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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2500136

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2500136

vendredi 7 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2500136
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantKALED

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) prise à l'encontre de M. B..., ressortissant comorien, dès lors que le préfet de Mayotte avait retiré l'arrêté litigieux le 6 février 2025. Le préfet s'est engagé à convoquer prochainement le requérant pour le dépôt de son dossier de renouvellement de titre de séjour et à lui remettre un récépissé. En conséquence, l'ordonnance prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et condamne l'État à verser 1 000 euros à M. B... au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2025, M. D... B..., ayant pour avocat Me Kaled, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de Mayotte l’a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- il parent d’enfants français dont il démontre s’occuper régulièrement ; il a été détenteur d’un titre de séjour régulièrement renouvelé dont le dernier a expiré en décembre dernier ; toutefois, en raison des mouvements sociaux des collectifs mahorais, il rencontre des problèmes pour faire renouveler son récépissé ou retirer le titre de séjour ; la mesure porte atteinte à l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme.

Par un mémoire produit le 7 février 2025 à 8 h 32 heure de Mayotte, le préfet conclut au non-lieu à statuer, l’arrêté en litige ayant été retiré. Le préfet précise que M. B... sera convoqué très prochainement pour le dépôt de son dossier et se verra remettre un récépissé à cette occasion.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martin, magistrat honoraire, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui a eu lieu le 6 février 2025 à 14h30 (heure de Mayotte).

Après avoir entendu, au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Martin, juge des référés ;
- les observations en shimaoré du requérant, assisté par M. C..., interprète, qui déclare être arrivé à Mayotte en 2007, avoir un enfant français scolarisé en moyenne section, avoir été titulaire d’un titre de séjour valide jusqu’au 2 avril 2024, avoir fait les démarches en temps utile pour son renouvellement, avoir bénéficié de deux récépissés successifs
jusqu’au 22 janvier 2025 ;
- les observations de Mme A... pour le préfet de Mayotte qui s’en remet.

La clôture de l’instruction a été reportée au vendredi 7 février à 10 heures en sorte que le requérant et la préfecture produisent tout élément utile.

Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant comorien né en 1983 demande, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte en date du 4 février 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai.

2. Toutefois, par un arrêté du 6 février 2025, le préfet de Mayotte a retiré l’arrêté litigieux. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction présentées par le requérant, étant entendu que le préfet s’est engagé à convoquer très prochainement M. B... pour le dépôt de son dossier et à lui remettre un récépissé à cette occasion.

Sur les autres conclusions :

3. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.








ORDONNE :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la procureure de la République.

Fait à Mamoudzou, le 7 février 2025.


Le juge des référés,




L. MARTIN



La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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