LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2103518

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2103518

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2103518
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre Bis
Avocat requérantTESOKA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires et de production enregistrés les 17 septembre 2021, 23 décembre 2022, 10 mars et 28 mars 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Casagec Ingénierie, représentée par Me Heymans, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Boueni à lui verser une indemnité de 8 688 euros ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Boueni une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête indemnitaire est recevable, car elle a pris soin de lier le contentieux ;

- la commune de Boueni a commis une erreur en attribuant le marché public de prestations de services consistant dans la réalisation d'une étude hydrodynamique pour la protection de son front de mer à la société Artelia dont le prix et le délai étaient supérieurs aux siens ;

- dès lors que, classée en deuxième position, elle aurait eu des chances sérieuses d'emporter le marché, elle est en droit de solliciter une indemnisation tant au titre des frais engagés pour présenter l'offre que du manque à gagner.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 décembre 2022 et 27 mars 2023, la commune de Boueni, représentée par Me Tesoka, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

-aucune différence de traitement et de méthodes de notation n'a été appliquée entre les sociétés candidates ;

-en tout état de cause, seul le manque à gagner, dûment justifié, est indemnisable.

Par ordonnance du 15 novembre 2022, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 15 décembre 2022.

Vu :

- la lettre du 6 septembre 2022, par laquelle la société Casagec a confirmé le maintien de sa requête ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,

- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Boueni a lancé une consultation en vue de l'attribution d'un marché public de prestations de services consistant dans la réalisation d'une étude hydrodynamique pour la protection de son front de mer en application du code de la commande publique. Par courrier du 21 juin 2021, la commune a informé la société par actions simplifiée (SAS) Casagec Ingénierie du rejet de son offre et de l'attribution du marché à la société Artelia. Après avoir demandé des précisions sur les motifs du rejet de son offre et mis en demeure la commune de retirer sa décision d'attribution, la société Casagec a d'abord saisi le juge des référés d'un référé précontractuel, en vain, le marché ayant été signé le 21 juin 2021, avant de former une demande préalable d'indemnisation. Dans le dernier état de ses écritures, elle demande au tribunal de condamner la commune à lui verser une indemnité de 8 688 euros en réparation du préjudice résultant de son éviction irrégulière.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 2152-6 du code de la commande publique : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : / 1° Soit sur un critère unique () ; / 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants : a) La qualité, y compris la valeur technique () ; b) Les délais d'exécution () ; c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel (). D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. () ". Le pouvoir adjudicateur définit librement la méthode de notation pour la mise en œuvre de chacun des critères de sélection des offres qu'il a définis et rendus publics ; toutefois, ces méthodes de notation sont entachées d'irrégularité si, en méconnaissance des principes fondamentaux d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, elles sont par elles-mêmes de nature à priver de leur portée les critères de sélection ou à neutraliser leur pondération et sont, de ce fait, susceptibles de conduire, pour la mise en œuvre de chaque critère, à ce que la meilleure note ne soit pas attribuée à la meilleure offre, ou, au regard de l'ensemble des critères pondérés, à ce que l'offre économiquement la plus avantageuse ne soit pas choisie. En particulier, la méthode de notation du critère du prix doit permettre d'attribuer la meilleure note au candidat ayant proposé le prix le plus bas.

3. D'autre part, le règlement de consultation du marché en cause prévoyait en son point 20 que " le classement des offres et le choix du/des attributaire(s) sont fondés sur l'offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères pondérés notés sur 100 énoncés ci-dessous : 1. Critère délai d'exécution pondéré à 20 %, 2. Critère prix des prestations pondéré à 50 % ; 3. Critère valeur technique pondéré à 30% ". Il résulte du rapport d'analyse des offres et du courriel du directeur des services techniques de la commune de Boueni du 22 juin 2021 que le délai d'exécution a été apprécié sur la base de la formule suivante : 20 x (délai du candidat / délai moins disant) et que le prix a été apprécié sur la base de la formule suivante : 50 x (prix moyen / prix du candidat).

4. Enfin, lorsqu'un candidat à l'attribution d'un contrat public demande la réparation du préjudice né de son éviction irrégulière de ce contrat et qu'il existe un lien direct de causalité entre la faute résultant de l'irrégularité et les préjudices invoqués par le requérant à cause de son éviction, il appartient au juge de vérifier si le candidat était ou non dépourvu de toute chance de remporter le contrat. En l'absence de toute chance, il n'a droit à aucune indemnité. Dans le cas contraire, il a droit en principe au remboursement des frais qu'il a engagés pour présenter son offre. Il convient en outre de rechercher si le candidat irrégulièrement évincé avait des chances sérieuses d'emporter le contrat conclu avec un autre candidat. Si tel est le cas, il a droit à être indemnisé de son manque à gagner, incluant nécessairement, puisqu'ils ont été intégrés dans ses charges, les frais de présentation de l'offre, lesquels n'ont donc pas à faire l'objet, sauf stipulation contraire du contrat, d'une indemnisation spécifique. En revanche, le candidat ne peut prétendre à une indemnisation de ce manque à gagner si la personne publique renonce à conclure le contrat pour un motif d'intérêt général.

