Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi d'une demande de suspension d'un arrêté préfectoral du 21 décembre 2025 obligeant une ressortissante comorienne à quitter le territoire français. La requérante invoquait une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) et à l'intérêt supérieur de son enfant français. Toutefois, le préfet de Mayotte ayant retiré l'arrêté contesté le 23 décembre 2025, le juge a constaté que les conclusions de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2025, Mme A... C... B... demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de lui désigner un avocat ;
2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 21 décembre 2025 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction d’y retourner pendant un an ;
3°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) le cas échéant d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser son retour dans un délai de huit jours sous astreinte de 300 euros à compter de la notification de l’ordonnance.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que son éloignement peut intervenir à tout moment ;
-l’arrêté méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors qu’elle est parent d’un enfant français et les stipulations de l’article 3.1 de la convention internationale relatives aux droits de l’enfant.
- l’exécution de l’arrêté contesté s’il était prononcé méconnaitrait son droit au recours effectif garanti par l’article 13 de la convention européenne des droits de l’homme.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2025, le préfet de Mayotte conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que l’arrêté attaqué a été retiré.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente par intérim du tribunal a désigné M. Monlaü, en qualité de juge des référés.
Les parties régulièrement averties du jour de l’audience publique le 12 décembre 2025 à 15 heures (heure de Mayotte) ne se sont pas présentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 décembre 2025, le préfet de Mayotte a fait obligation à Mme B... née le 15 juillet 2000 aux Comores de quitter le territoire français sans délai assortie d’une interdiction d’y retourner pendant un an. Mme B... demande au juge des référés la suspension de l’exécution de cette décision.
Sur l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente (…) ».
3. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’admettre Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ».
5. Par un arrêté du 23 décembre 2025, intervenu postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de Mayotte a procédé au retrait de l’acte attaqué. Par suite, les conclusions de la requête à fins de suspension dirigées contre l’arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai, sont devenues sans objet et il n’y a pas lieu d’y statuer.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B... n’est pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l’arrêté du 21 décembre faisant obligation à Mme B... de quitter le territoire français sans délai et interdiction d’y retourner pendant un délai d’un an.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... B... et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la ministre des outre-mer en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.
Fait à Mamoudzou, le 23 décembre 2025
Le juge des référés,
X. Monlaü
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.