mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2104309 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIMOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2021, la SAS Orsys, représentée par la SELARL Philippe Jean-Pimor, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Mamoudzou à lui verser la somme de 3 144 euros assortie des intérêts de retard représentant trois fois le taux légal à compter du 28 décembre 2018 et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) de condamner la commune de Mamoudzou à lui verser la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les prestations de formation qu'elle a assurées du 13 au 16 novembre 2018 à destination d'un agent de la commune de Mamoudzou et qu'elle a facturées à hauteur de 3 144 euros toutes taxes comprises sont demeurées impayées ;
- elle est donc fondée à demander la condamnation de la commune à lui verser cette somme assortie des intérêts représentant trois fois le taux d'intérêt légal à compter du 28 décembre 2018 ;
- elle est également fondée à demander la condamnation de la commune à lui verser la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
La requête de la SAS Orsys a été communiquée à la commune de Mamoudzou qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 12 septembre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 10 octobre 2022.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- l'arrêté du 16 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Banvillet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Mamoudzou a adressé le 24 septembre 2018 à la SAS Orsys une demande d'inscription de l'un de ses agents à la session de formation " commutateurs Cisco, réseaux multiniveaux " organisée du 13 au 16 novembre 2018. Par une facture n° C01825666 du 28 décembre 2018 d'un montant de 3 144 euros toutes taxes comprises, la SAS Orsys a demandé le paiement de cette prestation. En dépit des relances effectuées par courriels puis de la mise en demeure et de la réclamation préalable qu'elle lui a adressées, la commune de Mamoudzou ne s'est pas acquittée de cette facture. Par la présente requête, la SAS Orsys demande au tribunal la condamnation de la commune à lui verser la somme de 3 144 euros assortie des intérêts de retard représentant trois fois le taux légal à compter du 28 décembre 2018 et de la capitalisation de ces intérêts.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 13 juillet 2022 par le greffe du tribunal par l'application Télérecours, la commune de Mamoudzou n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai de trente jours qui lui été imparti et, en tout état de cause, avant la clôture de l'instruction fixée, par une ordonnance du 12 septembre 2022, au 10 octobre 2022. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction à la requérante.
Sur la demande de paiement de la facture n° C01825666 du 28 décembre 2018 :
4. Il résulte de l'instruction, et en particulier de la feuille d'émargement versée aux débats, que l'agent de la direction des systèmes d'information de la commune de Mamoudzou inscrit par la collectivité a bien participé à l'intégralité de la session de formation " commutateurs Cisco, réseaux multiniveaux " organisée du 13 au 16 novembre 2018 par la SAS Orsys. Il ne résulte pas des pièces versées aux débats que ces prestations n'auraient pas été conformes ni même que la commune de Mamoudzou aurait, sur le fondement de l'article 26.1 du cahier des clauses administrative générales applicables aux marchés de prestations intellectuelles, décidé d'ajourner, de procéder à la réception avec réfaction ou même de rejeter ces prestations. Dans ces conditions, la requérante est fondée à demander la condamnation de la commune de Mamoudzou à lui verser le montant de cette prestation fixé à la somme non contestée de 3 144 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
5. Aux termes de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée : " Les sommes dues en principal par un pouvoir adjudicateur () en exécution d'un contrat ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, ou la délégation d'un service public sont payées, en l'absence de délai prévu au contrat, dans un délai fixé par décret qui peut être différent selon les catégories de pouvoirs adjudicateurs. / Le délai de paiement prévu au contrat ne peut excéder le délai fixé par décret / () / Le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires à compter du jour suivant l'expiration du délai de paiement ou l'échéance prévue au contrat. / Ces intérêts moratoires sont versés au créancier par le pouvoir adjudicateur ". Aux termes de l'article 1er du décret du 29 mars 2013 susvisé dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le délai de paiement prévu au premier alinéa de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice. " Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " I. ' Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le contrat le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. / Toutefois : / 1° Le délai de paiement court à compter de la date d'exécution des prestations, lorsque la date de réception de la demande de paiement est incertaine ou antérieure à cette date ; () / II. -La date de réception de la demande de paiement ne peut faire l'objet d'un accord contractuel entre le pouvoir adjudicateur et son créancier. / La date de réception de la demande de paiement et la date d'exécution des prestations sont constatées par les services du pouvoir adjudicateur ou, le cas échéant, par le maître d'œuvre ou la personne habilitée à cet effet. A défaut, c'est la date de la demande de paiement augmentée de deux jours qui fait foi. En cas de litige, il appartient au créancier d'apporter la preuve de cette date. () ". Aux termes de l'article 8 de ce décret : " I. Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage ". Enfin, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
6. Il résulte des mentions figurant sur le bulletin d'inscription à la session de formation " commutateurs Cisco, réseaux multiniveaux " que la commune de Mamoudzou a entendu procéder au paiement de la prestation par virement bancaire à réception de la facture. En l'espèce, la SAS Orsys justifie avoir transmis la facture dont elle demande au tribunal le règlement au plus tôt par courriel du 11 avril 2019 à la personne désignée comme responsable de l'inscription. Ainsi, le délai de paiement de trente jours prévu par l'article 2 du décret du 29 mars 2013 a expiré le 12 mai 2019. En application des dispositions précitées de l'article 8 de ce décret, les intérêts moratoires ont commencé à courir à cette date. Leur taux doit être fixé au regard du taux de la BCE en vigueur au 1er juillet 2018, augmenté de huit points, au taux de 8 %. Il y a donc lieu d'appliquer à la somme due en principal à la société requérante ce taux d'intérêt de 8 %, à compter du 12 mai 2019 jusqu'à son règlement définitif.
7. Enfin, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
8. La SAS Orsys a demandé la capitalisation des intérêts dans sa requête introductive d'instance enregistrée le 8 novembre 2021. Cette demande prend effet à compter du 8 novembre 2022, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière et à chaque échéance annuelle pour les intérêts échus postérieurement à cette même date.
Sur l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement :
9. Aux termes de l'article 7 du décret du 29 mars 2013 susvisé : " Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement à l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement, le créancier a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée ". L'article 9 de ce décret précise : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros ".
10. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la SAS Orsys est fondée à demander le paiement de la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur les frais du litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mamoudzou une somme de 1 000 euros que la SAS Orsys demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Mamoudzou est condamnée à verser à la SAS Orsys la somme de 3 144 euros. Cette somme portera intérêt au taux de la principale ressource de financement de la Banque centrale européenne majoré de huit points à compter du 12 mai 2019. Les intérêts échus au 8 novembre 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La commune de Mamoudzou est condamnée à verser à la SAS Orsys la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Article 3 : La commune de Mamoudzou versera à la SAS Orsys une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Orsys et à la commune de Mamoudzou.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Cornevaux, président,
- M. Banvillet, premier conseiller,
- M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 25 octobre 2023
Le rapporteur,
M. BANVILLET
Le président,
G. CORNEVAUX
La greffière,
A. THORAL
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026