LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2104734

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2104734

mardi 12 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2104734
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantFAVAIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre, 31 décembre 2021 et 21 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Favain, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner la commune de Sada à lui verser la somme de 26 500 euros à titre de provision à faire valoir sur les honoraires dus, arrêtés au 2 octobre 2020 ;

2°) de condamner la commune de Sada à lui verser la somme de 400 euros au titre des indemnités forfaitaires ;

3°) de condamner la commune de Sada à lui verser la somme de 2 902, 97 euros au titre des intérêts moratoires, arrêtés au 31 décembre 2021 à parfaire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la juridiction administrative est compétente pour statuer sur le présent litige, la convention d'honoraires produite établissant l'existence d'un marché public ;

- la créance dont il se prévaut est non sérieusement contestable, dès lors qu'il a réalisé plusieurs prestations juridiques pour la commune de Sada et qu'une convention d'honoraires a été signée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 décembre 2021, 17 janvier et 4 février 2022, la commune de Sada, représentée par Me Tesoka, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des demandes tendant au recouvrement des honoraires d'avocat dont le règlement ne relève pas de l'exécution d'un marché de services juridiques conclu avec une collectivité publique ;

- à titre subsidiaire, les créances dont se prévaut le requérant sont contestées tant dans leur principe, leur réalité que leur montant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 ;

- le décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune de Sada à lui verser une provision sur les honoraires dus au titre de prestations juridiques réalisées par son cabinet d'avocat à la demande de la commune entre 2018 et 2020.

Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l'article 21 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques : " () II.-Le bâtonnier instruit toute réclamation formulée à l'encontre d'un avocat. () La décision du bâtonnier peut être déférée à la cour d'appel par l'une des parties. () " . Aux termes de l'article 53 de la même loi : " Dans le respect de l'indépendance de l'avocat, de l'autonomie des conseils de l'ordre et du caractère libéral de la profession, des décrets en Conseil d'Etat fixent les conditions d'application du présent titre. / Ils présentent notamment : () 6° La procédure de règlement des contestations concernant le paiement des frais et honoraires des avocats ; () ". Aux termes de l'article 174 du décret du 27 novembre 1991 organisant la profession d'avocat : " Les contestations concernant le montant et le recouvrement des honoraires des avocats ne peuvent être réglées qu'en recourant à la procédure prévue aux articles suivants. ". Aux termes de l'article 175 de ce décret : " Les réclamations sont soumises au bâtonnier par toutes parties par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé. () / L'avocat peut de même saisir le bâtonnier de toute difficulté. () ". Aux termes de l'article 176 dudit décret : " La décision du bâtonnier est susceptible de recours devant le premier président de la cour d'appel, qui est saisi par l'avocat ou la partie, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Le délai de recours est d'un mois. / Lorsque le bâtonnier n'a pas pris de décision dans les délais prévus à l'article 175, le premier président doit être saisi dans le mois qui suit. ".

3. Si les dispositions précitées des articles 174 à 176 du décret du 27 novembre 1991 pris en application de la loi du 31 décembre 1971 confient au bâtonnier, sous le contrôle du premier président de la cour d'appel, la compétence pour instruire tout litige portant sur les honoraires des avocats, les litiges relatifs au règlement financier d'un marché conclu entre un avocat et une collectivité publique portent sur l'exécution d'un marché public et ne peuvent, dès lors, relever que de la seule compétence du juge administratif.

4. Il résulte de l'instruction qu'une convention d'honoraires a été conclue le 18 octobre 2018 entre M. B et la commune de Sada, en vue d'assister cette dernière, tant au titre du conseil qu'au contentieux, en demande et en défense, dans les matières listées relevant de la compétence du cabinet de ce premier. Par suite, le contrat conclu avait pour objet la fourniture de prestations de services juridiques à la commune de Sada pour répondre à ses besoins propres, avec fixation de la contrepartie financière. Dans ces conditions, la convention d'honoraires en litige doit être regardée comme constitutive d'un marché public de services juridiques. Le présent litige ayant trait à l'exécution dudit marché, la demande de provision relève dès lors de la compétence du juge administratif. Par suite, l'exception d'incompétence soulevée par la commune de Sada doit être écartée.

Sur la demande de provision :

5. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ". Il résulte de ces dispositions que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence et le montant avec un degré suffisant de certitude.

6. Il résulte de l'instruction, et n'est au demeurant pas contesté par les parties, que la convention d'honoraires en litige a été signée en dehors de toute procédure de publicité et de mise en concurrence et est datée du jour même où M. B a proposé les services de son cabinet à la maire de Sada, après avoir été sollicité par son conduisant à s'interroger sur l'intention de favoriser le cabinet de M. B et, par suite, la régularité du marché public de services juridiques en litige. Dans ces conditions, les prestations dont M. B demande le règlement des honoraires ne peuvent être regardées comme fondées sur les besoins de la commune de recourir aux services d'un avocat, non sérieusement contestable de la commune de Sada. Sa demande ne peut, par suite, qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

7. La commune de Sada n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de M. B tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Sada.

Fait à Mamoudzou, le 12 décembre 2023.

Le président,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2104734

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions