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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2600008

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2600008

dimanche 4 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2600008
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantKALED

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A..., ressortissant malgache, qui contestait une obligation de quitter le territoire français sans délai. Le juge estime que l’urgence est caractérisée par le placement en rétention, mais que l’atteinte aux libertés fondamentales (droit d’asile et interdiction des traitements inhumains) n’est pas grave et manifestement illégale. En effet, le requérant ne démontre pas la poursuite de sa demande d’asile au-delà de février 2023 ni de risques personnels en cas de retour à Madagascar. La requête est rejetée en toutes ses conclusions, y compris les frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 1er janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Kaled, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l’arrêté n° 17/2026 du 1er janvier 2026 en tant que le préfet de Mayotte l’a obligé à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée par le risque d’éloignement auquel il est exposé et par la gravité des conséquences de cette mesure ;
- la mesure d’éloignement, prise sans prendre en considération son statut de demandeur d’asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l’asile et à son droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants, protégé par l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme, au vu des risques qu’il encourt en cas de retour à Madagascar.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne des droits de l’homme ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente par intérim du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


M. B... A..., ressortissant malgache né le 5 avril 1999, à défaut de pouvoir justifier de la régularité de sa situation au regard du droit au séjour, a fait l’objet d’une mesure d’éloignement et a été placé en rétention administrative le 1er janvier 2026. M. A... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre les effets de l’arrêté n° 17/2026 du 1er janvier 2026, en tant que le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci (…) est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

Le droit constitutionnel d’asile, qui a le caractère d’une liberté fondamentale, implique que l’étranger qui sollicite la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu’à ce qu’il ait été statué sur sa demande et, le cas échéant, jusqu’à ce que le juge compétent se soit prononcé sur la légalité de ce refus. En l’espèce, M. A..., arrivé irrégulièrement à Mayotte en 2022, se prévaut de sa qualité de demandeur d’asile. Toutefois, s’il produit, à ce titre, une attestation de demande d’asile, enregistrée en procédure accélérée le 18 août 2022, valable jusqu’au 17 février 2023, le requérant ne verse au dossier aucun document faisant apparaître que l’instruction de la demande se serait poursuivie au-delà de cette date et ne fait valoir aucun élément circonstancié de nature à établir qu’il serait exposé, de manière caractérisée, à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour à Madagascar. Dans ces conditions, M. A... n’est manifestement pas fondé à soutenir qu’en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qu’il invoque.


Par suite, alors même que M. A... fait valoir une situation d’urgence, résultant de son placement en rétention administrative en vue de son éloignement imminent, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.



ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la ministre des outre-mer, en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 4 janvier 2026.


Le juge des référés,




V. RAMIN


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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