Le Tribunal administratif de Mayotte, saisi en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante comorienne, qui demandait la suspension de son placement en rétention et sa libération immédiate. Le juge a estimé que cette demande relevait de la compétence du juge judiciaire, et non de la juridiction administrative. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il soit besoin d’examiner l’urgence ou le bien-fondé des moyens.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2025, Mme A... B... demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision de placement en rétention la concernant ;
2°) et d’ordonner sa libération immédiate.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- elle est placée au centre de rétention depuis le dimanche 16 novembre 2025 ;
- les conditions de la rétention portent atteinte à son état de santé physique et psychologique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin, magistrat honoraire, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L'article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
La requérante, ressortissante comorienne née en 2005, soutient être arrivée à Mayotte en 2020 et y être scolarisée depuis 2022. Toutefois, sa demande tend à demander la suspension de la décision de placement en rétention la concernant, demande relevant de l’office du juge judiciaire. Par suite, la demande de Mme B... ne relève pas de compétence du juge des référés du tribunal administratif.
Il y a lieu, par suite, alors même que Mme B... fait valoir qu’elle se trouve dans une situation d’urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Mamoudzou, le 22 novembre 2025.
Le juge des référés,
L. MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.