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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502264

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502264

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502264
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantALI-MAGAMOOTOO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... C..., ressortissant comorien, qui demandait la suspension de l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de Mayotte. Le juge estime que le requérant n'établit pas être français ni justifier d'une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir ou à son droit au respect de la vie privée et familiale. La demande est rejetée comme manifestement infondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2025 à 17h22 (heure de Mayotte),
M. B... A... C..., représenté par Me A..., demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté par lequel le préfet de Mayotte l’a obligé à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de le remettre en liberté, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Jégard, pour statuer sur les demandes en référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

Par sa requête, M. B... A... C..., ressortissant comorien né en 1996 aux Comores, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français prononcée par le préfet de Mayotte dont il fait l’objet. L’intéressé allègue être français. La seule circonstance qu’il ait sollicité un certificat de nationalité, sur laquelle le directeur des services de greffe judiciaires du tribunal judiciaire de Mamoudzou n’a pas encore statué, ne suffit pas à établir que, par sa décision, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir de M. A... C..., lequel ne justifie, à ce jour, ni être français ni être en situation régulière. De plus, en l’absence d’élément relatif à l’intensité des liens qu’il aurait noués sur le territoire français, le requérant n’établit pas non plus que la décision litigieuse porterait une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, M. A... C... est manifestement infondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte grave et manifestement illégale à une des libertés fondamentales qu’il invoqué.

Il y a lieu, par suite, alors même que M. A... C... fait valoir qu’il se trouve dans une situation d’urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... C... est rejetée.




Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... C... et au préfet de Mayotte.


Copie en sera transmise à la ministre des outre-mer en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 15 octobre 2025.

Le juge des référés,




X. JÉGARD



La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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