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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502091

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502091

lundi 6 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502091
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... contestant un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français sans délai. Le juge a estimé que le requérant ne justifiait ni de son identité, ni de la réalité et de l'ancrage de ses attaches familiales à Mayotte, ni de l'ancienneté de son séjour. En conséquence, il a considéré que l'atteinte alléguée au droit au respect de la vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) et à l'intérêt supérieur de l'enfant (article 3-1 de la CIDE) n'était pas manifestement illégale. La requête a été rejetée par ordonnance motivée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025, M. D..., s’étant dit A... B..., représenté par Me Belliard, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 20400/2025 du 28 septembre 2025 par lequel le préfet de Mayotte l’a obligé à quitter le territoire français sans délai et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée par l’éloignement imminent auquel il est exposé ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d’une interdiction de retour sur le territoire français, porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte également atteinte à l’intérêt supérieur de ses enfants, protégé par le paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la convention européenne des droits de l’homme ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

M. D..., ressortissant comorien né le 1er janvier 1980, à défaut d’avoir pu justifier de son entrée régulière à Mayotte, a été placé en rétention administrative le 28 septembre 2025, sous le nom A... B... sous lequel il a alors décliné son identité. M. C... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 20400/2025 du 28 septembre 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci (…) est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

M. C... produit, à l’appui de sa requête introduite sous un nom différent de celui déclaré lors de son placement en centre de rétention administrative, la copie intégrale d’un acte de naissance à ce nom, qui ne suffit pas, à elle-seule, à justifier de son identité. Or, s’il fait valoir qu’il vit à Mayotte avec une compatriote, titulaire d’un titre de séjour en cours de validité, et les trois enfants nés de leur union, il verse, à l’appui de cette allégation, les actes de naissance de deux filles nées de cette union en 2018 et 2021 et l’acte de naissance d’une fille née en 2020 d’une autre union de sa supposée compagne. Ainsi, le requérant ne justifie ni la réalité ni l’ancrage de ses attaches familiales sur le territoire français. L’intéressé, âgé de quarante-cinq ans, ne démontre pas davantage l’ancienneté et la continuité de son séjour à Mayotte, ni son insertion dans la société française. Dans ces conditions, M. C..., s’étant dit A... B..., n’est manifestement pas fondé à soutenir qu’en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d’une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qui s’attachent à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Par suite, alors même que M. C..., s’étant dit A... B..., fait valoir une situation d’urgence, résultant de son placement en rétention administrative en vue de son éloignement imminent, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.



ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. C..., s’étant dit A... B..., est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D..., s’étant dit A... B..., et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et des outre-mer, en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 6 octobre 2025.


Le juge des référés,




V. RAMIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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