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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502670

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502670

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502670
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... qui contestait un arrêté préfectoral du 17 novembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La requérante invoquait une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme), mais n'a pas produit d'éléments suffisants pour démontrer la réalité de son séjour continu à Mayotte depuis 2009. Le juge a estimé que la demande était manifestement infondée, faute de preuve d'une violation grave et manifestement illégale d'une liberté fondamentale, et l'a rejetée sans examiner la condition d'urgence, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2025, Mme B... A..., ayant pour avocat Me Kaled, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté préfectoral en date du 17 novembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
2°) d’enjoindre le préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la décision ne respecte pas les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; elle est entrée de manière régulière à Mayotte, y séjournant de manière stable depuis 2009 ; l’ensemble de sa famille est aussi en situation régulière.





Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Martin, magistrat honoraire, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L'article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
La requérante, ressortissante comorienne née en 1983, si elle soutient être arrivée à Mayotte en 2009, y vivre depuis sans discontinuer auprès de sa famille en situation régulière, ne produit pas d’éléments venant au soutien de ses allégations. Par suite, faute de démontrer la violation de la liberté fondamentale que constitue le droit à mener une vie privée et familiale normale, la requérante est manifestement infondée à soutenir que l’arrêté en cause porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté invoquée.
Il y a lieu, par suite, alors même que Mme A... fait valoir qu’elle se trouve dans une situation d’urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.



ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la ministre des Outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 18 novembre 2025.


Le juge des référés,




L. MARTIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





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