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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502379

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502379

mardi 28 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502379
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantAHAMADA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant comorien, qui demandait la suspension d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas suffisamment établie et que l’atteinte alléguée au droit à la vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme) n’était ni grave ni manifestement illégale. Il a relevé que la cellule familiale pouvait être reconstituée aux Comores, pays d’origine de la mère de l’enfant, et que le requérant ne démontrait pas une résidence continue à Mayotte. La requête a été rejetée par ordonnance motivée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2025, M B... A..., représenté par Me Ahamada, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 23 octobre 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai ;

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte à lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est rempli dès lors qu’il peut être éloigné à tout moment ;
- l’arrêté porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale en violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegardes des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’arrêté attaqué porte atteinte à son droit d’aller et venir ;
- l’arrêté méconnait les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Monlaü, en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

M B... A... ressortissant comorien né le 7 mars 1988 à Ongoni-Marahani aux Comores, demande, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 23 octobre 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination des Comores et lui a interdit tout retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ».

Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

En l’espèce, M A... soutient qu’il réside à Mayotte avec sa famille depuis plusieurs années. Toutefois, bien qu’il justifie de sa présence sur le territoire par des avis de non-imposition de 2019 à 2024, ces éléments ne sont pas suffisants à démontrer de la continuité de sa résidence. En outre, M A... se prévaut de sa situation de père mais il résulte de l’instruction que la mère de l’enfant est née le 12 mai 1992 à Ngandzalé aux Comores, par suite, il n’existe aucun obstacle à ce qu’ils recomposent leur cellule familiale dans leur pays d’origine où le requérant ne soutient ni même n’allègue qu’il serait dépourvu d’attaches familiales ou personnelles.

Dans ces conditions, M A... n’est pas fondé à soutenir que la mesure d’éloignement contestée a porté une atteinte grave et manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie familiale, en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par suite, l’ensemble des conclusions de la requête peuvent être rejetées sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



ORDONNE :

.

Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M B... A... et au préfet de Mayotte.


Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au ministre de l’outre-mer en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 28 octobre 2025.



Le juge des référés,


X MONLAÜ


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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