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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502431

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502431

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502431
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMOREL JEAN JACQUES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante comorienne, qui demandait la suspension d'une obligation de quitter le territoire français sans délai. La requérante invoquait une atteinte grave à son droit à une vie privée et familiale normale, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, en raison de sa qualité de mère d'un enfant français. Le juge a estimé que les pièces produites ne permettaient pas d'établir la nationalité française de l'enfant ni de démontrer que la décision méconnaissait ce droit. Constatant l'absence d'urgence et le caractère manifestement infondé de la demande, il a rejeté l'ensemble des conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 28 et 29 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Morel, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte du 27 octobre 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

2°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie en raison du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire ;
- l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale.


Vu les autres pièces du dossier ;


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.



Le président du tribunal a désigné M. Duvanel, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., ressortissante comorienne née le 25 juillet 1985 aux Comores, demande, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Si Mme A... fait essentiellement valoir sa qualité de mère d’un enfant français, elle a d’abord produit à cet égard l’acte de naissance d’un homme né en 1972, qui ne permet donc pas de confirmer ses dires. Elle a ensuite produit l’acte de naissance d’un enfant né en 2023 à Mayotte, mais dont les pièces produites ne permettent pas de vérifier la nationalité française, la requérante s’étant contenté de transmettre au juge des référés, sans explication, de nombreuses pièces d’identité de diverses personnes. Au demeurant, les factures d’achat qu’elle verse aux débats, si elles démontrent qu’elle contribue dans une certaine mesure à l’entretien d’un enfant, ne lui permettent pas de soutenir que la décision en litige, qui n’a pas pour effet de séparer l’enfant de sa mère, méconnaitrait son droit à mener une vie privée et familiale, seul droit qu’elle invoque au soutien de son recours. Dans ces conditions, l’ensemble des conclusions de la requête peuvent être rejetées sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de Mayotte.



Copie en sera adressée aux ministres chargés de l’outre-mer et de l’intérieur en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 30 octobre 2025.

Le juge des référés,




F. DUVANEL


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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