Le Tribunal Administratif de Mayotte a rejeté la requête de Mme A..., qui demandait le déblocage de sa situation suite à l'absence de versement de son salaire depuis février 2025 après une déclaration d'inaptitude. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle était dépourvue de moyens et de conclusions dirigées contre une décision, en violation des articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative. La requérante n'ayant pas régularisé sa demande dans le délai de recours, le tribunal a appliqué l'article R. 222-1 (4°) du même code pour rejeter l'affaire par ordonnance.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2025, et des pièces complémentaires, enregistrées les 19 et 26 mai 2025, Mme B... A..., demande au tribunal de « débloquer la situation » dans laquelle elle se trouve du fait de l’absence de versement de salaire depuis février 2025, alors qu’elle a été déclarée inapte au travail le 14 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. (…) Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ».
3. La requête présentée par Mme A... tendant à ce que le tribunal « débloque sa situation » depuis que ne lui est plus versé de salaires, suite à la déclaration de son inaptitude au travail, est dépourvue de moyens et de conclusions dirigées contre une décision. L’intéressée n’a pas régularisé sa demande avant l’expiration du délai de recours, qui a commencé à courir au plus tard après l’enregistrement de sa requête et qui expirait le 21 juillet 2025. Par conséquent, en l’absence de requête formée conformément aux prescriptions de l’article R. 411-1 du code de justice administrative, la demande de Mme A... doit être rejetée comme manifestement irrecevable, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie en sera adressée pour information au recteur de l’académie de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 10 novembre 2025.
La présidente de la 1ère chambre,
A. KHATER.
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.