] d'avoir diffusé la vidéo après avoir menacé la jeune fille de le faire si elle ne réalisait pas une autre vidéo. Elle a refusé. Il l'a diffusée. ". Il ressort du compte-rendu du procès-verbal du conseil de discipline que M. B a confirmé avoir reçu la vidéo de la part de l'élève figurant sur la vidéo, en revanche, il conteste d'une part l'avoir menacée de diffuser la vidéo si elle ne réalisait pas une nouvelle vidéo, d'autre part, il conteste avoir diffusé lui-même la vidéo en faisant valoir que celle-ci aurait été diffusée à partir de son téléphone par un ami. Toutefois, cette allégation qui est certes confirmée par la représentante légale de M. B, laquelle argue que son fils aurait regardé la vidéo avec un ami, qu'il n'aurait pas diffusé celle-ci et l'aurait supprimé le jour même, n'est corroborée par aucune pièce versée au dossier. Par ailleurs, le retrait de la plainte par l'élève victime et le classement sans suite de l'affaire par le procureur de la République sont sans incidence sur la matérialité des faits reprochés. Dans ces conditions, les faits reprochés à M. B doivent être regardés comme établis.
8. Les faits décrits au point précédent, qui ne sont pas dépourvus de tout lien avec la vie scolaire, sont contraires à l'exigence de respect des membres de la communauté scolaire et, ainsi, constituent une faute disciplinaire de nature à justifier une sanction.
9. Compte tenu de la gravité de la faute commise par M. B ainsi que des conséquences pour l'élève concernée, le recteur n'a pas pris une sanction disproportionnée en prononçant son exclusion définitive assortie d'un sursis jusqu'au 30 juin 2025. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, par les moyens que Mme C invoque, les conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au recteur de l'académie de la Guyane.
Copie pour information sera adressée à la cheffe d'établissement du collège Henri Agarande.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Topsi, conseillère,
Mme Lebel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.
La rapporteure,
Signé
M. TOPSILa présidente,
Signé
E. ROLINLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026