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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2501670

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2501670

mercredi 20 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2501670
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de M. B, ressortissant comorien, qui contestait un arrêté préfectoral du 18 août 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Cette mesure d'éloignement a été retirée par le préfet de Mayotte le 19 août 2025, rendant sans objet les conclusions du requérant. En conséquence, l'Etat a été condamné à verser à M. B une somme de 600 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 août 2025, M. D B, représenté par Me Bélliard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l'arrêté n° 16989/2025 du 18 août 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction d'y revenir pendant une durée d'une année ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente du réexamen de sa situation ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il peut être éloigné à tout moment vers les Comores en exécution de la mesure d'éloignement litigieuse, à la suite de son assignation à résidence ;

Par un mémoire en défense enregistré le 19 août 2025, le préfet de Mayotte conclut au non-lieu à statuer ;

Il fait valoir que la mesure d'éloignement litigieux a été retirée par arrêté du 19 août 2025 au vu des éléments figurant dans la requête.

Vu :

- vu l'ordonnance du 3 avril 2024, n° 2400580 ;

- les pièces du dossier ;

- la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 20 août 2025 à 13 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme A étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Après avoir, au cours de l'audience publique :

- présenté son rapport,

- entendu les observations Me Dejoie, qui substitue Me Belliard, avocat du requérant, qui maintient les conclusions de la requête tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ainsi que les conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- et les observations de M. C, représentant du préfet de Mayotte.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté n° 16989/2025 du 18 août 2025, le préfet de Mayotte a fait obligation à M. D B, ressortissant comorien né le 25 octobre 1985, de quitter le territoire sans délai et a assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant d'une année. Dans le cadre de la présente instance, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-2 du code de justice administrative, M. B demande la suspension de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre et qu'il soit enjoint au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

2. Il résulte de l'instruction que la mesure d'éloignement litigieuse a été retirée par arrêté préfectorale du 19 août 2025. Par suite, il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à M. D B une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera, en outre, transmise au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 20 août 2025.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2501670

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