5. En l'espèce, il y a lieu de constater que la méthode retenue par le pouvoir adjudicateur pour noter les critères du délai d'exécution et du prix a pour effet d'attribuer la note la plus faible aux candidats ayant présenté le délai et le prix les plus éloignés des moyennes des offres des candidats, alors même que le délai proposé est le plus court et que le prix proposé est le plus faible. En premier lieu, s'agissant du critère du délai, il résulte du rapport d'analyse des offres et du courriel du directeur des services techniques de la commune de Boueni du 22 juin 2021 que la commune n'a pas appliqué la méthode de notation décrite dans le rapport pour le calcul du délai, mais lui a substitué la formule suivante : 20 x (délai du candidat / délai moyen), le délai moyen étant évalué à 11,57 semaines. Par ailleurs, en usant de cette formule de calcul, les deux candidats ayant proposé des délais de réalisation de 18 et 20 semaines devaient obtenir mathématiquement, des notes supérieures aux notes possibles sur 20, compte tenu de la pondération de ce critère. De plus, alors qu'ils proposaient des délais d'exécution de 18 et 20 semaines, d'un écart supérieur à celui existant entre le délai de 6 semaines présenté par la société Casagec et le délai moyen de 11,57 semaines, ils ont eu une note supérieure à cette société. En second lieu, s'agissant du critère du prix, il résulte du courriel du directeur des services techniques de la commune de Boueni du 22 juin 2021 que la commune n'a pas appliqué la méthode de notation décrite dans le rapport d'analyse des offres pour le calcul du prix de la société Casagec et d'autres sociétés, mais lui a substitué la formule suivante : 20 x (prix du candidat / prix moyen). Par ailleurs, en usant de cette formule de calcul, les candidats ayant proposé des prix inférieurs à la moyenne devaient obtenir mathématiquement des notes supérieures aux notes possibles sur 50, compte tenu de la pondération de ce critère. De plus, alors qu'ils proposaient des prix supérieurs au prix moyen de 45 416,07 euros, ils ont eu une note supérieure à la société Casagec qui proposait un prix inférieur.

6. En retenant cette méthode de notation pour l'attribution du marché litigieux et en procédant à des calculs fondés sur des formules de calcul autres que celles affichées et différenciées selon les candidats, la commune de Boueni a porté atteinte au principe d'égalité de traitement entre les candidats et a manqué à ses obligations de mise en concurrence. Les manquements relevés, qui ont affecté substantiellement la notation des offres au regard des critères du délai et du prix, ont été susceptibles de modifier l'ensemble du classement des offres et de léser la société Casagec, qui, en l'état de son offre, aurait dû être classée en première position et a donc été privée d'une chance sérieuse d'emporter le marché litigieux.

7. La société requérante est donc en droit de soutenir que son offre a été irrégulièrement écartée, et que cette irrégularité constitue une faute de la commune de nature à engager sa responsabilité à son égard.

8. Si la société Casagec réclamait initialement la somme de 19 747 euros, soit un taux de 98 % par rapport à son offre de prix, elle a, à l'invitation du tribunal, précisé les modalités de son évaluation et corrigé le montant réclamé pour le porter à 8 688 euros, déduction faite des coûts de réalisation des travaux, d'établissement de l'offre et des cotisations fiscales. Ce montant, attesté par son expert-comptable comme correspondant à son manque à gagner, n'est pas contesté par la commune de Boueni. Il y a donc lieu de condamner la commune à lui verser une indemnité de 8 688 euros.

Sur les frais d'instance :

9. Dans la mesure où le conseil de la société requérante atteste que le montant de ses frais et honoraires s'élève à la somme de 3 000 euros hors taxes (HT), il y a lieu de mettre cette somme à la charge de la commune de Boueni à verser à la société Casagec au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La commune de Boueni versera une indemnité de 8 688 euros à la société Casagec.

Article 2 : La commune de Boueni versera la somme de 3 000 euros à la société Casagec au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Casagec Ingénierie et à la commune de Bouéni.

Copie en sera adressée au procureur de La République près le tribunal judiciaire de Mamoudzou et au président de la chambre régionale des comptes de Mayotte.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

Mme Legrand, première conseillère,

M. Caille, premier conseiller.

Rendu public par mise au disposition au greffe le 28 avril 2023.

La rapporteure,

I. LEGRAND

Le président,

Ch. BAUZERAND

La greffière,

A. MADHOINE

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions