LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2503021

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2503021

samedi 20 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2503021
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de l'interdiction de retour d'un an prononcée par le préfet de Mayotte le 16 décembre 2025 à l'encontre de M. B..., ressortissant comorien. Le juge a estimé que cette mesure portait une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de son mariage avec une compatriote et de ses trois enfants majeurs de nationalité française nés à Mayotte. L'urgence a été caractérisée, et la suspension a été ordonnée malgré l'éloignement de M. B... vers les Comores.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrées les 17 et 18 décembre 2025, M. D... B..., représenté par Me Belliard, demande, dans ses dernières écritures, au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L.521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté pris à son encontre le 16 décembre 2025 par le préfet de Mayotte en tant que par son article 2, il a prononcé à son encontre une interdiction de retour d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, puis de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de l’ordonnance à intervenir ;

3°) d’enjoindre au préfet, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d’organiser son retour à Mayotte à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient, d’une part, que l’urgence est caractérisée, d’autre part, que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et à son droit à un recours effectif garanti par l’article 13 de la même convention.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2025, le préfet de Mayotte conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er décembre 2025, la présidente par intérim du tribunal a désigné Mme Lacau, première conseillère, pour statuer notamment sur les litiges visés par l’article L.521-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui a eu lieu le 19 décembre 2025 à 11 heures (heure de Mayotte), la magistrate constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal de La Réunion dans les conditions prévues aux articles L.781-1 et R.781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme C... étant greffière d’audience au tribunal administratif de Mayotte.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l’article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle, notamment, une personne morale de droit public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

2. Par un arrêté du 16 décembre 2025, le préfet de Mayotte a fait obligation à M. B..., ressortissant comorien, de quitter sans délai le territoire français et a assorti cette mesure d’une interdiction de retour d’une durée d’un an. Placé en rétention administrative par un arrêté du même jour, l’intéressé a été éloigné le lendemain à destination de l’Union des Comores. Sur le fondement des dispositions précitées de l’article L.521-2 du code de justice administrative, il demande au juge des référés, dans ses dernières écritures, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 16 décembre 2025 en tant que, par son article 2, il prononce une interdiction de retour.

3. Par un arrêté du 18 décembre 2025, postérieur à l’introduction de la requête, le préfet de La Réunion s’est borné à retirer « l’arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai ». Il ne résulte d’aucun élément de l’instruction que l’interdiction de retour aurait été retirée ou abrogée.


4. Né le 25 mars 1972, M. B... réside dans l’agglomération de Kawéni avec la compatriote qu’il a épousée en 1999. Si la carte de séjour pluriannuelle de son épouse a expiré le 20 décembre 2024, il ne ressort d’aucun élément de l’instruction et n’est d’ailleurs pas allégué par le préfet que ce titre n’aurait pas vocation à être renouvelé. Le couple a trois enfants majeurs de nationalité française, tous nés à Mamoudzou. Dans les circonstances particulières de l’affaire, l’urgence est caractérisée.

5. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…). 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Dans les circonstances exposées au point précédent, l’interdiction de retour, au demeurant privée de base légale, porte au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées une atteinte « grave et manifestement illégale » au sens des dispositions précitées de l’article L.521-2 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 que M. B... est fondé à demander la suspension de l’exécution de l’interdiction de retour prononcée à son encontre le 16 décembre 2025.

7. Aux termes de l’article L.761-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, « l’éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir à Mayotte : (…) 2° Si l'étranger a saisi le tribunal administratif d'une demande sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, avant que le juge des référés ait informé les parties de la tenue ou non d'une audience publique en application du deuxième alinéa de l'article L. 522-1 du même code, ni, si les parties ont été informées d'une telle audience, avant que le juge ait statué sur la demande. ». Il ressort des mentions du registre du local de rétention administrative que M. B... a quitté le centre de rétention le 17 décembre à 8 heures 15 (heure de Mayotte) pour être reconduit aux Comores. Sa requête a été enregistrée au greffe le même jour à 9 heures 24 (heure de Mayotte). Dans ces conditions, le préfet de Mayotte n’a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit au recours juridictionnel du requérant. Dans ces conditions, la suspension prononcée, qui permet à l’intéressé de solliciter la délivrance d’un document lui permettant de retourner sur le territoire français, n’implique pas nécessairement qu’il soit enjoint au préfet d’organiser ce retour. La présente ordonnance n’implique pas davantage la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour à M. B... et le réexamen de sa situation. Les conclusions à fin d’injonction ne peuvent, dès lors, être accueillies.

8. Il y a lieu, en l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1.200 euros à verser à M. B....

O R D O N N E :

Article 1er : L’exécution de l’interdiction de retour prononcée par l’article 2 de l’arrêté pris le 16 décembre 2025 par le préfet de Mayotte à l’encontre de M. B... est suspendue.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1.200 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B... est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise aux ministres de l’intérieur et des outre-mer et en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 20 décembre 2025.

La juge des référés,
M. A... Lacau


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions