Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... visant à suspendre une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La requérante invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) et l'urgence d'un éloignement imminent. Le juge a estimé que les nouveaux éléments produits (factures et carnets de santé) ne démontraient pas la réalité ou l'intensité des liens familiaux allégués. En conséquence, la demande de modification de l'ordonnance précédente a été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2025, Mme C... B..., représentée par Me Belliard, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n°22627 du 21 octobre 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai ;
2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte à réexaminer dans un délai de deux mois sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
3°) de mettre à charge de l’Etat la somme de 1.500 € au titre l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est rempli dès lors qu’elle peut être éloignée à tout moment ce qui porterait atteinte à ses libertés fondamentales ;
- l’arrêté attaqué porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale en violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegardes des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M A..., en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ».
Aux termes de l’article L. 521-4 du même code : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin ». Cependant, en vertu de l’article L. 522-3, le juge des référés peut, par une décision motivée, rejeter une requête sans instruction lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est irrecevable ou mal fondée.
Par l’ordonnance n° 2502347 du 23 octobre 2025, le juge des référés a rejeté une première requête de Mme B... née le 6 juin 2006 aux Comores, dirigée contre l’obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 21 octobre 2025. Pour demander la modification de cette ordonnance, l’intéressée s’efforce, par la présente requête n°2502395 déposée le 25 octobre 2025, de démontrer l’effectivité de ses liens familiaux à Mayotte. Toutefois il résulte, de l’instruction que les nouveaux éléments produits, des factures alimentaires et les carnets de santé de sa mère et sa sœur, ne sont pas de nature à établir la réalité ou l’intensité des liens familiaux qu’elle invoque
Dans ces conditions, les éléments nouveaux invoqués à travers la requête introduite le 25 octobre 2025 ne sont manifestement pas de nature à justifier une modification de l’ordonnance du 23 octobre 2025.
Par suite, l’ensemble des conclusions de la requête peuvent être rejetées sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1 : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au ministre de l’outre-mer en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.
Fait à Mamoudzou, le 28 octobre 2025.
Le juge des référés
A...
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.