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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2502864

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2502864

dimanche 7 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2502864
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante malgache, qui contestait une obligation de quitter le territoire français sans délai. La requérante invoquait une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) et à l'intérêt supérieur de ses enfants (article 3 de la CIDE). Le juge a estimé que les éléments fournis, notamment concernant la contribution du père français et la régularité de son séjour, ne démontraient pas une atteinte manifestement illégale aux libertés fondamentales. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans examen de l'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire complémentaires enregistrés les 4 et 5 décembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Belliard, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 26786/2025 du 2 décembre 2025 en tant que le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :

- l’urgence est caractérisée par l’éloignement imminent auquel elle est exposée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte également atteinte à l’intérêt supérieur de ses enfants, protégé par le paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la convention européenne des droits de l’homme ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente, par intérim, du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Mme A... B..., ressortissante malgache née le 1er mars 1990, à défaut de pouvoir justifier de la régularité de sa situation au regard du droit au séjour, a fait l’objet d’une mesure d’éloignement et a été placée en rétention administrative le 2 décembre 2025. Mme B... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 26786/2025 du 2 décembre 2025 en tant que le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci (…) est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

Mme B..., âgée de trente-cinq ans, soutient que depuis 2019 elle réside à Mayotte, où elle a noué des liens familiaux intenses. Tandis que sa fille aînée, née en 2010 à Madagascar, est scolarisée à Mayotte pour l’année 2025-2026, la requérante fait valoir qu’elle est mère de deux enfants de nationalité française, nés à Mayotte respectivement en aout 2019 et en mai 2021, issus de son union avec un ressortissant français dont elle est cependant séparée. Si Mme B... justifie de ce qu’elle contribue effectivement à l’entretien et à l’éducation de ces deux enfants, les factures versées au dossier ne suffisent pas à démontrer la contribution effective du père français, dont elle affirme pourtant qu’il réside et travaille à Mayotte. Si elle a présenté de demande de titre de séjour en décembre 2022, celle-ci a été rejetée et l’intéressée, qui a entamé une démarche le 8 novembre 2024, en vue d’obtenir un rendez-vous pour le dépôt d’une nouvelle demande de titre de séjour, ne dispose pas d’autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions et alors même qu’elle souligne ses efforts d’intégration professionnelle, Mme B... n’est manifestement pas fondée à soutenir qu’en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qui s’attachent à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Par suite, alors même que Mme B... fait valoir une situation d’urgence, résultant de son placement en rétention administrative en vue de son éloignement imminent, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur, en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 7 décembre 2025.


Le juge des référés,




V. RAMIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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